Louis Labat

Morts pour la France du Mesnil-Théribus :

LABAT Louis André : (26/03/1886-10/08/1917)

• Louis LABAT est né à seize heures à Bourges le 26 mars 1886. Il est le fils de Jean LABAT et de Marie FONTRAY.
• Louis LABAT vit à Bourges dans un milieu militaire, son père est préposé des lits militaires, et des deux témoins lors de la déclaration de sa naissance, Antonin Basset est préposé des vivres militaires et Pierre Coquet est préposé des fourrages militaires.
• En 1905, il est recruté à Versailles sous le matricule de recrutement n° 1103. Louis LABAT est célibataire et domicilié à Paris au 9 rue de Mazagran.
• En 1907, il passe le Conseil de Révision au canton du Le Quesnoy Est (1*), dépendant du bureau de recrutement d'Avesnes-sur-Helpe ; il est inscrit sous le numéro 29 de la liste du canton. Noté avec le degré d'instruction 4 (2*), il est classé dans la 1ère partie de la liste, c'est à dire bon pour le service .
• Le 8 octobre 1907, incorporé au 127e Régiment d'Infanterie (RI) en garnison à Valenciennes, Louis LABAT arrive au Corps comme soldat de 2e classe avec le matricule de régiment N° 8083.
• Il est soldat musicien le 1er octobre 1908.
• Louis LABT est envoyé en disponibilité le 25 septembre 1909 avant de passer dans la réserve le 1er octobre suivant.
• Le 13 octobre 1909, il est résident à Rueil au 12 avenue Ossart, subdivision de Versailles.
• Du 30 août au 24 septembre 1911 il fait sa période d'exercice du 127e Régiment d'Infanterie.
• Le 11 janvier 1912, il est toujours à Rueil au 12 avenue Ossart.
• En 1914, au moment de la mobilisation, Louis LABAT réside au Mesnil-Théribus, au 49 rue de la Croix Blanche, hameau des Landes, avec sa mère et une de ses deux tantes Renée LABAT. Il a 28 ans et est employé au Chemin de Fer du Nord. (3*)

• 1914... mois d'août …
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◦ Le 1er août, Louis LABAT est mobilisé dans le 36e Régiment d'Infanterie (RI) (4*). Basé à Caen, le 36e RI est constitué de Normands et de Parisiens.
........ Le 36e RI, commandé par le Colonel (Col) Bernard, appartient à la 10e Brigade d'Infanterie (Bde) ; cette Brigade est constitué du 36e RI de Caen et du 129e RI du Havre. Ces deux régiments vont s'épauler simultanément sur le même front. La 10e Bde est commandée par le Général (Gl) Lotier.
........ La 10e Bde appartient à la 5e Division d'Infanterie (Div) qui comprend également la 9e Bde de Rouen, elle même composée du 39e RI et du 74e RI, qui eux aussi vont se battre à côté du 36e RI et du 129e RI, sur le même front. Ces quatre régiments vont se relever alternativement et s'épauler dans les cas difficiles.
........ La 5e Div commandée par le Gl Élie Verrier, appartient au 3e Corps d'Armée (CA) dont le Quartier Général (QG) situé à Rouen est commandée par le Gl Henri Sauret.
........ Le 3e CA appartient à la Ve Armée, commandée par le Gl Charles Lanrezac.

◦ Le 3 août, Louis LABAT arrive au 36e RI à Caen. Le 36e RI est accompagné par la 3e Bde d'Artillerie, composée en particulier du 11e RI d'Artillerie de Campagne qui nettoie le terrain ennemie avant les attaques ou lance des tirs de barrage lors des contre-attaques ennemies. Le Régiment est aidé également par le 3e Btn du Génie (des sapeurs-mineurs de campagne).

◦ Le 4 août, le 36e RI se prépare au départ. Il est composé de trois Bataillons d'Infanterie (Btn) de 1100 hommes chacun, Louis LABAT fait partie soit du 1er Btn, soit du 3e Btn (4*):
......... le 1er Btn du Capitaine (Cap) Kahn, composé de quatre Compagnies d'infanterie (Cie):
.................. la 1ère Cie du capitaine (Cap) Wiart,
.................. la 2e Cie du Cap Trinité,
.................. la 3e Cie du Cap Schaffer,
.................. et la 4e Cie du Cap Chapelle.
......... le 2e Btn du cap Saunier composé de :
.................. la 5e Cie du Cap Navel,
.................. la 6e Cie du Cap Malfé,
.................. la 7e Cie du Cap Blondeau,
.................. et la 8e Cie du Cap Lambezat.
......... le 3e Btn du Cap Bouleis composé de :
.................. la 9e Cie du Cap Prieur,
.................. la 10e Cie du Cap Peuillard,
.................. la 11e Cie du Cap Le Corbeiller,
.................. et la 12e Cie du Cap Thomas.
......... le porte-drapeau est le Lieutenant (Lnt) Meunier. Chaque bataillon est affecté d'une compagnie de mitrailleuses. Chaque compagnie est composée de deux pelotons commandés chacun par un lieutenant. Une compagnie comprend 240 hommes. ( C'est souvent une ou deux compagnies qui sont envoyées pour monter à l'assaut d'une tranchée ou d'un fort ennemi ; la troisième restant en réserve prête à intervenir si nécessaire.)
................... chaque peloton est composé de deux sections, commandées chacune par un lieutenant, ou un sous-lieutenant, ou un adjudant. Ce sont les premiers sous-officiers à tomber sous le feu de l'ennemi.
........................ chaque section est composée de deux demi-sections de 30 hommes. Chacune d'elle est commandée par un sergent.
............................. enfin une escouade est composée de 15 hommes commandés par un caporal ou un brigadier. Une patrouille est constituée par une escouade.

◦ Le 5 août, Louis LABAT embarque en chemin de fer avec le 36e RI. Le 1er Btn Kahn part avec le train de 7h49, le 2e Btn Saunier avec celui de 12h09 et le 3e Btn Bouleis avec le dernier train de 15h29. Les sections de mitrailleuses et les États-Majors (EM) du 36e RI et de la 10e Bde sont répartis dans les trois trains. Chaque bataillon comporte 18 officiers, 1028 hommes et 27 chevaux. Il est suivi par une équipe médicale, quatre voitures à munitions, cinq voitures à vivres et bagages, un caisson, une forge et une voiture à viande.

◦ Le 6 août, Louis LABAT débarque à Poix-Terron. Le 36e RI est aux avant-postes sur la Meuse. Il a pour mission d'encadrer l'Artillerie du 3e CA. Alors que les Allemands sont signalés dans le secteur de Bastogne, le 36e RI reçoit l'ordre de se porter sur la Meuse vers les ponts de Nouvion pour couvrir le débarquement du 3e CA. Il place deux bataillons à Guyancourt, tenant le pont de Nouvion-sur-Meuse, et un autre à Étrépigny.

◦ Le 7 août, les troupes reçoivent les ordres patriotiques suivants :

......... l'ordre général N°3 de la 5e D:
__________________________« En transmettant aux troupes l'ordre du Général Commandant (Gl Cdt) le Corps d'Armée, le Général de Division tient à leur rappeler aussi une autre phrase de la proclamation du Chef de l'État.
__________________________Il y fait ressortir l'immense mérite que la France a eu, depuis 1870, en ne profitant pas de la force qu'elle avait reconquise pour reprendre au joug qui les oppresse, l'Alsace et la Lorraine. Aujourd'hui, il faut que nous sachions que nous nous battons, non seulement pour la défense du Sol Natal attaqué à nouveau et sans provocation de notre part, mais aussi pour la délivrance et le retour à la Mère Patrie de nos frères Alsacien-Lorrains.
__________________________Longtemps opprimés, chassés, volés, voici que beaucoup sont maintenant odieusement fusillés en dépit de tout droit et de toute justice.
_________________________________________________________Sus à l'ennemi impitoyable. Haut les Coeurs.
________________________________________________________Vivent la France et l'Alsace-Lorraine française.
________________________________________________________Le Gl Cdt la 5e Div. D'Inf. Signé : VERRIER »

......... l'ordre N°1 de la 10e Bde :
_________________________« Officiers, sous-officiers, soldats de la 10e Brigade
Les nobles paroles que nous adressent le Commandant de Corps d'Armée et le Général de Division, sont bien de nature à exalter notre patriotisme et nous montreront à nos chefs que nous méritons toute leur confiance. Mais il n'est pas un d'entre nous qui n'ait été outré de l'insolence allemande et qui n'ait quitté la garnison sans la ferme résolution de faire énergiquement tout son devoir. L'heure est arrivée de prouver que vous êtes des soldats dignes de ce nom, dignes des anciens qui ont illustré de leur sang l'historique de nos régiments.
_________________________L'ennemi est au ban des nations civilisées. Il a contre lui toute l'Europe, et nous avons reçu des témoignages certains de sa démoralisation après les échecs qu'il vient de subir en Belgique.
_________________________C'est à la 10e Brigade que reviendra peut-être le grand honneur d'ouvrir le feu et d'entamer le prussien. N'oublions pas que les premiers succès tirent une importance particulière de l'effet moral qu'ils produisent de part et d'autre.
________________________________________________________En avant les gars normands !
________________________________________Il y a place sur nos drapeaux pour de nouvelles et glorieuses inscriptions.
_____________________________________________________________Vive la France !
________________________________________________________Le Gl Cdt la 10e Bde d'Inf.
_________________________________________________________________Lotier

......... Ce même jour à 8h30, le 36e RI reçoit plus concrètement l'ordre de diriger deux Cies sur Balaies pour assurer la garde d'un groupe d'Artillerie envoyée là pour appuyer le Régiment. Il reçoit également les éclaireurs montés dans l'après-midi à Guyancourt.

◦ Le 36e RI reste jusqu'au 15 août dans le secteur est d'Éluvion. Malgré la forte chaleur qui rend pénible les mouvements des troupes, l'amalgame se fait entre les soldats de l'active et les réservistes, l'esprit de corps permettra au Régiment de fournir de longues étapes en Belgique sans laisser de trainards.

◦ Le 15 août, le 36e RI part avec la Ve Armée en direction de Namur, encadré par l'Artillerie de corps. Les Belges font un accueil enthousiaste pendant la traversée de Ultracourt.
◦ Du 18 au 21 août, après de fortes marches, et tout en encadrant l'Artillerie du 11e Régiment d'Artillerie du Corps (RAC), et en protégeant l'installation des cantonnements, le 36e RI parvient à Sommée et à Toarcienne. La canonnade encore lointaine laisse présager de prochains combats.

◦ Le 22 août, le 36e RI est en réserve de division. Pendant la nuit, les ponts de la Sambre sont perdus. À 3 heures, le 3e Btn occupe le hameau la Sarte au sud-ouest de Presles, pendant que les deux autres sont à la Figoterie, quelques kilomètres plus au sud. Le 1er Btn reçoit l'ordre de boucher le trou entre la 9e et la 10e Bde face au Châtelet. Avec le 3e Btn, il appuie une attaque d'une Brigade d'Afrique sur le Châtelet. Les deux Bataillons doivent tenir les hauteurs au sud-est du Châtelet, à hauteur de Presles. L'attaque ayant échouée, le Régiment se replie en arrière sous la protection de la 1ère Cie qui avait été laissée à la garde du Quartier Général (QG) de la 5e Div. Malgré l'encombrement des routes et le mélange des unités, Louis LABAT couche le soir à Hanzinelle où le 36e RI finit par échouer. Les pertes sont énormes, 250 hommes et officiers.

◦ Le 23 août, le 36e RI reçoit l'ordre d'organiser défensivement le village de Hanzinelle, créneler les maisons et s'y enfermer pour résister coûte que coûte. L'artillerie allemande bombarde le village toute la journée, sans résultats autres que douze tués et blessés. Le Régiment passe encore à Hanzinelle la nuit du 23 au 24 août. C'est alors que commencent les épreuves de la retraite. Les journées sont brûlantes, les nuits froides en ce mois d'août 1914. on mange peu ou pas, on se retire par des routes parcourues naguère dans la fièvre de l'espérance ; les fuyards, femmes, enfants belges encombrent les chemins ; les villages flambent et toujours la marche vers le sud. Il est loin l'enthousiasme des premiers jours, mais que d'abnégation ! Que de volonté ! Que de confiance pour garder malgré tout le désir de la lutte, la certitude de vaincre.

◦ Du 24 au 28 août, la retraite se poursuit vers le sud : Louis LABAT traverse Walcourt, Castillon, Momignies, Fourmies et Rocquigny,
◦ Le 29 août, le 36e RI reçoit l'ordre de se porter vers la ferme de Jonqueuse et d'y tenir un front de six km, afin de couvrir le déploiement de toute l'artillerie du Corps d'Armée.
......... Un escadron ½ de cavalerie est censé se joindre au Régiment à la ferme de Jonqueuse, dès 4 heures du matin. Arrivé à la ferme de Bertaignemont, aucune nouvelle de la Cavalerie ni aucun renseignement sur elle. Le Col Bernard trouve seulement un officier de l'État-Major (EM) de la 5e Div qui lui renouvelle l'assurance qu'il n'aura aucune difficulté pour occuper les positions indiquées et qu'il n'a devant lui que quelques éléments peu nombreux de cavalerie allemande. En conséquence, les trois bataillons du régiment avancent en confiance.
......... Après avoir dépassé la ferme de Bertaignemont, le bataillon qui se dirige sur la ferme de Jonqueuse refoule quelques cavaliers allemands puis il est accueilli par un feu violent d'artillerie qui ne lui fait pas grand mal ; le bataillon étant en formation diluée, il progresse et reçoit des feux de mousqueterie.
Il se déploie et finit par tomber sous un feu extrêmement violent de mitrailleuses et d'infanterie qui fauche la presque totalité des hommes en ligne. Ce n'était pas l'escadron ½ de cavalerie française qui occupait la ferme de Jonqueuse mais bien une nombreuse infanterie ennemie. Tout contact est perdu entre les trois bataillons. Ils parviennent malgré tout à se rassembler par morceaux autour du Drapeau et le soir même, ils participent à une nouvelle attaque pour appuyer l'action du 1er CA. Ils bivouaquent à Landifay.
.......... Le Régiment a perdu dans la journée 681 hommes de troupe et 12 officiers.

◦ Le 30 août, le 36e RI organise défensivement la crête sud de la ferme de Jonqueuse, et les petits bois au sud. Puis, un ordre ayant été donné de continuer le mouvement de repli, le Régiment s'installe en cantonnement bivouac à Montigny-sur-Crécy.
◦ Le 31 août, Louis LABAT continue la marche forcée en arrière, coupée de longs repos par Laon, Vorges.

• 1914... mois de septembre …
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◦ Le 1er septembre, Louis LABAT bivouaque à Baslieux-les-Fimes où il arrive le soir à 21h, à la fin d'une marche de 95 km exécutée en 60 heures.
◦ Le 3 septembre après le village de La Maquerelle, le repli amène le 36e RI à Port-à-Binson où il fait tête à l'ennemi. Le 36e RI peut compter sur 1300 hommes. Il ne reste plus qu'une section de mitrailleuses. Il a pour mission de défendre les hauteurs de la rive gauche de la Marne et empêcher l'ennemi de franchir la Marne à Port-à-Binson. Le 1er Btn est installé à Port-à-Binson avec la section de mitrailleuses. Le 2e et le 3e Btn garnissent les crêtes et s'abritent derrière les tranchées qu'ils creusent en toute hâte. L'ennemi fait une tentative pour passer la Marne. Les mitrailleuses et une Cie de première ligne lui infligent des pertes sérieuses qui l'obligent à renoncer. Dans l'après-midi, l'ennemi canonne les tranchées du Régiment. L'Artillerie française se défend et inflige à des colonnes ennemies qui s’avancent en paquet, de très gros dommages. Louis Franchet d'Espèrey prend le commandement de la Ve Armée, en remplacement du Gl Lanrezac. Ce dernier est limogé par Joffre qui lui reproche entre autres, sa mésentente avec le maréchal anglais French ainsi qu'une lenteur d'exécution sur l'ordre de contre-attaque à Guise, justifiée par le Gl Lanrezac par un temps de préparation nécessaire mais perçue par Joffre comme un temps d'hésitation. Les pertes du Régiment sont de 140 hommes.

◦ Le 4 septembre à 3h du matin, sans être inquiété par l'ennemi, le 36e RI quitte sa position, et faisant partie de l'arrière-garde, il poursuit son repli. Il se rassemble le soir après Le Vivier.
◦ Le 5 septembre, après une halte de 1h30 à Fromanetières, Louis LABAT couche à Fontaine-sous-Montaiguillon.

◦ Le 6 septembre, l'ordre général est : on ne recule plus ! Le Régiment qui n'a plus que 1300 hommes, reçoit un détachement de 800 hommes du 329e RI et du 129e RI. Une brigade spéciale composée du 36e RI et du 274e RI sous les ordres du Col Bernard est réunie à 7h au nord de Louan-Villegruis-Fontaine. Le 3e CA livre déjà des combats à Escardes et Courgivaux. La Brigade spéciale se rapproche des premières lignes et arrive vers la ferme de la Soucière à 4 km au nord de Louan-Villegruis-Fontaine où il reçoit l'ordre d'appuyer la 9e Bde. Le combat prend fin à l'avantage du 3e CA. Louis LABAT bivouaque entre Courgivaux et Escardes. Avant de partir, le Régiment procède à l'exécution d'un canonnier pris en flagrant délit de pillage.

◦ Le 7 septembre, le 36e RI reçoit l'ordre d'attaquer Courgivaux qui a été repris par l'ennemi pendant la nuit. Appuyé par de l'artillerie, il s'empare à la baïonnette du village. Il dépasse le village et vient occuper le bois de Mont Bléru (à trois kilomètres au nord de Courgivaux) qu'il quitte à 19h pour continuer le mouvement de poursuite vers le Nord. Il arrive vers 23h à Tréfols où il bivouaque. Les pertes pendant les combats sont de 160 hommes et un officier.

◦ Le 8 septembre, le 36e RI toujours à l'avant-garde, continue la poursuite vers le Nord. Montmirail est occupé par l'ennemi qui y est fortement retranché. L'Artillerie française semble prendre le dessus sur celle des Allemands, qui canonne malgré tout le Chène et le petit Bois, que le Régiment occupe après en avoir chassé l'ennemi. L'attaque de nuit sur Montmirail n'est pas poussée à fond, le 36e RI ayant reçu l'ordre de se replier en arrière, pendant que l'Artillerie cause de nouvelles pertes aux Allemands ; ces derniers, rompant le combat, évacuent le village de Montmirail dans la nuit. Le Régiment a perdu 112 hommes et un officier.

◦ Le 9 septembre, le 36e RI se porte en avant, et passant par Corrobert et Verdon, arrive vers 15h au bois du Breuil. Le Régiment, qui est à l'avant-garde et manque d'artillerie, aperçoit très nettement l'ennemi qui remonte les pentes et se retire en désordre du Breuil. L'Artillerie ennemie établit un barrage en avant du Breuil en canonnant avec intensité les abords du village et le bois du Breuil dans lequel se dissimule les hommes du 36e RI. Ils y passent la nuit, après avoir perdu dans la journée 150 hommes de troupe.
◦ Le 10 septembre, précédé par le 129e RI, le 36e RI se porte sur Passy-sur-Marne, par les bois de Condé et Sauvigny. Il bivouaque à la ferme Avize à six kilomètres au nord-est de Passy-sur-Marne.
◦ Le 11 septembre, le 36e RI est toujours en tête de l'avant-garde et parvient à Villers-Agron où il cantonne. Avec les 1500 réservistes qu'il reçoit, l'effectif du régiment remonte à 3000 hommes avec trois bataillons.
◦ Le 12 septembre, Louis LABAT arrive à Gueux où il cantonne avec son Régiment.

◦ Le 13 septembre, sous la canonnade ennemie, le 36e RI dépasse Saint-Thierry et marche sur Courcy. Un ordre le fait stopper à hauteur de la route Nationale Laon-Reims. Un nouvel ordre amène le Colonel à faire exécuter sous le feu de l'artillerie ennemie, un mouvement de flanc au 1er Btn, ce qui permet de tenir la rive opposée du canal, et de s'emparer à la baïonnette de la lisière sud du bois de Soulain pendant la nuit. Il y est rejoint par le 2e Btn, le 3e Btn gardant le pont du Champ de Courses, au nord de Reims.

◦ Le 14 septembre, le 2e Btn Navel reçoit l'ordre impératif de lancer une attaque sur le château de Brimont. Immédiatement après la fin de la préparation de l'Artillerie, et sans avoir pu être ravitaillé en vivre, le 2e Btn commence son mouvement et parvient jusqu'au château qu'il occupe entièrement pendant la nuit, curieusement sans trop de difficultés. Mais le 129e RI qui devait participer à l'attaque n'a pas pu déboucher de la Verrerie, et le 2e Btn est seul, pratiquement entouré par l'ennemi.

◦ Le 15 septembre, dès qu'il fait grand jour, les Allemands situés à la lisière du bois de Brimont qui domine le château, ouvrent un feu de mitrailleuses et de mousqueterie assez violent. Alors que l'on soigne les blessés, le Commandant Navel place ses 650 hommes pour organiser le terrain assigné:
......... la 7e Cie du Cap Meunier occupe le château.
......... la 5e du Cap Thil occupe la ferme du château,
......... la 8e Cie du Cap Poncet des Nouailles le parc du château, .
......... la 6e Cie qui n'a plus d'officiers et est tenu par le Commandant Navel, reste en réserve.
......... Les tireurs d'élite, placés sous la toiture du château, abattent un grand nombre d'allemands occupés à creuser des retranchements. Mais les hommes n'on pas mangé depuis deux jours. Heureusement il y a l'eau du puits et les moutons procurés par le fermier du château qui essaie de faire du pain. Pendant la deuxième nuit, un détachement sous les ordres du S/Lnt Meunier, réussit à rapporter du pain et quelques vivres.
........ Vers la fin de la nuit, arrive un Btn du 129e RI avec un médecin-auxiliaire qui s'occupe aussitôt des blessés.
....... Les Allemands deviennent de plus en plus agressifs. Son artillerie se déchaine sur le front. Bien que leurs attaques soient bloquées, on voit que le repli des Allemands vers le Nord semble bien terminé. La puissance de leur artillerie bloque les Français sur leurs positions ; des positions qui dessinent le front à venir.
◦ Pendant toute la journée du 16 septembre, au château de Brimont, la fusillade continue. L'artillerie allemande parvient à faire des brèches dans les murs. L'artillerie française jette le trouble sur les travailleurs ennemis à la lisière du bois de Brimont ; mais deux obus de 75, tirés trop courts, tombent sur la ferme, blessant trois hommes et tuant cinq vaches. Une reconnaissance envoyée pour observer ce qui se passe derrière un mouvement de terrain, parvient à y tuer une vingtaine d'Allemands qui s'y trouvent, mais repérée, elle presque anéantie par la riposte allemande.
.......... Par ailleurs, le 1er et le 3e Btn du 36e RI avec le 43e RI, repoussent une forte attaque à la baïonnette. Ils protègent les ponts du canal, les Cavaliers de Courcy et le Champ de Courses.
....................Vers midi le 36e RI est enfin relevé par le 84e RI au bois de Soulain. Sans prévenir les médecins et des brancardiers français qui se trouvent encore au poste de secours de la ferme de l'Alouette, le 84e RI évacue le bois de Soulain que les Allemands s'emparent aussitôt. On voit alors les brancardiers français faits prisonniers aider les brancardiers allemands à relever les nombreux blessés faits par les mitrailleuses françaises établies à la maison du garde barrière du chemin de fer de Reims à Tergnier.
....................À 16h, les Allemands lancent une attaque sur les Cavaliers de Courcy à l'ouest des Bois, qui est repoussée par les baïonnettes des Cies du 43e RI et du 36e RI qui s'y trouvent. La section de mitrailleuses a tiré plus de 4000 cartouches sur les Allemands qui s'infiltrent par le bois de Soulain sur le Champ d'Aviation. Une batterie du 15e Régiment d'Artillerie (RA) établie au Pont du Champ de Courses, ne cesse de canonner la partie ouest du bois de Soulain et contribue pour une large part à l'échec des Allemands.

◦ Pendant la matinée du 17 au château de Brimont, la fusillade augmente d'intensité, les Allemands se montrant en plus grand nombre. Un obus tombe dans le puits, il n'y a plus d'eau. Les mitrailleuses allemandes se déchainent sur les toits du château et de la ferme, ce qui occasionne de nombreux blessés. Mais leurs tentatives de pénétration sont arrêtées par le feu du 2e Btn. Du côté des Cavaliers de Courcy, les Allemands lancent quatre attaques successives depuis l'aube jusque 16h, qui sont repoussées à chaque fois. Pendant ce temps, les Allemands commencent le bombardement de la cathédrale de Reims.

◦ Le 18 septembre dès la pointe se du jour, le 36e RI reçoit l'ordre de se porter sur la Neuvillette, une attaque de nuit des Allemands ayant réussie dans Courcy. Arrivé là, l'ordre est de se reporter à nouveau sur les Cavaliers de Courcy à la garde des ponts, pendant que le 129e RI et un Bataillon du 39e RI se rassemblent pour aller contre-attaquer sur Courcy. Le 36e RI tient alors les deux rives du Canal et les ponts.
.......... Nouveau contre-ordre, le 36e RI doit revenir sur la Neuvillette et gagner Merfy pour y cantonner et se reposer car le régiment est décimé ; il est réduit à 18 officiers et 1320 hommes, mais l'ennemi n'a pas gagné un pouce de terrain. Depuis le 16 septembre au soir, le Colonel commandant le 36e RI ne reçoit plus de nouvelles du 2e Btn qui occupe le château de Brimont. Le dernier compte rendu du chef de Bataillon sans date, porte 5h45, et a été reçu par le chef de Corps, le 16 dans la soirée. Compte tenu des effectifs allemands qui sont dans le château de Brimont et de leur défense acharnée sur ce point, le Colonel renonce à envoyer des troupes à leur secours ; il considère que le 2e Btn est perdu et a été fait prisonnier (4*).

◦ Les pertes globales du 13 au 18 septembre sont de 1564 hommes de troupe et 22 officiers dont 948 hommes et 12 officiers disparus au Château de Brimont.

◦ Du 19 au 24 septembre, Louis LABAT cantonne à Merfy avec le 36e RI malgré les bombardements ennemis sur tout le secteur.
◦ Le 25 septembre, le 3e Btn relève le 39e RI et occupe les tranchées entre Saint-Thierry et Thil pour deux Cies, les deux autres étant en réserve de ce secteur. Il reçoit un renfort de 492 hommes. Les hommes sont bien abrités contre les bombardements, et il y a peu de blessés.
◦ Le 26 septembre, la 11e Cie est chargée d'aller déblayer la route Nationale où des Allemands ont établis des tranchées. En arrivant de nuit, la 11e Cie est obligée de se replier devant la violence des feux ennemis.
◦ Le 27 septembre, deux autres Cies reçoivent l'ordre dans l'après-midi de tenter le même mouvement de la 11e Cie, la veille. Elles sont conduites par le Capitaine Wiart du 1er Btn. Arrivés à deux cents mètres de la route sur une ligne de meules de paille, celles-ci ayant été enflammées par un régiment voisin, elles sont obligées de se retirer la nuit arrivée.

◦ Le 28 septembre, les batteries d'artillerie installées à la Neuvillette préparent une nouvelle attaque sur la route Nationale. Elles prennent les tranchées ennemis d'enfilade et canonnent la ferme qui se trouve à l'angle de cette route et de celle qui mène à Saint-Thierry. Une patrouille est envoyée après la canonnade pour en constater les effets. La ferme est vide, les tranchées aussi. La patrouille trouve sur place des quantités de fusils et de munitions abandonnés et quelques cadavres que les Allemands n'ont pu emporter contre leur habitude. Une Cie occupe aussitôt les tranchées de la route Nationale et les retourne contre l'ennemi. Le 36e RI est relevé et rentre sur Merfy, où l'attend un renfort de 446 hommes et deux officiers de réserve venus du dépôt de Caen.
◦ Les 29 et 30 septembre, les hommes se reposent à Merfy.
◦ Pendant ces derniers jours, les adversaires commencent à se terrer et à creuser des tranchées, alors que les attaques et contre-attaques (dont la plupart à la baïonnette) se sont succédées sur Courcy, Saint-Thierry, la Neuvillette, les Cavaliers de Courcy et Souains. Les opérations auxquelles participent le 36e RI, permettent aux Français de tenir la route Nationale Laon-Reims.

• 1914... mois d'octobre …
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◦ Le 1er octobre, Louis LABAT participe à l'organisation de la vie de tranchées qui commence à être creusées sur tout le front ; il faut maintenant manier la pioche et la pelle pour tenir. Le 36e RI établit des tranchées dans la plaine de Courcy, devant Saint-Thierry d'abord, puis aux Cavaliers. L'ennemi fait de même et, peu à peu, la plaine devant la Neuvillette est sillonnée de tranchées et de boyaux. Le jour on se terre, ou bien on harcèle l'ennemi à coups de fusils, ou avec le crapouillot de 1830 dont on parle avec respect, car il est unique et terriblement efficace. La nuit on travaille, on pose des fils de fer, des patrouilles s'en vont reconnaître la tranchée adverse et, pour cette mission, les volontaires ne manquent pas, car la haine est vivace. Il suffit de regarder en arrière pour voir la cathédrale de Reims, bombardée, démantelée par les vandales.
◦ Le 36e, 39e et 129e RI vont se relever successivement tous les quatre jours dans les tranchées de Saint-Thierry, sous les bombardements quotidiens de l'ennemi.
◦ Du 2 octobre jusqu'au 31 octobre, les Cies occupent successivement les tranchées des Cavaliers de Courcy, Saint-Thierry, le chemin de la Verrerie à Courcy.
▪ les tranchées en avant de la route Nationale sont approfondis
▪ Le 16 octobre, après un nouveau renfort de 252 hommes de troupe et de 3 officiers d'active, le 36e RI est à l'effectif de 2400 hommes et 50 officiers. Les bataillons relevés vont cantonner à Courcelles. Alors que les bombardements et les fusillades sont quotidiens, les pertes sont néanmoins limitées à 4 tués et 7 blessés. La Verrerie est particulièrement la cible des canons de 77 et de 88 allemands.

• 1914... mois de novembre …
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◦ Pendant tout le mois de novembre, Louis LABAT est dans le secteur de La Neuvillette. Les bataillons du 36e RI se relèvent alternativement ; pendant que l'un occupe les tranchées de la Verrerie de la Neuvillette, un autre cantonne à Courcelles. Les bombardement sont réciproques. Les Allemands avec des obus de 150 mm, de 105 mm, de 88 mm, de 77 mm, des schrapnels, des minenwerfers. Les Français avec des obus de 120 mm dont les batteries sont placées à Saint-Thierry et aux Trois Fontaines, des obus de 75 mm, des mortiers Cellerier, des mortiers crapouillot (5*), des canons de 37 mm montés sur véhicules, des obus de 15 mm de mortiers lisses. Les patrouilles du 36e RI vont en observation près des tranchées ennemies, et ramène parfois des prisonniers : trois prisonniers le 1er novembre et un autre le 2 novembre.

◦ Le 15 novembre, malheureusement pendant la nuit, l'adjudant Houette parti en reconnaissance est blessé par un feu de salve et reste aux mains de l'ennemi.
◦ Le 16 novembre, deux obus de 105 éclatent à proximité du poste de commandement du Colonel, causant un tué et huit blessés.
◦ Le 18 novembre durant toute la matinée, des avions survolent les tranchées du Régiment. Les pertes du mois de novembre restent légères malgré tout.

• 1914... mois de décembre …
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◦ Du 1er au 9 décembre, Louis LABAT est toujours dans le secteur des tranchées de la Verrerie, sous le feu de l'artillerie allemande. En général les bombardements allemands cessent dès que les canons de 120 de Saint-Thierry ripostent.
◦ Le 5 décembre à 7h, deux patrouilles sont envoyées sur les Cavaliers de Courcy, et s'avancent jusqu'à 20 mètres de la tranchée ennemie sans être détectées après avoir coupé les fils de fer sur leur passage. Un homme, le soldat Le Poitevin de la 10e Cie s'offre pour aller reconnaître si la tranchée est occupée. Il est tué en coupant les fils de fer tout contre la tranchée. Les Allemands sortent très peu de leurs tranchées. Des journaux qui leur avaient été envoyés sont retrouvés tout près de leurs tranchées. Les paquets sont intacts. Dans l'après-midi, 30 bombes sont envoyées sur les tranchées allemandes, ils répondent par des schrapnels et des grenades à fusils.
◦ Le 7 décembre, les mortiers lisses de 15mm du 36e RI envoient trente bombes sur les tranchées ennemies au sud de la Coupure. Ce tir est appuyé par le canon de 120 de Saint-Thierry qui se règle d'après l'éclatement des bombes, très bon tir. Pendant la nuit des patrouilles sont envoyées dans les deux secteurs :
......... à droite : une patrouille parvient jusqu'à la sape de la Coupure nord de des tranchées françaises. Elle rencontre un poste allemand tout contre. Coups de sifflet des Allemands, fusées éclairantes, une quarantaine de coups de feu tirés par l'ennemi causent deux blessés qui sont ramenés dans les lignes. Le chef de patrouille constate qu'il n'y a pas de fil de fer en avant de la sape sur le Cavalier de Courcy ( sur l'arête ouest). Il reconnaît les tranchées d'où sont partis les coups de fusil.
.......... à gauche : la patrouille envoyée dans la plaine, constate la présence de trous de tirailleurs profonds servant aux postes d'écoutes inoccupés cette nuit. Elle rencontre des fils de fer en avant des tranchées dont la profondeur n'a pas pu être déterminée.
.......... le travail des patrouilles est rendu difficile par le mauvais temps et les hommes sont souvent obligés de ramper dans la flaques d'eau.

◦ Le 9 décembre, la journée est calme à part quelques obus de 88 sur la Verrerie. dans la soirée le 36e RI attend le 274e RI pour la relève. Vers minuit le mouvement de relève commence ; il se poursuit pendant une partie de la nuit sans incident. Le 36e RI reçoit l'ordre d'aller remplacer dans le secteur de Craonne, les troupes de la 3e Bde du 1er CA dans la nuit du 11 au 12 décembre. Louis LABAT et ses camarades vont immédiatement cantonner dans la banlieue ouest de Reims pour la nuit du 9 au 10 décembre.

◦ Le 11 décembre à 15h, Louis LABAT quitte le cantonnement de Prouilly se met en marche avec le 36e RI pour aller relever le 73e RI dans le bois de Beau Marais, au sud de Craonne.
◦ Du 12 au 31 décembre, les trois bataillons du 36e RI vont successivement occuper les tranchées des sous-secteurs N°1 et N°2, sous les bombardements quotidiens. C'est le temps héroïque des ''cuistots'' porteurs de la soupe, du courrier, des ''tuyaux''. Les abris se creusent, la vie à proximité de l'ennemi s'organise, . Mais tout de suite, il faut lutter âprement contre un nouvel ennemi : l'envahissement de l'eau. La grande obsession est la hauteur de l'eau inondant les gourbis. Il en est de même chez les Allemands car le secteur est calme en général. Ce qui n’empêche pas chaque nuit des patrouilles partir en rampant dans le noir, dans l'eau, à la chasse du Boche. Louis LABAT participe aux travaux de perfectionnement des tranchées et abris qui se poursuivent sans interruption. De même la destruction des réseaux de fil de fer devant les ouvrages de l'ennemi s'effectue chaque qu'il est possible.

◦ En cours de mois, le Cap Trinité de la 2e Cie blessé au Châtelet le 22 août et le Capitaine Koch blessé le 29 août à Landifay et du S/Lnt Leleu évacué, sont de retour sur le front.
◦ Le 29 décembre, de 10h à 15h, l'ennemi bombarde les tranchées avec des obus de tous calibres. À midi, le Colonel donne l'ordre au 9e Régiment d'Artillerie d'ouvrir le feu ; ordinairement quelques obus suffixent pour faire taire l'ennemi. Mais aujourd'hui ce n'est pas le cas : deux tués, trois blessés au sous-secteur N°1 et cinq blessés au sous-secteur N°2. Dans la nuit,une salve de six coups sur le mont Hermel, mais pas de blessés.
◦ Le 31 décembre, une attaque allemande est aisément repoussée. D'après un renseignement, les Anglais du 7e Étranger seraient sortis de leurs tranchées en chantant leur hymne national ; les Allemands ont ouvert le feu et répondu par l'hymne allemand. Rien d'important.

• 1915... mois de janvier …
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◦ Les obus tombent tous les jours. Les patrouilles sortent la nuit.
◦ Dans la nuit du 1er au 2 janvier, vers minuit et demi, une patrouille commandée par l'adjudant Bonneau est envoyée par le Cap Trinité de la 2e Cie pour tenter de faire des prisonniers. Menée avec une grande prudence, elle parvient jusqu'à environ 60 mètres des trous de tirailleurs allemands. À ce moment, plusieurs coups de feu sont tirés par l'ennemi, touchant grièvement l'adjudant Bourreau. Le temps est alors très clair et la patrouille est obligée de se replier, l'ennemi ayant envoyé deux patrouilles dans le but évident de cerner la patrouille française. L'adjudant Bourreau invite à ce moment ses hommes à l'abandonner pour qu'ils ne puissent pas être faits prisonniers. Il simule le mort, et après le départ de l'ennemi, il parvient néanmoins à se trainer pendant une centaine de mètres où un soldat le ramène alors dans les lignes françaises. Bien qu'elle n'ait pu accomplir entièrement sa mission, cette patrouille rapporte des renseignements très intéressants sur les positions ennemis.

◦ Le 17 janvier, le bombardement est très vif sur les cuisines du sous-secteur de droite. Trois hommes sont tués et quatre blessés, faisant partie d'une corvée en route, surprise par hasard. Par ailleurs, la Musique du Régiment est reconstituée sous la direction du sous-chef de musique David ; elle sera cantonnée à Ventelay où les répétitions ont lieu.

◦ L'Artillerie du Régiment vise Craonne dès que des bruits de voitures y sont repérés. Le 22 janvier, deux obus sont tirés sur Craonne d'après une indication donnée par la première ligne, en causant un effet sérieux : car les observateurs du mont Hermel entendent de nombreux cris de terreur poussés par les Allemands. Dans la soirée, les Allemands envoient quarante obus sur la ferme du Temple où le Colonel a fait allumer un feu discret pour attirer leurs tirs. La ferme du Temple est particulièrement la cible des canons ennemis.
◦ Le 28 janvier le soldat Lagardère continue à allumer des bougies pendant la nuit et à allumer des feux le jour pour attirer la canonnade ennemie. Dans l'après-midi, quarante obus tombent sur la ferme du Temple ou à proximité. Pour plus de vraisemblance, il a éteint ses feux pour faire croire à l'ennemi que le but est atteint.

• 1915... mois de février ...
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◦ L'artillerie allemande bombarde tous azimuts : la ferme du Temple, le Mont Hermel, Chaudardes, et tous les jours les tranchées du secteur occupé par le 36e RI.
◦ L'artillerie française pilonne Craonne avec ses canons de 37 mm et vise le 9 février, un observatoire allemand posté dans l'église. Deux obus font fuir les occupants. Pour détruire l'observatoire on attendra qu'il soit à nouveau occupé.

◦ Le 15 février de 9h à 9h 35, l'ennemi envoie une vingtaine d'obus à l'ouest de la réserve du sous-secteur N°1, n'occasionnant aucun dégât. Un homme est légèrement blessé par une balle après ricochet. Puis quatre obus sur la ferme du Temple. Vers la fin de l'après-midi, l'observateur de la cote 120 signale une trentaine d'Allemands qui sortent par infiltration du bois de Chevreux à la voie ferrée ( partie en déblai à l'ouest du bois). La Batterie envoie une dizaine d'obus sur la voie ferrée et à l'est de celle-ci, bon tir. Des patrouilles envoyées vers 20h ne rencontrent rien de suspect. De 21h à 23h, quelques obus tombent sur la ferme du Temple et sur la lisière nord-est du bois de Beau Marais.

◦ Les patrouilles rencontrent peu d'Allemands. Le 19 février malheureusement, pendant la nuit un patrouilleur est tué accidentellement par un de ses camarades. Le lendemain à 20h30, des travailleurs allemands signalés en train de réfectionner une tranchée à l'ouest de Craonne, sont dispersés par l'Artillerie du 18e Corps prévenue. Jusqu'à la fin du mois, la ferme du Temple est bombardée violemment par l'ennemi.
◦ Le 26 février dans la matinée, un petit poste de la 6e Cie fait un prisonnier du 16e Landwehr allemand. Le lendemain, le soldat Lagardère construit une sorte d'observatoire au nord de la ferme du Temple pour attiré l'attention de l'ennemi. Cet artifice est aussitôt détruit par quinze obus de 77 tirés de 10h30 à 11h15.
◦ Le 28 février, deux médailles françaises (dont la médaille de 1870) sont trouvées sur un cadavre allemand du 177e d'Infanterie. À 18h, c'est la relève:Louis LABAT retourne au front, secteurs N°1 et N°2 ; le premier occupé par le 1er Btn et le second par le 3e Btn, pendant que le 2e Btn va cantonner à Chaudardes.

• 1915... mois de mars ...
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◦ Louis LABAT passe le mois de mars sous les bombardements quotidiens de part et d'autres.
◦ Le 3 mars, la canonnade est peu vive. Dans le sous-secteur N°2, le sergent Lhermite de la 10e Cie, occupé à faire un croquis perspectif des positions ennemis, est blessé peu grièvement par un éclat d'obus. Pendant la nuit, un homme est blessé accidentellement en maniant des vieux fusils.
◦ Le 7 mars de 10h à 11h, 27 obus tombent sur le bois de Beau Marais à l'est de la cote 120, sans dégât. Entre 12h et 13h, la 3e Batterie du 43e RI démolit un abri de mitrailleuses à la lisère du bois de Chevreux.
◦ Le 11 mars, les tranchées de première ligne du sous-secteur N°2 sont bombardées par des obus de 150 vers 17h. Un abri de la 9e Cie est détruit, causant trois morts dont deux par asphyxie et un blessé légèrement. Le lendemain, le rapport d'une reconnaissance envoyée pendant nuit, dément les propos de deux déserteurs allemands disant que Craonne est inoccupé par l'ennemi.

◦ Le 13 mars de 16h à 17h, 64 obus de petit et gros calibre tombent sur la ferme du Temple, la tranchée de 520 m et la lisière est du bois de Beau Marais, ne causant aucun blessé. Dans l'après-midi, l'éclatement prématuré d'une grenade Marten Hale blesse les S/Lnt L'Hostis et Guérin. Le S/Lnt L'Hostis grièvement atteint, est évacué immédiatement en automobile par l’ambulance de la Division. Il a conservé courageusement tout son calme, demandant à ce que qu'on dissimule à ses hommes la gravité de ses blessures pour ne pas affecter leur moral.
◦ Le 18 mars, bombardement de la lisière nord du bois de Beau Marais par la batterie ennemie située au sud-est de Corbeny. Elle prend presque en enfilade les abris surélevés. Le premier obus qui tombe sur le coin droit de l'abri fait deux tués et quatre blessés. En riposte un obus français tombe sur Craonne près de la cabane du jardinier provoquant les cris de douleur des Allemands nettement entendus par les postes avancés.

◦ Le 19 mars, un cas de rougeole est signalé dans la population civile de Chaudardes ; le peloton qui occupe la ferme où le cas a été constaté, est mis en quarantaine.

◦ Le 28 mars à Chaudardes, six obus tombent sur le village. Le troisième obus atteint la maison où sont en train de manger les sous-officiers de la 6e Cie et blesse mortellement le sergent Molle et légèrement deux autres sous-officiers, les derniers à descendre dans la cave. Molle est mort quelques instants après.
◦ Le 29 mars à 13h, huit obus de 150 venant du sud-est de Corbeny tombent sur la tranchée du centre du sous-secteur N°2, sans causer ni dégât ni perte. À 14h15, huit obus de 77 ou 88 venant du plateau de Californie tombent sur la cote 120. L'ennemi continue à répondre aux exercices de tirs individuels exécutés dans les tranchées. Le Colonel Bernard commandant le 36e RI prend le commandement de la 103e Bde. Il quitte le Régiment dans l'après-midi après avoir passé le commandement par intérim au chef de Bataillon Koch. La nuit est calme.

◦ Le 31 mars, il apparaît que l'ennemi organise plus fortement la partie occidentale de la corne sud-est du bois de Chevreux. Une section du Génie mise à la disposition du 36e RI, est chargée de la construction de trois dépôts de vivres afin de continuer l'encerclement du bois dès que le 9e Corps d'Armée sera en possession du treillage métallique nécessaire. La nuit est calme. Une reconnaissance constate la présence de l'ennemi sur les pentes sud-ouest de Craonne et en avant de la barricade

• 1915... mois d'avril ...
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◦ Louis LABAT et ses camarades doivent supporter les bombardements et fusillades quotidiens du mois d'avril. Le 36e RI tirent près de mille cartouches tous les jours. Le Lieutenant-Colonel Bejot remplace le Commandant Koch à la tête du 36e RI. Craonne est particulièrement la cible des canons français. Les Allemands eux, canonnent Chaudardes, le ferme du Temple et le bois de Beau Marais, depuis Corbeny, du Bois de Chevreux ou du plateau de Californie. Les Bataillons cantonnent à Chaudardes et à Concevreux.

◦ Le 5 avril dans la nuit à 2h, une section va tenter un coup de main sur le bois en Bonnet Persan avec un détachement du Génie. Après une préparation efficace d'artillerie, la section d'attaque se porte sur le bois en quatre colonnes précédées par un homme armé d'une cisaille. La colonne de gauche commandée par l'adjudant Bapst se porte au nord en tournant le bois avec le sergent du Génie chargé de faire sauter la sape pour couper la retraite et le cas échéant boucher l'entrée du bois aux réserves ennemies,.
.......... Le sergent du Génie rencontre deux Allemands, il les assomme et fait sauter sa mine qui obstrue la sape. Continuant sa mission, la colonne longe la lisière est du bois couvrant les autres colonnes. Ils rencontrent deux autres Allemands, l'un est tué, l'autre veut fuir mais il est fait prisonnier. À ce moment le S/Lnt Lefèvre rassemble son monde dans le bois et les trois autres colonnes abordent ensembles la sape du milieu. La porte d'un abri d'où sort de la lumière est enfoncée, un Allemand sort baïonnette au canon, le S/Lnt grimpe sur l'abri et lui brûle la cervelle. Dans l'abri, ils font prisonniers un sous-officier, un caporal et un soldat.
.......... Le S/Lnt Lefèbvre lance alors sa colonne de gauche vers l'est du bois pour rejoindre celle de l'adjudant Bapst. Il se dirige ensuite vers le blockhaus situé à la pointe sud-est du bois. Les colonnes se rencontrent à cet endroit et font un nouveau prisonnier blessé. Voulant éviter toute surprise et sa mission étant terminée, le S/Lnt Lefèbvre ramène sa troupe au complet à la tranchée de 520 m, aucun blessé. Les Allemands n'ont envoyé aucun obus, ni tiré une balle.

◦ Le 29 avril à 20h, des travailleurs sont signalés à 300 mètres à l'ouest du plateau de Californie. Une batterie tire six coups. L'artillerie du 18e Corps tire également 6 obus explosifs faisant cesser le travail de l'ennemi. À 23h, on entend une violente explosion du côté du 129e RI.
◦ Le 30 avril est une journée banale pour Louis LABAT:
.......... Vers 10h, quinze obus de 77 venant de Corbeny tombent aux environs de la ferme du Temple dont sept n'explosent pas.
.......... De 14h à 14h 30, douze obus de 77 venant de l'est du Bois de Chevreux tombent derrière la Cie du centre du sous-secteur N°1 ; quelques obus arrivent à proximité de la réserve. Un homme est contusionné.
.......... De 19h15 à 23h30, le 2e Btn relève le 3e Btn dans le sous-secteur N°2.
.......... Vers 21h30, la 4e Cie tire sur des patrouilles ennemis à la lisière sud du Bois de Chevreux. À la même heure, l'Artillerie du bois du Blanc Sablon tire quatre obus sur un groupe important de travailleurs ennemis à l'ouest de Craonne. Les coups paraissent avoir bien porté.

• 1915... mois de mai ...
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◦ Tous les jours, une centaine d'obus s'abattent sur les tranchées et les abris, parfois sans dégâts mais causant régulièrement des blessés et quelques tués.
◦ Le 3 mai, le Gl Joffre lance la deuxième bataille d'Artois. Mais les intempéries repoussent les assauts au 7 mai. Il vise la crête de Notre-Dame-de-Lorette, l'éperon nord de Souchez et la crête de Vimy.
◦ Le 5 mai, le sous-lieutenant Lefebvre et l'adjudant Bapst à la tête d'une section, s'élancent dans le bois du Bonnet Persan ; tuant les défenseurs ennemis, ils ramènent sans pertes cinq prisonniers. Trois bons tireurs exécutent un feu sur des ennemis isolés qui ramassent du bois dans le Bonnet Persan. Ceux-ci s'enfuient aussitôt.
◦ Du 6 au 9 mai, les obus s’abattent tous les jours sur tout le secteur. Les abords du bois Persan sont maintenant bien surveillés par l'ennemi. Dès qu'on touche au fil de fer, on est reçu par des balles. Il paraît y avoir un effectif de 25 à 30 hommes environ.

◦ Le 10 mai, pendant que les 2e et 3e Btn subissent les canonnades allemandes, le 1er Btn cantonné à Chaudardes, se rend à 14h de toute urgence au Bois de Clausade à la disposition du Général Tassin commandant la 9e Bde. Près du château de Pontavert, le Bataillon est ravitaillé en munitions. Il se dirige sur le Bois Clausade par un cheminement défilé dans Pontavert, puis par un boyau de communication. Au bois Clausade, le Cdt Craplet du 1er Btn, reçoit du Général Tassin l'ordre de reprendre le bois de la Mine, où les Allemands ont pénétré vers 11h refoulant les Cies du 39e RI et du 35e Régiment Territorial qui l'occupaient.
.......... À 18h, le chef de Bataillon donne le signal de l'attaque. Deux Cies sont engagées en première ligne; à droite la 4e Cie attaque de front, à gauche la 2e Cie cherche à déborder par le nord la tranchée occupée par l'ennemi. Ces deux Cies sont sous un feu extrêmement violent par balles et grenades et ne progressent que lentement. Elles ne possèdent pas de grenades et hors des boyaux, le bois très épais rend l'action des chefs de section quasi nulle. Aidées par des éléments de la 6e Cie du 39e RI à gauche et de la 8e Cie du 39e RI à droite, les deux Cies du 36e RI réussissent à progresser de cinquante mètres environ. Elles organisent aussitôt des barrages et creusent des trous de tirailleurs pour assurer la progression du terrain conquis.
.......... à 19h30, à l'approche de la nuit, le chef de Bataillon ordonne une nouvelle attaque. L'attaque de front est exécutée par la 4e Cie appuyée à droite par les deux sections de la 3e Cie, opérant en plaine et cherchant à déborder le Bois de la Mine. À gauche, les deux autres sections de la 3e Cie et la 1er Cie essayent de déborder par le nord la tranchée ennemie. Cette attaque que l'artillerie n'appuie que par un tir de barrage de trois minutes sur la lisière du Bois des Boches, est arrêtée par un feu violent de grenades et de torpilles particulièrement dans la plaine au sud du Bois de la Mine. Le S/Lnt Tachot arrive jusqu'à la lisière sud du bois ; il est arrêté par du treillage et du fil de fer qui avait été posé par les français. Il doit se cramponner au sol et creuser des trous de tirailleurs. Malgré tous ses efforts, le Bataillon n'a pu beaucoup progresser. Il s'assure néanmoins la possession du terrain conquis en creusant hâtivement des tranchées à trente mètres de l'ennemi. Les pertes du 1er Btn s'élèvent à onze tués dont deux officiers et 79 blessés dont deux officiers.

◦ Le 11 mai à 2H45, le 1er Btn est toujours au Bois Clausade. Il reprend l'attaque dans les mêmes conditions avec le concours des seize sapeurs du Génie chargés de lancer des grenades sur les défenseurs des barrages que les saxons ont établis dans les boyaux ; il est également appuyé par deux Cies du 74e RI partant du Mont Doyen et placées sous les ordres du Cdt Craplet ainsi que par un tir de barrage d'artillerie sur la lisière sud du Bois des Boches. Arrêtée par un feu violent de balles et de grenades, de torpilles et d'artillerie, l'attaque échoue. Les Cies du 74e RI doivent se replier sur le Mont Doyen ; les sections de la 3e Cie sur l'ordre du chef de Bataillon se reportent en arrière dans une carrière au sud du Bois de la Mine. La journée est consacrée à organiser le Bois de la Mine, chaque section se maintenant sur les emplacements où le combat l'a amenée.
......... À 19h50, au signal donné par deux fusées, une blanche et une rouge, les Allemands ouvrent par surprise sur les lignes un feu d'une violence inouïe: balles, grenades, torpilles, obus de gros calibre ; ils s'efforcent de sortir de leurs tranchées. Le 1er Btn riposte à coups de fusils et de grenades ; l'Artillerie de 75 et de 155 l'appuie par un tir violent et très précis qui tombe sur les tranchées allemandes à proximité des lignes du Régiment. Quant au violent tir de barrage allemand, il tombe heureusement en arrière du Bataillon. L'attaque allemande n'a pas progressé d'un seul pas. À 20h45 le feu cesse. À la fin de l'engagement, malgré la violence du feu d'artillerie, le 1er Btn n'a eu que dix hommes blessés.

◦ Le 12 mai, le 1er Btn resté à la disposition du Commandant de la 9e Bde, consacre sa journée à améliorer l'organisation défensive du Bois de la Mine. La 4e Cie réussit à progresser d'une cinquantaine de mètres grâce à l'initiative hardie d'une patrouille. Un barrage est aussitôt organisé. La relève terminée, le 1er Btn revient cantonner à Chaudardes, la 2e Cie allant aux abris de la lisière sud du bois de Beau Marais. Tout le régiment prend ses repos à Chaudardes et Concevreux, il se baigne dans l'Aisne. On pêche les truites du Ployon.
◦ Les 14 et 15 mai, calme complet. Aucun obus dans le secteur. Les trois bataillons sont relevés ; d'abord le 3e Btn va cantonner à Romain, puis le 2e Btn part cantonner à Venteley et le 1er Btn se rend à Fismes.
◦ Le 16 mai, Louis LABAT se trouve à Fismes où le 36e RI se regroupe et cantonne jusqu'au 21 mai. Le régiment reçoit un renfort de 202 hommes venus du dépôt de Caen.

◦ Le 22 mai, le 36e RI s'embarque pour l'Artois.
◦ Le 25 mai, après être passé par Amiens, Doullens, Auxi-le-Château, Louis LABAT arrive à Mareuil où il cantonne.
◦ Dès le 26 mai, le Régiment occupe les tranchées de Neuville-Saint-Vaast, la lutte de maison en maison commence et ne s'arrêtera plus. La Neuville-Saint-Vaast est un des villages les mieux fortifiés par les Allemands, '' … un vrai paquet de mitrailleuses et de lance-bombes... ''. '' Les caves de chaque maison sont revêtues d'une couche de béton d'au moins un mètre d'épaisseur et au-dessous sont creusés des abris à l'épreuve des gros obus où les Allemands se terrent pendant les bombardements ; les caves communiquent entre elles, ce qui permet d'aller et venir d'un bout à l'autre du village sans danger ; au ras sol enfin, sont percés des créneaux de tir et, à chaque carrefour, des abris bétonnés flanquent les maisons ; ils renferment des mitrailleurs retenus parfois prisonniers à côté de leurs pièces par des grillages fermés à clef ''.

◦ Le 27 mai, les nouveaux commandants des bataillons du 36e RI prennent leur position. Le 1er Btn du Cap Craplet en soutien à la Targette. Le 2e Btn du Cap Voisin à Neuville-Saint-Vaast sud-est. Le 3e Btn du Cap Chassery à Neuville-Saint-Vaast ouest. Le PC du Colonel du Régiment est placé au carrefour de Rietz. Louis LABAT va vivre les combats pour reprendre une à une les maisons de Neuville-Saint-Vaast. L'ennemi bombarde toute la journée. Dans Neuville au cours de la nuit, le S/Lnt Cabouat s'empare de la maison C2. Chaque soir on compte les tués et les blessés.
◦ Le 28 mai, tout le secteur est bombardé par l'ennemi. La maison C2 est organisée sous les pluies de grenades ennemies, sans tentative de reprise de leur part.
◦ Le 29 mai, l'artillerie ennemie bombarde tout le secteur avec des obus de gros calibre. Dans le village, la lutte à coups de grenades et à coups de fusils est incessante. Le 3e Btn parvient à occuper les maisons en U.

◦ Le 30 mai pendant la journée, la 12e Cie du Lnt Gesrel, progresse jusqu'à l'extrémité nord-est des maisons en U. La Cie du centre a légèrement progressé dans les maisons à l'est de la maison C3. L'artillerie lourde allemande riposte et met à mal sur les batteries de canons : trois pièces de 58 restent encore en état de marche. Elles torpillent les maisons C8, C7, C6, C5 puis ensuite C4 et C3.
◦ Le 31 mai, le PC du Colonel est bombardé à deux reprises. Plusieurs obus de très gros calibre, probablement des 305 mm, tombent sur le carrefour de Rietz, creusant des entonnoirs énormes de 2m20 de profondeur sur 6m25 de diamètre. Fin mai, on compte un total de 17 tués et 47 blessés.

• 1915... mois de juin …
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◦ le 1et juin, une attaque générale sur Neuville-Saint-Vaast est décidée par ordre n°308 de la 5e Div et n°5C 844 du 20e CA. L'attaque est déclenchée à l'heure prescrite. À 10h30, sept groupes d'artillerie de campagne lance la préparation. À 17h30, l'infanterie se lance à l'assaut avec comme premiers objectifs à droite, les maisons D8 à D12 et G1 à G9, à gauche C4 à C12 et E1 à E7. Mais à droite la progression est enrayée par l'action des mitrailleuses allemandes.
......... À gauche, la 10e Cie Croizé après avoir progressé d'une centaine de mètres vers C10, C11, C12, ne peut maintenir son gain ayant été prise en flanc par des mitrailleuses ; elle est contrainte de revenir à son point de départ. La 12e Cie Gesrel, partie de l'extrémité des maisons en U, avec comme objectif les maisons C5 à C8, progresse jusqu'aux abords de ces maisons mais elle se heurte à un mur crénelé et est aussitôt reçue à coups de grenades asphyxiantes; elle doit elle aussi revenir à son point de départ. La 9e Cie Gérard dépassant la maison C3, ayant mis le feu à plusieurs maisons situées le long de la ruelle (maisons C4 et C5), a atteint la barricade allemande située à l'extrémité de la ruelle et pris pied dans maison F6. La Cie subit de lourdes pertes : le S/Lnt Rousseau et un adjudant sont tués ; trois officiers dont le Commandant Gérard de la 9e Cie et un aspirant sont grièvement blessés ; cent hommes environ sont hors de combat. La deuxième section de mitrailleuses accompagne la 9e Cie dans son attaque prête à l'appuyer. Le chef de section Damesne et de nombreux servants sont tués en arrivant à la barricade.
......... À la droite du 3e Btn, la 11e Cie du Cap Roy, a pu progresser le long de la Grande Rue et est parvenue jusqu'à l'extrémité de la maison B1. Le Cap Roy blessé mortellement est remplacé par le Lnt Percin qui fait organiser une barricade à l'extrémité nord-est de B1. Autour de cette barricade et de celle qui coupe la rue Verte, la lutte à coups de grenades est très vive. Le S/Lnt De Viefville de la 10e Cie, sabre haut, s'empare d'une tranchée, mais les mitrailleuses ennemies et les grenades asphyxiantes causent de si lourdes pertes qu'à la nuit, il faut revenir sur les positions de départ. L'ennemi continuant à tenir dans E1, et empêche les attaquants de consolider l'avance de ce côté. La 9e Cie qui est la plus avancée, a perdu son Commandant et tous ses chefs de section ; elle est décimée en cherchant à s'emparer de la maison C3, une véritable forteresse.

........ Au cours de l'attaque, le Cdt Voisin du 2e Btn et le Cap Chassery du 3e Btn, ont reçu l'appui du 129e RI. Le Cdt Vignolet prend le Commandement du groupement constitué par une Cie du 129e RI et par des fractions des 9e et 11e Cies du 36e RI et renforcé par la 2e Cie du 36e RI du Lnt Venelize. Les pertes sont lourdes : 65 tués et 225 blessés et 26 disparus.

◦ Les journées du 2, 3 et 4 juin se passent en relèves intérieures. Les attaques et contre-attaques de part et d'autres ne parviennent pas à faire bouger le front. La pluie d'obus continue toujours.
◦ Le 5 juin à 14h35, l'attaque pour reprendre le village de Neuville-Saint-Vaast est relancée par les 1er et 2e Btns, en liaison avec le 129e RI à droite et le 114e RI à gauche. Ce dernier ne peut progresser.
◦ Le 6 juin, les Allemands contre-attaquent sans résultat ; mais les fluctuations de la bataille ont mélangé les unités des différents régiments qui se sont reformées en groupement de combats.

◦ Le 7 juin, les tirs sont moins violents. La fatigue est grande, en particulier pour la 7e Cie dont beaucoup de camarades sont tombés, tel l'adjudant Serra qui, avant de mourir, dit à son Commandant de Cie : « je suis content, car je meurs pour la France ». On profite de l'obscurité et du calme relatif pour réparer autant que possible les boyaux et assurer les communications. Les attaques se limitent à des coups de main sur des objectifs immédiats bien déterminés, car l'artillerie ne peut pas opérer compte tenue de la proximité des troupes. La mission à remplir est l'achèvement de la conquête et l'organisation de la maison E1 et l'attaque des maisons C3, C4 et C5. La première partie de la journée est employée à organiser l'attaque :
.......... le groupement Craplet a pour objectifs :
....................la maison E1 avec deux sections de la 5e Cie du Lnt Marcon ; le point de départ est la barricade occupée dans E1 et B2.
................... la maison C3 avec la 1ère Cie réduite à deux sections, point de départ C2 et la tranchée à l'ouest de C3.
................... Les deux attaques doivent se produire vers 18h.
.......... le groupement Voisin a pour objectifs :
................... le carrefour au nord de C11 avec la 6e Cie du Lnt Liran.
.................. la maison C11 avec la 3e Cie du Lnt Hecoins.
.................. les maisons C6 et C7 avec la 4e Cie.
.................. huit mortiers de 58 sont en batterie pour appuyer les attaques.
▪ Pertes de la journée : 7 blessés

◦ Le 8 juin pendant la nuit, des tentatives pour porter des charges de mélinite contre la maison C3 échouent. Une reconnaissance dirigée sur E1 constate que de ce côté, les Allemands sont très fortement retranchés.
......... À 4h30, le Lnt Marcon de la 5e Cie du groupement Craplet, se rend compte qu'un mouvement inaccoutumé se produit chez l'ennemi. Il donne alors l'ordre à l'un de ses chefs de section , le S/Lnt Tenot, d'essayer de percer et en cas de réussite de s'engager à fond. Le S/Lnt Tenot saute dans la ligne ennemie et y jette le désarroi. Le Cap Trinité de la 2e Cie voit le mouvement et s'élance à la tête de sa Cie ; tout le 2e Btn Voisin suit. L'enthousiasme est à son comble ; l'ennemi est culbuté, toute la partie sud du village est au Régiment, sauf une redoute qui tient toujours, et devant laquelle est tué le Lnt Dague. Les sections Bejot, Bienne, Moride et Langlois l'emportent. Le nettoyage des caves se poursuit ; le soldat Vaudet fait à lui seul de nombreux prisonniers, tout le monde est joyeux.
.......... À 5h, le chef de Bataillon Voisin, commandant le groupement de gauche du 36e RI prend la direction de l'attaque. La 8e Cie du Cap Rozan reçoit l'ordre de dépasser la 4e Cie, de lier son mouvement à celui des 5e, 1ère et 2e Cies et de nettoyer les caves des maisons situées à l'est des maisons C. Tous les efforts se tournent alors contre la redoute organisée par les Allemands autour du carrefour situé au nord de C11-C12.
.................... la 4e Cie du Lnt Trinité, la 3e Cie du Lnt Helouin et 6e Cie du Lnt Liran, reçoivent l'ordre d'attaquer la redoute, la 4e Cie en avant. celle-ci a poussé depuis deux jours une sape offensive dans la direction d'une barricade transformée en blockhaus pour mitrailleuses, située dans le chemin creux à quelques mètres au sud-ouest du carrefour. Ce blockhaus flanque la défense des maisons C. cette sape est arrivée à 25 m environ du blockhaus le matin du 8 juin.
.................... une section de la 2e Cie du S/Lnt Bienne, parvenue vers C8 doit coopérer à l'attaque de la redoute en utilisant la tranchées allemande. Attaqué à coup de grenades, le blockhaus est enlevé par la 4e Cie et la section de la 2e Cie.
................... à gauche, la 6e Cie s'est portée en avant et subit de fortes pertes.
................... les Allemands se défendent opiniâtrement au carrefour au nord de C11 ; toutes les fractions du 36e RI ont convergé vers ce point et se trouve ainsi disposées :
.............................. 6e Cie à gauche en liaison avec le 125e RI
.............................. 4e Cie à cheval sur le chemin creux
.............................. 1ère, 2e et 5e Cies entre ce dernier chemin et la rue située de l'autre côté des maisons C, entourant les dernières maisons C10, C11 et C12.
.......... À midi, des fractions du 39e RI atteignent la lisière nord-ouest des maisons F. Le carrefour est alors attaqué, la partie enlevée est aussitôt occupée et organisée. Deux sections de mitrailleuses sont mises en batterie de manière à battre le chemin des Carrières où les Allemands, très fortement retranchés, tiennent toujours devant le 125e RI. Le 36e RI est maître de la première ligne ennemie, mais les pertes sont élevées. L'ennemi laisse de nombreux cadavres sur le terrain et un matériel énorme en armes, outils de parc, munitions et vivres. Un canon de 77 en batterie derrière une barricade de la rue Verte est tombé entre les mains de la 5e Cie. Un grand nombre d'allemands réfugiés dans les caves n'ayant pas pu fuir, y sont tués à coups de grenades.
.......... En vue de poursuivre le résultat obtenu, le Cdt Chassery du 3e Btn reçoit l'ordre de rapprocher ses deux dernières Cies des maisons en U de manière à être en mesure de prendre à son compte la poursuite avec son Bataillon et tout ou partie du Bataillon du 125e RI

◦ Louis LABAT peut passer la nuit du 8 au 9 juin relativement au calme. Dans la matinée du 9 juin, l'attaque menée par le 3e Btn Chassery doit reprendre après la préparation par l'Artillerie. Au cours de la nuit, les 1er Btn Craplet et le 2e Btn Voisin ont dû être reconstitués.
.......... À 6h, la situation est la suivante en allant du nord-ouest au sud-est
.................... la 4e Cie est au carrefour au nord de C11.
.................... la 6e Cie est à cheval sur le chemin creux, derrière la 4e Cie.
.................... la 8e Cie est à l'extrémité des maisons F, face au nord
.................... des fractions des 1ère et 2e Cies dans la région F2, F1, C9, C8.
.................... la 3e Cie dans les anciennes tranchées allemandes en arrière des 1ère et 2e Cies.
.................... les 5e et 7e Cies dans la région C5 et C4.
.......... Dans la matinée, le 3e Btn s'échelonne dans les boyaux et les sapes en se rapprochant des éléments pré-cités en vue de l'attaque qu'il va effectuer. Deux sections de la 10e Cie sont poussés dans le chemin qui prolonge le chemin creux à l'est du carrefour tenue par la 4e Cie, tandis que deux sections de la 12e Cie sont poussés vers l'extrémité des maisons F, tenue par la 8e Cie. Le 3e Btn Chassery se relie à droite par le boyau de Neuville avec le Btn Dicharry du 39e RI. Mais en dehors de la préparation, le mouvement du 3e Btn reste subordonné en partie au mouvement du 125e RI. Il est convenu qu'à la sonnerie de la charge, le 125e RI sortira de sa parallèle de départ et s'élancera sur le chemin des Carrières.
.......... À 13h, une nouvelle attaque est lancée avec la préparation de trois mortiers de 58 placés en U5, E2 et C6 et de 4 sections de mitrailleuses placées au Carrefour et à l'extrémité de F. Seule une barricade dans le Chemin des Carrières peut gêner la progression, mais l'aspirant Joly avec les soldats Blouin, Siméon et quelques autres, se précipitent sur la barricade et en chassent les défenseurs. Ils y sont rejoints par des éléments du 125e RI. Apercevant le 125e RI dans le chemin des Carrières et des Allemands qui se retirent vers le nord-est, le Lnt Croizé s'élance alors avec toute sa 10e Cie par le fossé Corbonne et parvient à hauteur de la maison L6, où il s'organise défensivement. La 10e Cie est rejointe par la 11e Cie du Lnt de Percin et deux sections de mitrailleuses. À la droite, la 12e Cie du S/Lnt Bouleis, débouchant des maisons F progresse par le boyau de Neuville, en liaison avec le 39e RI. Elle est suivie par la 9e Cie du Sergent-Major Dupré.
.......... Vers 15h, alors que les Allemands tiennent encore au nord de L7, le Cap Chassery du 3e Btn est blessé par un obus, au moment où quittant son PC, situé en C12, il se portait en avant avec les dernières fractions de son Btn. Il tombe en s'écriant : « Mon seul regret est de ne pas pouvoir vous conduire jusqu'au bout. Vive la France ! ». Il décède trois jours après à l'hôpital de Saint Pol. Le Lnt Croizé prend provisoirement le commandement du 3e Btn et organise le secteur le long du fossé de Corbonne.
.......... Vers 16h, la 5e et 7e Cie sont harassées et passent en 3e ligne, remplacés par une Cie du 129e RI.
.......... À 19h, le Cap Besnier reçoit officiellement le commandement du 3e Btn. Dans la nuit, sous le tir violent de l'ennemi qui s'est ressaisi, il dirige la marche des Cies du 129e RI qui, peu à peu, viennent remplacer les unités du 36e RI.
.......... Il ne reste plus vers minuit au 36e RI qu'un front de 150 à 200 m au maximum en première ligne. L'ennemi est en fuite. Un village français est rendu au pays et venge le Régiment de ses pertes et en particulier celles de la journée, 29 tués, 77 blessés et un disparu. Les Allemands laissent sur le terrain : mille cadavres qui jonchent la plaine de Neuville, 3 pièces de 77, 15 mitrailleuses, des milliers de grenades, 800 000 cartouches, 1000 fusils de tous modèles, 2 appareils incendiaires, 3 obus de 105, des outils de parc en grande quantité, un nombre considérable de casques, des équipements , des caisses de liqueurs et de cigares.

◦ Le 10 juin, en représailles, l'artillerie allemande s'acharne sur le village et tire dès qu'il y aperçoit le moindre mouvement.
◦ Le 11 juin, le 36e RI est relevé par le 114e RI. Les 1ère, 2e et 3e Cies du 1ère Btn Craplet se dirigent les premiers sur Habarcq par Mareuil. Les 4e et 8e Cies et la Cie de mitrailleuses suivent le même itinéraire, accompagnées par les deux Cies Touchard du 129e RI. Louis LABAT embarque en autobus et est transporté jusqu'à Ivergny où le 36e RI débarque. Louis LABAT peut enfin se reposer.
◦ Le 13 juin, c'est la revue des soldats et la remise de la Médaille Militaire pour leur belle conduite aux combats de Neuville-Saint-Vaast. La Légion d'Honneur est remise au Lnt Lefèvre par le Général de Division.
◦ Dès le 15 juin, des camions-autos emportent le 36e RI et, après deux bivouacs, Louis LABAT cantonne à Cambligneul, à dix kilomètres au nord-ouest de la Neuville-Saint-Vaast. Le 36e RI va participer à la deuxième bataille d'Artois.
◦ Le 21 juin,Louis LABAT se rend dans le secteur de Souchez avec le le 36e RI qui doit relever le Groupe de Chasseurs Laignelot. À la tombée de la nuit les hommes se dirigent dans les boyaux vers leurs nouveaux emplacements.

◦ Le 22 juin, ils montent vers Souchez par de longs boyaux du Pendu au Cabaret Rouge. La relève n'est pas achevée vers 2h, lorsqu'une forte attaque ennemie se produit.
.......... Vers 8h les Allemands réussissent à pénétrer dans les anciennes tranchées EFG. Alors que la 7e Cie s'est repliée dans le boyau Tabouret, les 1ère, 2e ,3e et 8e Cies et une Cie du 60e Chasseurs sont rejetés avec une Cie du 129e RI sur la tranchée des Pylônes vers l'intersection avec le boyau International.
.......... À 8h10, trois Cies, mises à la disposition des Cdt Voisin et Craplet ont pour mission de tenir solidement la tranchée des Pylônes, puis de contre-attaquer énergiquement par les boyaux pour reconquérir la tranchée N°5, et enfin de rétablir la liaison avec la droite où se trouvent les 1ère, 2e, 3e et 8e Cies du 36e RI.
.......... Vers 9h, aidé par le 8e Régiment de Zouaves et la Brigade Marocaine, la ligne du front est rétablie, sauf devant le boyau d'Ersatz où quelques mètres de tranchées sont restées entre les mains de l'ennemi. Une contre-attaque brillamment exécutée par le 8e Zouaves, chasse les Allemands à la baïonnette sur la tranchée F depuis le boyau Tabouret jusque vers le boyau International. Les Allemands se sauvent à travers la plaine mais pris à revers par la 8e Cie Rozan du 36e RI, ils sont presque tous exterminés ou se rendent au nombre de cinquante. On s'organise et on tient, malgré le bombardement effroyable qui comble les sapes, enterre les hommes et empêche l'évacuation des blessés.

◦ Le 23 juin, la journée se passe dans l'attente d'une nouvelle attaque ennemie quand l'ordre de la relève arrive. Louis LABAT part cantonner à Rebreuve et Baraffles. Le 36e RI est relevé par 8e de Zouaves.
◦ À la fin du mois de juin, on comptera parmi les pertes : 224 tués, 583 blessés et 31 disparus. Le Cdt Voisin figure parmi les officiers grièvement blessés

• 1915... mois de juillet …
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◦ Début juillet, le 36e RI se réorganise. Louis LABAT, après les cantonnements de Acq, Frévin-Capelle, Hermaville et Izel-lès-Hameau, retourne le 13 juillet occuper le secteur de Neuville-Saint-Vaast où le 36e RI doit remplacer le 274e RI. Il y reste jusqu'au 24 juillet, organisant la position, répondant aux tirs ennemis et surtout, utilisant chaque accalmie pour rechercher les camarades tombés au moins de juin et leur donner une sépulture décente. Les anciens conduisent dans les ruines les nouveaux venus, aux endroits glorieux, à la maison C3, au Fortin, à la Barricade du Chemin Creux, et leur donnent ainsi le plus bel enseignement moral qu'il soit possible.
◦ Le 14 juillet, un coup de canon de 75 malheureux, tombe sur les tranchées de la première ligne, tuant un homme et en blessant deux autres.
◦ Dans la nuit du 24 au 25 juillet, le 36e RI est relevé par le 274e RI. Louis LABAT part cantonner à Écoivres.
◦ Les pertes pour le mois de juillet sont de neuf tués et douze blessés.

• 1915... mois d'août …
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◦ Pendant le mois d'août, Louis LABAT cantonne dans le secteur de Monts-en-Ternois, où le 36e RI reprend des forces.
◦ Le 31 août à 8h, il est passé en revue au sein du 3e CA par le Général Joffre, entre Maizières et Magnicourt-sur-Canche.

• 1915... mois de septembre …
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◦ Le 1er septembre à 10h30, le Gl Mangin, commandant la 5e Div depuis le 31 août 1914, vient vérifier l'avancement des travaux de sape en particulier.
◦ Le 2 septembre, les exercices de lancement de grenades ne s'effectuent pas sans danger : le S/Lnt Le Bret reçoit un éclat au bras et le Lnt Girard est blessé à la cuisse et à la jambe par des éclats de grenades P1/1915 (6*)
◦ Le 4 septembre à 13h45, après avoir reçu la veille l'ordre d'aller relever les Bataillons du 39e et du 239e RI en première ligne dans le secteur sud de Neuville-Saint-Vaast, le 36e RI quitte Averdoingt et Maizières par convoi automobiles et débarque à Acq à 16h25. Louis LABAT fait une halte à Écoivres jusqu'à 21h. Là il est au niveau de la troisième ligne du front Bray-Écoivres.

◦ Le 5 septembre, les 2e et 3e Btns montent au front : le 2e Btn en première ligne au chemin allant au carrefour des 5 Chemins ; le 3e Btn en deuxième ligne.
◦ Jusqu'au 17 septembre, sous une pluie continuelle de bombes et de grenades, les trois bataillons se relèvent et exécutent les sapes et places d'armes préparatoires à une attaque projetée. Le travail est dur et pénible, en apparence sans gloire, et où les pertes sont assez sensibles. Bombardement et tirs de représailles se succèdent occasionnant le lot habituel de tués et de blessés.

◦ Dans la nuit du 16 au 17, le 36e RI est relevé par un Btn du 239e RI et par des unités du 39e RI qui fournissent des travailleurs. La relève s'effectue sans incident mais elle ne se termine qu'au matin. Les troupes rejoignent par voie de terre leur cantonnement de Villers-sir-Limon pour le 1er Btn et d'Izel-lès-Hameau pour les 2e et 3e Btns, où ils arrivent fatigués.
◦ Du 18 au 20 septembre, après la remise de croix de guerre de la veille, le 36e RI s'entraine à des exercices de destruction de réseau de fil de fer par mitrailleuses, à l'emploi de la cagoule contre les gaz asphyxiants et à des essais de liaison entre avion et infanterie à Berles-Monchel.
◦ Le 22 septembre, la 5e Div relève la 130e Div à la Neuville-Saint-Vaast. Les 2e et 3e Btns du 36e RI sont transportés en automobiles jusqu'au Mont-Saint -Éloi. Les autres unités font mouvement par voie de terre.
◦ Les 23 et 24 septembre, Louis LABAT monte en première ligne à la Neuville-Saint-Vaast. Il va affronter de durs combats qui vont durer deux jours.

◦ Le 25 septembre 1915 à 4h, les 2e et 3e Btns sont sur la parallèle P40, le 3e Btn étant à droite. Chaque bataillon a un peloton en première ligne et un autre en renfort sur la deuxième ligne. Le 1er Btn est en troisième ligne, avec les 1ère et 2e Cies derrière le 3e Btn et les 3e et 4e Cies derrière le 2e Btn. Leur zone d'action est limitée au sud par la tranchée aux Ânes, la tranchée de la Justice et le point T''', au nord par le boyau des Communs et le château de la Folie. La ligne de démarcation entre les deux bataillons de première ligne est le Moulin Détruit, R'' et la Ferme de la Folie. Le 36e RI reçoit l'ordre de lancer une attaque sur la ferme de la Folie en direction du Petit Vimy. Toute la matinée, l'Artillerie continue la préparation commencée les jours précédents. Cependant le résultat apparaît incomplet, les brèches sont insuffisantes dans les réseaux de fil de fer et la tranchée du Vert Halo, première objectif de l'attaque, est presque intacte. La situation ne s'améliore guère à ce point de vue jusqu'à l'heure fixée pour l'attaque. Aussi les mitrailleuses s'emploient-elles à faire des brèches dans les réseaux de fil de fer où le Génie a réussi malgré tout à faire exploser quelques charges d'explosifs. Huit échelles de franchissement sont apportées dans chaque Cie ; ce qui paraît insuffisant d'autant plus que la pluie a détrempé les talus où il paraît difficile d'y creuser des gradins de franchissement. La sortie des parallèles de départ est longue et pénible. À 12h25, l'attaque est lancée : la première ligne part à l'assaut du Vert Halo :
......... Le 3e Btn dans le secteur de droite, est fauché par le feu des mitrailleuses et des fusils des Allemands dont les tranchées sont intactes. Le Cdt des Marands est tué en sortant de la parallèle P40 ; revolver au poing, parti en tête, il tombe en avant du parapet. Le cycliste Dolbet l'emporte et le met à l'abri, avant de revenir aussitôt au combat. Tout le monde se jète dans les trous d'obus.
.................... les 9e et 10e Cies sont bloquées par la mitraille sur la parallèle P40. À gauche, les 12e et 11e Cies parviennent à gagner une vingtaine de mètres en avant de la P 40. Elles se terrent à mi-distance de la tranchée du Vert Halo et ce jusque vers 17h où le feu de l'ennemi paraît faiblir, incitant les débris du 3e Btn à prononcer une attaque générale qui est couronnée de succès. Les derniers défenseurs ennemis s'enfuient ou sont tués. Le 3e Btn poursuit son offensive : sur la droite, la 9e Cie au sud de la tranchée des Ânes, parvient à 50 m de la tranchée de la Justice où elle s'organise, laissant dans la tranchée des Ânes des postes échelonnés pour couvrir son flanc droit découvert par la situation en retrait du 129e RI. La 9e Cie est prolongée à gauche par des éléments des 10e et 11e Cies qui sont venues rejoindre des fractions de la 1èreCie. Le Lnt Kahn de la 9e Cie prend le commandement de ce groupement, remplaçant le Lnt Croizé qui lui-même avait succédé au Cdt des Marands à la tête du 3e Btn et avait été blessé à la tête par des éclats d'obus.
.....................plus à gauche au nord, la 12e Cie progresse jusqu'à la tranchée des Déserteurs qu'une forte patrouille atteint sous les ordres du S/Lnt Joly. Le gros de la Cie avance de 80m, mais prise de flanc par des feux venus du sud, il prend position et organise le terrain. Le Lnt Ménissier de la 12e Cie prend le commandement du groupement constitué par les 1ère, 8e et 5e Cies et s'établit à la lisière d'un enclos situé à l'ouest de la tranchée des Déserteurs (branche R''S'').
.................... à 60 m de ce groupe en arrière et à droite (sud) se trouve le gros de la 1ère Cie du Lnt Tahot, qui occupe une barricade dans le Chemin Creux de la Folie. La situation reste inchangée de ce côté jusqu'au 26 septembre 3h du matin.

........ Le 2e Btn à gauche, est bloqué à 20 m de la tranchée du Vert Halo dès le début de l'attaque à 12h25 ; la plupart de ses officiers sont tués ou blessés. Le Cap Legras, blessé déjà sur le chemin de l'évacuation, revient au feu quand il apprend que les officiers de sa Cie sont tombés.
................... vers 13h30, la deuxième ligne arrive à la rescousse et la tranchée du Vert Halo est enlevée. L'ennemi s'enfuit à droite sur le boyau des Ondes, à gauche sur le boyau des Communs. Les derniers défenseurs sont chassés à coups de grenades.
.................. pendant que la 5e Cie s'organise dans la tranchée du Vert Halo, un groupe de la 6e Cie commandée par le Cap Legras, se porte au nord du Moulin Détruit sur le Chemin des Saules. Il est 16h quand le Cap Legras est tué, ce qui oblige son groupe à se replier sur le Vert Halo où il s'organise. Il y est relevé le lendemain à 9h par une Cie du 74e RI et va occuper le chemin des Carrières.
................. un autre groupe de la 6e Cie avec le Cdt Roig du 2e Btn, continue à progresser à la droite du précédent ; il atteint le boyau de l'Escalier, où il arrive jusqu'à la Maison du Garde. Mais n'étant pas appuyé et se sentant trop en l'air, voyant les Allemands progresser à la droite et à la gauche, le groupe se replie par le boyau de l'Escalier jusque vers le boyau des Ondes, non sans avoir exécuté quelques retours offensifs pour diminuer la pression de l'ennemi. C'est dans ce mouvement que le Cdt Roig est tué par une blessure à la tête. Ce groupe ensuite continue jusqu'au Vert Halo, puis dans la matinée du 26, il rejoint le Lnt Debieux de la 4e Cie vers la tranchée des Déserteurs.
.................. plus au nord, la 7e Cie atteint la tranchée des Déserteurs à l'ouest de R'' qu'elle occupe. Elle y reste jusqu'au 27 septembre au matin, repoussant de nombreux contre-attaques ennemies, avant d'être relevée par une Cie du 39e RI.
................. un groupe de cette Cie vers 15h, se dirige sur le boyau des Ondes pour faire face à un petit fortin occupé par les Allemands, il s'est joint à des groupes des 4e et 6e Cies, le tout formant un nouveau groupement sous les ordres du Cap Le Corbeiller de la 4e Cie.
................. vers 18h, ce groupe se replie sur le Vert Halo qu'il organise défensivement, et qu'il occupe jusque 7h le 26 septembre, où il est relevé.
..................la 8e Cie, après l'enlèvement de la tranchée du Vert Halo pousse jusqu'à la tranchée de la deuxième ligne (le Chemin des Saules) complètement bouleversée par le feu de l'Artillerie française. Elle y prend deux mitrailleuses qui sont ramenées dans l'ex première ligne allemande. Masquant le fortin allemand établi au Moulin Détruit, la 8e Cie continue son mouvement offensif ; elle stoppe pour reprendre haleine entre le Chemin des Saules et la tranchée des Déserteurs. Puis elle atteint la tranchée des Déserteurs où elle s'arrête poussant une forte patrouille jusqu'à mi-chemin de la lisière des Vergers du château de la Folie ; mais ne se sentant pas appuyée, très éprouvée et le renfort que devait fournir le 74e RI n'arrivant pas, le groupe avancé, recule jusqu'à la tranchée des Déserteurs où il prend position avec des fractions de la 7e Cie du S/Lnt Mault, et de la 4e Cie du S/Lnt Debieux, et une section de mitrailleurs. De violentes contre-attaques ennemies à la grenade sont repoussées. La situation reste inchangée jusqu'à la relève par le 39e RI, le 27 septembre à 7h30.

......... Entrée en ligne du 1er Btn du Cdt Craplet: depuis la troisième ligne d'attaque, il se porte en avant dès que la première et la deuxième lignes se sont lancées, afin de prolonger leur effort.
................... la 1ère Cie à droite, ne peut gagner que péniblement la P40 obstruée par le 3e Btn. Vers 16h30-17h, son Commandant se porte dans une sape un peu au sud du Moulin Détruit et observe le terrain à la jumelle un groupe d'Allemands qui occupent le Vert Halo. Il lance alors sa Cie à l'assaut du Vert Halo entrainant à sa suite le 3e Btn. Le Cdt Craplet se porte aussitôt en avant avec tout ce qu'il a sous la main et presse vivement l'ennemi ; une contre-attaque allemande qui se dessine par le Chemin Creux de la Folie est enrayée par une ½ section envoyée pour occuper ce chemin. L'ennemi s'enfuit en désordre. La 1ère Cie pousse jusqu'à la hauteur du boyau de l'Escalier où elle s'organise sur le terrain conquis. Une tranchée est creusée devant S'' et en travers du Chemin Creux de la Folie, se reliant à gauche (ouest) à la 12e Cie qui occupe l'enclos dont il a déjà été question. Bien que découvert sur son flanc gauche par le repli momentané de quelques éléments de la 12e Cie, elle tient énergiquement sur ses positions. Vers 2h, la 1ère Cie repousse une violente attaque à la grenade faisant subir des pertes sérieuses à l'ennemi. Le 26 septembre vers 3h, elle est soutenue par l'arrivée d'une section de renfort du 74e RI.
................... la 2e Cie à la gauche (nord) de la 1ère Cie, débouche vers 12h45 entre le Moulin Détruit et le Chemin Creux de la Folie. Décimée par un feu violent de mitrailleuses et de fusils et de grenades, elle est obligée de se terrer ; des groupes d'hommes énergiquement commandés par le Lnt Dapoigny, le S/Lnt Bienne, et l'adjoint Soret, restent près de cinq heures dans des trous d'obus à quelques dizaines de mètres de la tranchée ennemie. Vers 17h, au moment de l'attaque, ils se portent en avant et y pénètrent avec le concours d'une Cie du 74e RI. Le reste de la Cie reçoit ensuite son chef de Btn, l'ordre de s'organiser en P40. Une Cie du 39e RI prend position à sa gauche dans cette parallèle. La situation est inchangée jusqu'à la relève du 27 septembre à 7h.
................... la 3e Cie ne s'est portée en avant que vers 13h30, au moment où la 5e Cie s'est élancée à l'assaut du Vert Halo. Dans le premier peloton, le S/Lnt Pécot se porte avec sa section à la suite de la 5e Cie, il est mortellement frappé. Le S/Lnt Taillade de la seconde section, sort à sa gauche et réussit à pénétrer dans la tranchée du Vert Halo et s'y maintient. Le deuxième peloton, commandé par le Lnt Hélouin de la 3e Cie, progresse plus à sa gauche ; il dépasse successivement la première ligne, puis la deuxième ligne ennemie et parvient jusqu'à mille mètres du bois de la Folie où il se mélange à des unités des 24e, 28e et 74e RI, et à des hommes de sections de mitrailleurs isolés. Pendant que le S/Lnt Taillade du premier peloton attaque le fortin du Moulin Détruit où une trentaine d'Allemands résistent encore, le deuxième peloton organise une ligne de défense. Par prudence, suite de son mouvement en avant, le Lnt Hélouin fait organiser défensivement la deuxième ligne ennemie sur le Chemin des Saules prolongé vers le nord : c'est là que les diverses fractions de la 3e Cie viennent successivement se reformer. La 3e Cie y reste jusqu'à la relève dans la nuit du 26 au 27 septembre où elle part en deuxième ligne.
................... La 4e Cie du Cap Le Corbeiller devait s'engager au nord du Moulin Détruit. Vers 13h elle sort de la parallèle P40 à la suite de la 7e Cie et se porte à l'attaque du Vert Halo qu'elle atteint d'un seul bond. Pendant que quelques hommes nettoient cette tranchée, la moitié de la Cie avec le S/Lnt Debieux pousse de l'avant jusqu'à environ 300 m sud-ouest de la tranchée de la Folie d'où partait une fusillade nourrie. À ce moment il est en liaison avec un groupe d'hommes des 7e et 8e Cies du 36e RI et du 24e RI qui se trouve à deux cents mètres à sa gauche et au nord-est du boyau des Communs. Ce dernier groupe menacé par une contre-attaque ennemie doit se replier jusque vers le point Q'' . Ce mouvement découvre la gauche du S/Lnt Debieux : avec dix huit hommes qui lui restent, il se reporte également en arrière dans la tranchée allemande située au sud de Q'' où il se maintient malgré une contre-attaque exécutée dans la soirée par l'ennemi, et un violent combat à la grenade. L'autre moitié de la 4e Cie se porte sur le petit fortin S d'où partaient des feux de mitrailleuses sur sa droite. Laissant un groupe d'hommes pour neutraliser ce fortin, le reste du peloton, une vingtaine d'hommes environ, continue de marcher en avant jusqu'à quatre cents mètres environ du Vert Halo où il s'arrête sur une petite crête. Ne recevant pas de renfort, isolé au milieu de la plaine, ce groupe se replie sur le Vert Halo. Le Cdt Roig qui commandait ce groupe au début, a poussé jusque vers la Maison du Garde avec ses agents de liaison et un groupe d'hommes déterminés, mais il a été obligé lui aussi de rétrograder un peu après et de se replier sur le boyau des Ondes. La 4e Cie s'organise alors défensivement dans la tranchée du Vert Halo où elle est relevée le 27 au matin par le 39e RI.
.................... le 1er Btn du Cdt Craplet est resté en position vers le point S'' jusque dans la soirée du 26.

.......... Le Colonel du 36e RI a établit son PC dans le chemin Creux de la Folie à cent mètres au sud-ouest du Chemin des Saules. De là il a fait déployer ses Cies sous un feu assez violent en travers du chemin Creux de la Folie pour soutenir le 1er Btn Craplet, enrayant l'attaque allemande. Les pertes du 25 septembre sont pour les officiers : 11 tués et 21 blessés ; pour les hommes de troupe : 121 tués , 462 blessés et 195 disparus.

◦ Le 26 septembre au matin, deux fortes contre-attaques sont repoussées et, dans le combat, se font particulièrement remarquer entre tous : l'aspirant Masse, l'adjudant Kirpach, qui a pris le commandement de la 10e Cie, le sergent Richer, les caporaux Giard, Charbeau, Lisant, qui reçoivent la Médaille Militaire pour leur belle conduite. La situation reste stationnaire, les Allemands cherchent constamment en vain à reprendre le terrain perdu. Le but final de l'attaque française ( le bois de la Folie) n'a pas été atteint par suite de l'insuffisance de la préparation de l'artillerie, mais trois lignes de tranchées ennemies presque intactes, ont été enlevées. Pertes de la journée : 30 hommes de troupe tués, 159 blessés et 125 disparus.

◦ Le 27 septembre, les 2e et 3e Btns sont relevés et viennent cantonner à Écoivres, alors que le 1er Btn reste dans le secteur du front, entre les parallèles P7 et P5 ter.
◦ Le 28 septembre, les 2e et 3e Btn retournent occuper le secteur, le 1er Btn au Vert Halo. L'objectif est de tenir les tranchées conquises.
◦ Le 30 septembre enfin, c'est le départ pour Écoivres, sauf pour le 1er Btn.
◦ Les pertes pour le seul mois de septembre sont effroyables avec 198 tués, 795 blessés et 322 disparus.

• 1915... mois d'octobre et novembre …
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◦ Le 4 octobre, Louis LABAT est au cantonnement d'Écoivres, où après s'être reformé, le 36e RI est ramené pour reprendre le secteur du front. Un ordre d'attaque pour le lendemain est finalement reporté. Le Plateau de la Folie n'a pas été repris, mais les tranchées ennemies intactes devant la Neuville-Saint-Vaast sont entre les mains des Français.
◦ Le 7 octobre, les unités du 36e RI sont relevées. Louis LABAT et embarque à 7h en camion automobile sur la route de Haute-Avesnes à Acq . Il arrive à Ivergny vers 10h30.
◦ Jusqu'au 20 octobre, Louis LABAT participe aux exercices du 36e RI, lancement de grenades et utilisation de boucliers roulants Walter (7*).

◦ Le 21 octobre à 9h, à la sortie est de Le Souich vers Ivergny, le Général d'Urbal commandant la Xe Armée, épingle au Drapeau du Régiment la Croix de Guerre avec palme, pour avoir repris le village de Neuville-Saint-Vaast ainsi que les lignes des tranchées ennemies puissamment organisées du bois de la Folie. Les troupes des 36e, 129e, 274e et 74e RI, sont présentées au Gl d'Urbal par le Gl Mangin commandant la 5e Div.
◦ Dans la nuit du 24 au 25 octobre, Louis LABAT embarque à la gare de Frévent ; le 36e RI se dirige dans la région d'Amiens pour prendre un long repos.
◦ Jusqu'au 9 décembre 1915, le 36e RI reste à Ailly-sur-Noye, puis à Gentelles où les manœuvres se succèdent, permettant la reconstitution des unités et l'instruction nécessaire, après les vides causés par les actions récentes.

• 1915... mois de décembre …
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◦ Le 10 décembre à 6h, le 36e RI quitte ses cantonnements de Gentelles et de Cachy (à l'est d'Amiens). Louis LABAT arrive dans l'après-midi dans le secteur entre Dompierre (Becquincourt) et Fay où le 36e RI remplace le 5e RI. Les 2e et 3e Btns montent en ligne. Le 1er Btn qui est resté en réserve à Fontaine-lès-Cappy, détache la 1ère Cie à la Redoute de la cote 99, et la 3e Cie dans le secteur Verger où se trouve le 26e Régiment d'Infanterie Territorial (RIT). Les abris, les boyaux et les tranchées de tout le secteur sont dans un état pitoyable, les pluies ont causé un grand nombre d'éboulements, et nécessitent de longs travaux de réfection. Sous les rafales de minenwerfer, les hommes s'organisent surtout pour la lutte contre la boue qui envahit tout et enlise le moindre mouvement.

◦ Du 16 au 24 décembre, les torpilles ennemies font quelques dégâts sur les abris. En particulier à la Redoute de la cote 99, dans les tranchées de Mulberry et le boyau de Venise, au sud de Dompierre. Les éboulements engloutissent trois caporaux et sept hommes. Les travaux de déblaiement permettent de retrouver le corps d'un caporal; les autres hommes ensevelis ont dû être absolument volatilisés, car il n'en subsiste aucune trace. Au total, on déplore seize tués et cinq blessés. L'Artillerie opère des tirs de représailles sur le cimetière de Dompierre, la maison Brûlée, le minenwerfer du bois des Fermes et celui du Mail.

◦ Le 26 décembre, alors que la journée et la nuit sont calmes, les Allemands cherchent à entrer en conversation avec les hommes du Régiment au saillant du Payan en offrant des cigarettes. Les Français leur répondent avec des coups de fusils.
◦ Le 27 décembre à 11h, le Génie fait exploser un camouflet dans le saillant de Filippi. Aussitôt après l'explosion, l'Artillerie prévenue, déclenche une rafale de 160 obus sur les tranchées allemandes. Malheureusement, par suite d'un retour de gaz, sept sapeurs sont asphyxiés.

◦ Le 28 décembre vers 22h, le Génie fait jouer efficacement un camouflet à la face sud du saillant de Payan. Le 36e RI change de secteur :
.......... Le 2e Btn prend le front compris entre la lisière sud du Bois Commun et le saillant à 60 mètres au sud de la lisière sud du Bois Touffu, en liaison au nord avec le 322e RIT et au sud avec le 2e Btn du 26e RIT.
.......... Le 1er Btn occupe le front entre le rentrant à 600 mètres nord de la route nationale de Foucaucourt et la lisière sud du Chatrou; il passe sous les ordres du Colonel du 26e RIT, commandant le sous-secteur sud de Foucaucourt.
.......... Le 3e Btn passe en réserve de Division.
◦ Jusqu'au 31 décembre, Louis LABAT subit les bombardements quotidiens allemands suivi de représailles françaises. Les Allemands ciblent la tranchée de Jeanny, les tranchées du Bois Commun, les boyaux de Galles et de Filippi ; de leur côté, les Français bombardent le bois Triangulaire et le bois des Fermes.
◦ Les pertes sur le mois de décembre sont de 21 tués et de 12 blessés.

• 1916... mois de janvier …
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◦ Les jours du début de cette année 1916, vont se ressembler avec le lot quotidien de blessés de tués par les bombes ennemies.
◦ Le 1er janvier en fin de soirée, le 3e Btn relève sans incident le 2e Btn. Le lendemain matin à 6h 45, une patrouille ennemie de cinq à six hommes, attaque un petit poste de trois soldats dans le ravin Fontaine-Fay à l'extrémité sud du boyau de Galles, blessant deux soldats grièvement à coups de grenades, et faisant prisonnier le troisième. La demi-section voisine immédiatement alertée a ouvert le feu mais l'ennemi disparaît aussitôt.
◦ Le 3 janvier, pendant toute la nuit, les mitrailleuses ennemies tirent régulièrement toutes les demi-heures une dizaine de cartouches sur le front de la Cie qui est au Plateau.
◦ Le 4 janvier, un poste d'écoute téléphonique est installé dans le secteur Rajon–Filippi. Le lendemain à16h30 au ravin de la Baraquette, alors que le 2e Btn est au repos, un soldat sort une caisse de grenades Besozzi et tombe. La caisse explose tuant un caporal et blessant six soldats de la 5e Cie dont le maréchal des logis.

◦ Le 6 janvier vers 22h, une patrouille allemande se dirigeant vers le petit poste de gauche de la Dent Filippi, est reçue à coups de fusils et de grenades.
◦ Le 8 janvier à 18h45, à la suite d'un tir de canon de 58 mm du Régiment, l'ennemi riposte en envoyant une torpille dans le secteur du Verger tuant deux hommes d'un petit poste. Aucune conversation allemande n'est surprise au poste d'écoute de Philippi.
◦ Le 9 janvier à 13h15, un ballon observateur Dracken s'élève dans les lignes ennemies d'un point situé au nord des derniers bâtiments nord de Fay. La tombée de la nuit ne permet pas d'observer la descente du ballon.

◦ Le 10 janvier à 9h30, le Génie fait jouer un camouflet dans la région de Jeanny avec des résultats qui paraissent satisfaisants. On remarque une fumée intense qui se dégage par instant d'une tranchée de première ligne ennemie, sur la pente nord du ravin Fontaine-Fay. Cette tranchée semble pourtant n'avoir jamais été atteinte par l'Artillerie française.
◦ Le 12 janvier vers 16h, deux bombes de 50 kg tombent sur les emplacements ennemis de trois minenwerfer devant la ferme de Fay, et semblent les avoir mis hors de combat. Le lendemain vers 2 h, le petit poste de la corne sud de Payan occupé par un caporal et quatre hommes, est l'objet d'un coup de main d'une huitaine d'ennemis ; mais celui-ci est éventé dès sa sortie du parapet, et est arrêté par la fusillade qui l'oblige à rentrer précipitamment dans sa tranchée.

◦ La nuit du 13 au 14 janvier est calme. Par deux fois une patrouille allemande évaluée à cinq hommes tente de sortir de sa tranchée en avant de la partie sud-ouest du saillant Payan, mais sans succès. Dès lors, le front Payan-Bois Touffu est occupé par trois Cies au lieu de deux ; la 4e Cie du Btn occupant ce secteur est maintenue au Bois des Cuisines.

◦ À la tombée de la nuit du 16, le Génie fait jouer un camouflet en avant de la Dent Filippi avec des résultats qui semblent satisfaisants. À 22h, les Allemands lancent une fusée multicolore à la nuit de laquelle une patrouille de quatre hommes sort de sa ligne face à la Dent Filippi et se dirige sur le petit poste du Régiment au sud de la Dent Filippi en lançant des grenades. Le petit poste riposte par des coups de fusils et des grenades et la met en fuite. Presque aussitôt les Allemands lancent deux boîtes à mitraille sur la Dent Filippi.
◦ Le 17 janvier à 2h 30 du matin, une autre patrouille allemande tente une attaque à la grenade sur le petit poste au nord de l'extrémité de la Dent Filippi. Ce petit poste parvient également à repousser la patrouille ennemie au moyen de grenades.
◦ Le 19 janvier à 4h, le Génie fait joue un camouflet entre le saillant sud de Payan et Rajon. Un coup de main est tenté par une patrouille de la 7e Cie sur le petit poste ennemi de la corne nord-est du Bois Touffu. L'opération échoue par suite de la forte occupation des premières lignes allemandes. Les jours suivants, en riposte au camouflet du Génie du 36e RI, les bombes et les fusillades allemandes s'acharnent sur les tranchées françaises.

◦ Le 24 janvier vers 23h, une patrouille ennemie est vue dans le secteur du Verger au niveau du boyau du Bois Carré. Elle est dispersée par le feu des sentinelles. Une demi-heure plus tard, une deuxième patrouille allemande au sud du Payan est dispersée de la même façon.
◦ Le 25 janvier, après une fusillade intermittente, quelques torpilles tombent sur la tranchée Joli, et au Verger. Le bombardement est assez violent mais un peu moins que la veille. Une patrouille de la 8e Cie ayant rencontré une patrouille allemande de trois hommes sur sa gauche, tente de l'intercepter, mais les Allemands s'enfuient, leur mouvement ayant été dévoilé par la lueur d'une fumée partie des lignes allemandes. À 15h15, les canons de 58 mm lancent dix bombes sur le cratère devant Filippi. Même tir à 19h30 avec neuf bombes de 16 kg. D'épaisses et nombreuses fumées s'élèvent dans les premières lignes allemandes du côté de Fay.

◦ Le 26 janvier entre minuit et une heure, un feu jaune-rouge fixe d'abord puis mobile, est aperçu semblant provenir d'une lanterne de signalisation, en direction du petit poste allemand de la mitrailleuse située en face Filippi.
......... À 8h10 à 8h15, un tir de 58 avec 12 bombes de 16kg est effectué sur le cratère de la Dent de Filippi.
.......... Vers 21h30, une patrouille allemande ayant tenté de sortir devant Payan sud est dispersée par le feu du petit poste du Régiment.
◦ Le 27 janvier à 2h du matin, un bruit de voitures est très marqué dans la direction de la sortie sud-est de Fay.
.......... À 5h, une des mitrailleuses du 36e RI fait taire la mitrailleuse ennemie de la Dent de Filippi qui tirait dans la direction de la route de Foucaucourt.
.......... À 8h , douze bombes de 16 kg sont lancées sur un petit poste allemand du bois Triangulaire. On observe des fumées sur toute la ligne ennemie, avec un renforcement des ouvrages allemands de la Dent de Filippi en particulier l'abri où se trouve la mitrailleuse qui a été touchée le matin.
.......... À 17h15, l'ennemi envoie quatre bombes venant du nord-est de Fay sur le boyau de Galles, tuant un sergent et un caporal et blessant légèrement un adjudant et un soldat. L'artillerie du 36e RI exécute un tir de représailles sur le bois Triangulaire avec quinze explosifs. Un minenwerfer ennemi est repéré au sud-ouest du bois des Fermes.

◦ Le 28 janvier, la nuit est agitée avec de nombreux coups de fusils et grenades. Les travailleurs plaçant du fil fer sur la pente sud de la Dent de Filippi doivent cesser le travail à trois reprises successives surpris par une fusillade ennemie répétée ; devant les tranchées Jeanny, un seul réseau Brun a pu être placé, l'ennemi tirant continuellement tout en envoyant de nombreuses fusées. À 7h30, tout le réseau est soumis à un violent bombardement avec projection de tous calibres et obus lacrymogènes. Le bombardement est principalement dirigé sur la ligne de soutien, au bois des Cuisines, à Foucaucourt et aux abords immédiat du PC du Colonel commandant le groupement Jèze dans le ravin situé à 200 mètres au nord de Foucaucourt et sur les hauteurs de la Baraquette ; le bombardement est irrégulier et se termine à 17h. Les Français ripostent avec 41 bombes Cellerier qui sont tirées sur les ouvrages blancs au sud de Filippi. Les tranchées Payan, Rajon ont peu souffert ; celles du bois Touffu et le Ravin sont détériorées ainsi que celles du secteur de Filippi, en particulier la tranchée Joli.

◦ La nuit du 28 au 29 janvier est calme. Les réseaux de fil de fer et les tranchées sont remis en état .
.......... De 13h à 17h30, nouveau bombardement ennemi sur tout le groupement Jèze avec des alternatives d'intensité et d'accalmie.
.......... Vers 22h45, deux patrouilles du 36e RI en mission à la lisière du Bois Touffu et dans le Verger, entendent un convoi à trois ou quatre kilomètres dans la direction de Fay, le roulement semble indiquer un convoi d'artillerie.
.......... À 23h50, trois torpilles tombent dans le boyau de Galles, sans pertes ni dégâts importants.
◦ Le mois de janvier se termine avec un total de 10 tués et de 43 blessés.

• 1916... mois de février et mars …
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◦ Le 1er février à19h20, une patrouille ennemie tente un coup de main sur le petit poste de Payan sud ; elle est arrêtée par une fusillade et un jet de grenades. Le brouillard épais n'a pas permis d'évaluer l'effectif de cette patrouille. Un tir de seize bombes Cellerier et dix bombes Aasen est effectué sur les tranchées allemandes au point 580 à l'ouest de la ferme de Fay.
◦ Le 3 février, Louis LABAT et ses camarades supportent la canonnade intermittente des deux côtés du front. Dans l'après-midi à 17h, un fourneau ennemi explose. Il provoque une entonnoir en forme d'une ellipse situé à 25 mètres du saillant sud de Payan. Le petit poste du saillant sud de Payan est détruit et les tranchées y accédant sont re-comblées sur 15 à 20 mètres bouchant l'entrée d'une des galerie. Six hommes sont ensevelis par les terres provenant de l'entonnoir. Heureusement les écouteurs du Génie venaient de quitter le réseau Payan-Rajon pour faire leur rapport quotidien au PC. La relève des travailleurs allait se faire, le Génie n'a donc aucune perte. Un petit poste est immédiatement organisé à l'emplacement de l'ancien, des boyaux d'accès sont creusés en hâte par les sapeurs du Génie, pendant que des travailleurs d'infanterie organisent la position avec leur aide.

◦ Dans la soirée du 4 février à 20h, un tir de 75 déclenché sur un convoi de ravitailleurs dans Fay, a pour effet de faire fuir le convoi dans la direction nord-est.
◦ Le 5 février vers 11h15, un avion allemand après un combat avec un avion français, un peu au nord de Foucaucourt, est vu au PC du 36e RI s'abattant rapidement en s'enfuyant dans la direction nord-est, il paraît atteint car il laisse échapper une fumée à l'arrière . La 4e Bde aussitôt prévenu, reçoit l'ordre de diriger un tir progressif dans la direction de chute qui lui a été indiquée. Les Cies du 36e RI alternent les relèves avec le 129e RI et le 26e RIT. Louis LABAT cantonne à Rainecourt ou à la Baraquette,
◦ Jusqu'au 14 février, les bombardements et tirs et représailles se succèdent de part et d'autres. C'est la bataille des fourneaux. Les Allemands, très méthodiques, lancent toujours des fusées blanches après le tir des mortiers de tranchées français et enchainent avec un tir de 77 et de 88.

◦ Du 15 au 16 mars, Louis LABAT après un court passage à l'ouest d'Amiens, effectue des randonnées sous la neige par Briquemesnil, La Neuville-Saint-Pierre, Lieuvillers, Rouvillers, Hémévilliers. Les marches portent le 36e RI au nord de Compiègne à Thourotte, Mélicocq, Chevincourt, Élincourt-Sainte-Marguerite. De ces cantonnements, les Cies s'en vont chaque jour en avant et creusent des tranchées sous les ordres de la Division Marocaine et organisent le secteur au nord de Compiègne, entre Mareuil-la-Motte et Cambrone-lès-Ribecourt: le Plateau de Saint-Claude, la ferme de La Cense, les villages de Cambrone-lès-Ribecourt et de Béthancourt au nord de Thourotte.

◦ Le 20 mars, l'État-Major du 36e RI, le peloton de pionniers-bombardiers et la Musique, quittent Chevincourt dans l'après-midi et vont s'installer à Élincourt.
◦ Le 26 mars 1916, le 36e RI est rappelé brusquement en arrière.
◦ Le 28 mars, Louis LABAT s'embarque en chemin de fer pour la région de Verdun. Les Allemands ont lancé une gigantesque attaque sur Verdun le 21 février, et les Français surpris doivent envoyer en urgence des renforts. Descendus à Sainte-Menehould, les Bataillons s'en vont au sud par étapes pour arriver le 30 mars, à Bettencourt-la-Longue, Villers-le-Sec et Neuville -sur-Ornain.
◦ Pour les mois de février et mars les pertes sont de 4 tués et 22 blessés.

• 1916... mois d'avril….
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◦ Le 2 avril à 21h, « Alertes ! » : le 36e RI quitte précipitamment en auto-camions son cantonnement et est conduit à Verdun.
◦ Le 3 avril à 3h, Louis LABAT arrive à Verdun et va s'installer dans la caserne de Béveaux, près de Fort Regret, au sud de Verdun. Partout alentour, c'est la canonnade effroyable des batteries allemandes auxquelles celles des Français s'efforcent de répondre, et surtout, ce sont les déprimants ''on dit'' qui décrivent le champ de bataille comme un champ de mort. Mais le moral du 36e RI tient bon : ''on en a vu d'autres''.
◦ Les jours suivants, Louis LABAT est dirigé au nord de Verdun. Le 36e RI se porte sur le secteur de Vaux-Chapitre où le 6 avril il s'installe dans les Carrières du bois de Vaux-Chapitre, le bois de la Caillette et les tranchées longeant les Carrières sur la route Souville → Vaux, au moment où la bataille de Verdun bat son plein.

◦ Le 11 avril, alors que depuis la veille, le 36e RI est sur le front en première ligne dans la tranchée d'Hauteville au sud de Douaumont, il se produit une puissante attaque ennemie. De grande envergure, cette attaque englobe tout le front de Verdun. Mais disloquée par les feux français, rejetée à la baïonnette là où elle peut aborder, elle sera un sanglant échec pour les Allemands et méritera aux troupes qui auront contenu l'attaque, ce remerciement du Gl Pétain : « Bravo, mes camarades, vous avez barré la route de Verdun ».
.......... À 16h, l'ennemi attaque sur la partie nord-ouest de la tranchée d'Hauteville et sur la tranchée d'Aubry où se trouve le 2e Btn, mais les positions sont maintenus.
.......... La droite du 1er Btn soutient à 17 h une attaque ennemie à la grenade sur la partie de la tranchée du Col. Driant la plus rapprochée de la ligne allemande. L'attaque est repoussée. La 9e Cie vient en réserve au remblai du chemin de fer.
.......... À 19h, une attaque partielle de l'ennemi se déclenche sur les 11e et 12e Cie. Un combat à la grenade de courte durée fait reprendre quelques mètres de tranchées ennemies.
◦ Le 12 avril à 22h30, une contre-attaque du 36e et du 129e RI sur la tranchée Morchée se solde par un échec.
◦ Le 13 avril, les 9e et 10e Cies reviennent aux Carrières de Vaux-Chapitre. Les tranchées du 36e RI de première et deuxième lignes sont bombardées sévèrement. Les 11e et 12e Cies viennent renforcer la deuxième ligne.
◦ Le 14 avril, le 36e RI reçoit l'ordre d'attaquer sur le plateau sud-est du fort de Douaumont. Les tirs de l'artillerie française sont peu précis avec un temps trop couvert qui rend la visibilité défectueuse. L'attaque est retardée de 24 h. Les 1er et 2e Btns restent en première ligne. En neuf jours, la tranchée Morchée est passée trois fois d'un camp à l'autre. Elle reste aux mains de l'ennemi. Le fort de Vaux et ses abords sont pilonnés sans relâche. Les 11e et 12e Cies regagnent les Carrières.

◦ Le 15 avril au matin, les 1er et 2e Btns sont prêts pour l'assaut. À 18h10, les vagues d'assaut s'élancent dans la fumée produite par le bombardement de préparation de l'Artillerie du Régiment :
.......... Pour le 1er Btn à droite : deux sections de la 2e Cie Dapoigny partent en première vague, un groupe de grenadiers attaque le petit poste allemand du chemin creux.
.................... à 18h15, la 4e Cie arrive jusqu'à la tranchée ennemie.
.................... à 18h30, un fortin non détruit par l'Artillerie arrête net la progression de la 2e Cie qui après des pertes très fortes doit venir se reconstituer dans la tranchée de départ.
.................... à 19h, après deux échecs une troisième tentative est engagée en vain par les éléments de la 2e Cie renforcés par deux sections de la 1ère Cie. À gauche, la 3e Cie Marcon est sortie de la tranchée, sa première vague ne peut que parcourir une trentaine de mètres. Elle s'accroche au terrain ; elle vient de perdre deux chefs de sections et trente hommes.
.................... à 21h, le 1er Bn reprend l'attaque sous l'énergique impulsion du Cap Schaffer et du Cap Debieux. La 2e Cie renforcée par un peloton de la 9e Cie enlève en face de la tranchée du Col Driant, la tranchée ennemie d.b.. La 3e Cie appuyée par le tir des mitrailleuses reprend son mouvement sur la tranchée ennemie m.d. contigüe. La 2e Cie est obligée de rentrer dans sa tranchée de départ pendant que la 3e Cie reste cramponnée au terrain. Les 4e et 5e Cies chargent et emportent les deux premières lignes de tranchées ennemies. Le 36e RI avec des éléments du 12e RI vient d'enlever cent soixante prisonniers et deux mitrailleuses.
.......... Pour le 2e Btn à gauche :
.................... la 6e Cie dépassant les deux lignes reprises par les 4e et 5e Cies, se reporte dans la deuxième ligne où elle s'organise en liaison avec l'attaque du centre. Elle établit une barricade dans le boyau allant vers l'ennemi.
.................... la 7e Cie s'empare de la barricade allemande mais l'ennemi s'est renforcé et l'oblige à se replier derrière la barricade édifiée par la 6e Cie. Une section d'une Cie du 120e RI vient comblé le vide qui s'est formé entre les 6e et 7e Cies.
.......... Pour le 3e Btn est resté en réserve :
.................... à 18h15, les 11e et 12e Cies occupent les tranchées du Col. Driant et Hauteville après les vagues d'assaut des 1er et 2e Btns, prêts à intervenir.
.................... après 20h, la 9e Cie envoie un peloton en renfort vers la 2e Cie et l'autre vers le 2e Btn.

◦ Le 16 avril, Louis LABAT cantonne au faubourg Pavé, au nord de Verdun. Le 2e Btn arrive dans la matinée ; le 1er et 3e Btn y parviennent en début de soirée.
◦ Le 17 avril, le 36e RI est rassemblé à Dugny. Un repos lui est nécessaire pour réparer ses pertes, hélas lourdes !
◦ Le 22 avril, il est emmené en auto-camions dans les cantonnements de Montplonne pour le 1er Btn et Tannois pour les 2e et 3e Btns, au sud de Bar le Duc.
◦ Le 25 avril, les officiers et sous-officiers de la Division reçoivent un cours sur l'utilisation du fusil-mitrailleur.

• 1916... mois de mai ….
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◦ Alors que la bataille de Verdun fait rage depuis le 21 février 1916, le 1er mai, Foch nomme le Général Nivelle pour diriger la bataille en remplacement du Général Pétain, trop soucieux d'épargner la vie des hommes et donc jugé pas assez offensif. Le Gl Nivelle charge le Gl Mangin de la 5e Div, de reprendre le fort de Douaumont.
◦ Le 13 mai, le Gl Mangin fixe définitivement la tactique à adopter. L'offensive est prévue pour le 22 mai avec la 5e Div (36e, 74e, 129e et 274e RI) appuyée par la 36e Div (18e, 34e, 49e et 218e RI) et une puissante préparation d'artillerie. Curieusement le Gl Nivelle rend publique le projet d'attaque, ce qui immanquablement alerte les Allemands...

◦ Le 15 mai, Louis LABAT défile devant l'Etat-Major de la 5e Div où le 36e RI est passé en revue sur le plateau au nord du bois de Charmois, avec remise de décorations.
◦ Le 18 mai, l'EM du 36e RI et le 1er Btn quittent Montplonne à 5h pour aller à Tannois où ils embarquent en auto-camions avec le 3e Btn et deux Cies de Mitrailleuses. Arrivés à Dugny-sur-Meuse au sud de Verdun à 13h, ils montent vers le front à 17h, où la 5e Div Mangin doit occuper les tranchées en avant de Douaumont. Dans le dispositif, le 36e RI est à gauche, ayant le 3e Btn en ligne, soutenu par le 1er Btn ; le 2e Btn étant à la disposition du 129e RI à droite. Le 36e RI a pour mission de reconquérir la tranchée Morchée et du Bonnet d'Évêque, un ouvrage situé entre la ferme de Thiaumont et le fort de Douaumont. Le Col Jèze du 36e RI, arrive à 23h pour prendre le commandement du secteur le lendemain à 8h.

◦ Le 19 mai Louis LABAT est dans les tranchées au sud du fort de Douaumont qui est entre les mains des Allemands depuis le 25 février . À 1h, le 3e Btn est porté en première ligne au sud-ouest du fort de Douaumont ; il remplace les éléments du 57e RI dans la tranchée Coudère, la tranchée Dumoulin et la tranchée Carrié. L'Etat-Major du 36e RI est à l'abri de la caverne de Douaumont (abri 320), construit près de l'ouvrage de Thiaumont. La 1ère et la 9e Cie sont dans la tranchée Huver et l'ouvrage des batteries. La 2e Cie est à la redoute de Fleury. La 4e Cie est à Fleury. Chaque Cie a avec elle une section de mitrailleurs. Le 2e Btn occupe la caserne de Béveaux, au sud de Verdun.
▪ Le 20 mai, le 2e Btn monte vers le front et gagne Fleury où il procède au creusement des parallèles de départ. Alors que l'artillerie française pilonne le fort de Douaumont, les Allemands déclenchent une contre-préparation d'artillerie qui très vite surpasse l'artillerie française. Cette supériorité du feu allemand rend l'offensive française périlleuse.

◦ Le 21 mai à 20h15, la 1ère Cie et la 3e Cie occupent l'ouvrage des batteries, la 2e Cie se porte à la tranchée Huver avec une Cie de mitrailleuses dans l'abri de gauche; la 4e Cie est dans la tranchée de soutènement Huver.
.......... La 7e Cie du 2e Btn se porte à 0h30 dans la tranchée des Chasseurs à la disposition du 129e RI. Le 1er Btn est venu occuper les tranchées occupées par le 3e Btn avant l'attaque.
.......... À 5h, des avions allemands survolent les lignes françaises en toute tranquillité ; ils permettent de régler le tir de l'artillerie ennemie qui exécute alors un bombardement d'une grande précision sur les premières lignes, causant de lourdes pertes.
.......... À 13h, la 8e Cie est envoyée en renfort auprès du 129e RI. Malgré le tir de barrage ennemie, elle parvient à franchir les six cents mètres qui la séparent des premières lignes sans subir trop de pertes et arrive à 14h30 dans les fossés au sud-ouest du fort de Douaumont. Le Cap Percin retrouve le Lnt de Musay, dont les combattants du 129e RI avec l'aide du 3e Génie tentent de forcer l'entrée du fort à coup de grenades. Mais plusieurs mitrailleuses ennemies bien placées rendent la tâche périlleuse. Tous les hommes encore valides se mettent à creuser des éléments de tranchée sur deux cents mètres, allant du saillant nord-ouest, longeant la paroi et s'arrêtant vers l'entrée du fort.
.......... Les pertes très sérieuses et le bombardement intensif de la première ligne obligent les hommes à revenir aux positions d'avant l'attaque.

◦ Le 22 mai, Le jour se lève sur un ciel sans nuage, présageant une magnifique journée de printemps. L'attaque va être lancée.
.......... À partir de 6h, l'Artillerie bombarde violemment le fort de Douaumont avec de gros obus de 280 mm.
.......... À 11h50, l'Artillerie allonge le tir. Le barrage des canons de 75 se déclenche et vient s'abattre juste devant les positions françaises. Malgré le bombardement allemand qui n'a pas cessé de son côté, l'attaque est lancée : le clairon Lecourtier sonnant la charge, le 3e Btn du 36e RI s'élance à travers les obus allemands en direction de la tranchée Morchée. Les premiers combattants tombent, mais le barrage roulant de 75 est parfaitement ajusté et redonne du courage aux hommes.
▪ À 13h, le 3e Btn repart à l'assaut et s'empare des tranchées Morchée et du Bonnet d'Evêque. Cent cinquante prisonniers allemands sont envoyés vers l'arrière et de nombreux autres tentant de rejoindre le fort de Douaumont sont abattus. Cependant les pertes sont trop sérieuses pour toutes les unités des différents régiments engagés: la plupart des officiers et sous-officiers ont été tués ou grièvement blessés. Par une brèche du fossé du fort sud-ouest-nord-ouest, quelques éléments de la 8e Cie forcent le passage et rejoignent les troupes du 129e et du 74e RI qui ont pu pénétrer dans le fort par l'angle sud-ouest. La plus grande partie du fort est reprise, sauf les parties nord et nord-est où les mitrailleuses ennemies solidement implantées obligent les Français à rétrograder.
.......... Vers 17h, l'ennemi déclenche une furieuse contre-attaque qui est repoussée. Les combats se poursuivent dans la cour intérieure du fort, l'intérieur des bâtiments restant aux mains des Allemands.
.......... Pendant la nuit, l'artillerie allemande arrose le dessus du fort avec des obus de petits calibres ; les bataillons du 74e RI et du 36e RI qui s'y trouvent ont de lourdes pertes. Néanmoins ils s'organisent et y creusent des tranchées de défense.

▪ Le 23 mai, alors que la tranchée Morchée doit être évacuée, le 3e Btn a repris ses positions d'avant l'attaque. Une Cie du 34e RI et une autre du 49e RI viennent renforcer le 36e RI sous un bombardement excessivement violent. Ils occupent la tranchée Carrié à droite, la tranchée Dumoulin au centre et la tranchée Coudère à gauche. Mais l'ennemi qui a repris la tranchée Morchée et celle du Bonnet d'Évêque, paralysent les mouvements dans ce secteur.
.......... Dès 9 h, les Allemands bombardent avec force les nouvelles positions tenues par les Français et le fort lui-même. Les pertes continuent à s'accroître de manière inquiétante. Dès lors, la reprise complète du fort de Douaumont paraît impossible.
.......... Vers midi, une nouvelle contre-attaque allemande sur le dépôt et la tranchée construite le long de la superstructure du fort ne parvient pas à déloger les unités françaises qui sont à bout de force.
.......... Toute l'après-midi, les éléments des 129e, 36e et du 74e RI tentent de se maintenir dans le chaos, écrasés sous le feu des fantassins et de l'artillerie allemande, l'épuisement et la soif venant accroître leur calvaire. Alors que les renforts français ne parviennent que très difficilement, l'ennemi lance une contre-attaque enveloppante, venant du nord et du nord-est, de la tranchée Morchée à la tranchée des Hongrois ; cette attaque ne réussit pas à refouler les Français.
.......... Au soir, le bilan des pertes françaises de la journée est terrible. Partout, devant et derrière, les sifflets des blessés retentissent mais malheureusement personne ne peut leur venir en aide.

◦ Le 24 mai 1916 au matin, décimé par le feu ennemi, harassé par la soif, le 36e RI est relevé entre 2h et 4h par des unités du 18e RI et regagne Dugny. Là, les camarades apprennent que la 8e Cie du 2e Btn détachée au 129e RI, a mérité une proposition de citation à l'Ordre de l'Armée pour l'entrain et la vigueur avec lesquels elle s'est précipitée dans le fort lui même. Au cours de la journée, les Allemands reprennent méthodiquement les tranchées perdues, faisant de nombreuses victimes et deux mille prisonniers. L'attaque française pour la reprise du fort est un échec.

◦ perte du 18 au 24 mai : pour les officiers : 8 tués, 24 blessés et un disparu; pour la troupe : 167 tués, 646 blessés et 458 disparus.
◦ Le 25 mai, Louis LABAT quitte le front de Verdun. Le 36e RI est embarqué en autos et transporté à Bazincourt-sur-Saulx pour le 3e et le 2e Btn, le 1er Btn à La Houpette, au sud de Bar-le-Duc.

• 1916... mois de juin ….
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◦ Pendant ce mois de juin, le 36e RI est reconstitué : trois bataillons à trois compagnies plus une compagnie de mitrailleurs, au lieu de quatre compagnies. Les 4e, 8e et 12e Cies sont versées dans les autres Cies et seront reformées au Dépôt de la Division.
◦ Le 22 juin, Louis LABAT quitte son cantonnement. Le 36e RI est transporté en auto-camions dans la région Sud de Verdun, pour aller sur le front des Éparges et occuper au milieu des bois le secteur de Mouilly, puis de la Tranchée de Calonne.
◦ Le 24 juin, le 2e Btn débarque à Ancemont et prend les tranchées de première ligne dans le secteur de Mouilly au sous-secteur dit centre de la Victoire.
◦ Le 25 juin, le 3e Btn débarqué à Ancemont, prend les tranchées de première ligne au sous-secteur dit centre du Ravin. Le 1er Btn est en réserve de secteur au village de Mouilly. Le PC de l'EM est à la Sablière dans le Bois des Corres.
◦ Le 30 juin, le 2e Btn rentre au repos à Mouilly pendant que le 1er Btn prend les tranchées de première ligne dans le secteur du centre de la Victoire.
◦ Perte du mois de juin en Woëvre : 2 tués et 13 blessés.

• 1916... mois de juillet et août ….
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◦ Pendant les mois de juillet et août, les trois bataillons du 36e RI alternent les relèves entre Mouilly, le Centre du Ravin et le Centre de la Victoire et le Quartier Turin. Il enregistre 18 tués et 58 blessés.

• 1916... mois de septembre ….
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◦ Pendant le mois de septembre, Louis LABAT est toujours dans le secteur difficile des Éparges. Les bataillons du 36e RI, occupent alternativement les différents quartiers du front entre Mouilly et les Éparges : Quartier Turin, Quartier Venise et la Côte de Senoux. Ils cantonnent à Rupt-en-Woëvre et au bois des Trois-Monts.
▪ Le 13 septembre, la 6e Cie va relever la 2e Cie du 108e RIT dans le secteur de la Courtine, entre Amblonville et la cote de Senoux.
▪ Le 20 septembre, la grande activité des minenwerfer allemands dans le Quartier Venise cause un tué et quatre blessés plus quatre blessés non évacués.

• 1916... mois d'octobre …
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◦ Le 1er et le 2 octobre, Louis LABAT est de nouveau sur le front. Le 36e RI monte en ligne. Le 2e Btn occupe le Quartier de la Crête, le 3e Btn le Quartier Morvan et le 1er Btn le Quartier du Bois Joli. Commence alors une période fatigante et pénible. Sous un ciel uniformément gris, le terrain a un aspect lugubre, bouleversé par les explosions de mines, de torpilles, suintant l'eau par des milliers de sources qui transforment les boyaux en torrents, les éléments de tranchées en bourbiers, les quelques abris en humides glacières.
◦ Le 3 octobre, dans la nuit deux déserteurs allemands se présentent au 2e Btn sur la Crête des Éparges : ceux sont deux Polonais appartenant au 47e Régiment Prussien. Mais l'ennemi garde la supériorité de la situation et ne cesse, jour et nuit, de bombarder les voies d'accès françaises. Les soldats du 36e RI doivent supporter les longues veillées au bord des entonnoirs, large comme des cratères sur un terrain qui est miné et qui peut engloutir d'un moment à l'autre, les pieds dans la vase croupissante, les membres engourdis par le froid, dans l'attente continuelle de la torpille ennemie malheureuse.

◦ Le 8 octobre à 21h15, dans le Quartier Crête une patrouille allemande de cinq hommes s'avance vers les points M et N ; elle est repoussée à coup de grenades, car les fusils et les fusils-mitrailleurs sont englués de boue.
◦ Du 9 au 12 octobre, le 36e RI est relevé par le 129e RI. Louis LABAT et ses camarades vont cantonner à Trois Monts, Rupt et Génicourt.
◦ Le 13 au 20 octobre, le 36e RI relève le 74e RI réparti au Quartier Turin, Bois des Cores, Mouilly, Quartier Venise et le Quartier Namur.
◦ Du 21 au 24, il est relevé par le 129e RI, et cantonne à Génicourt, Rupt et Trois Monts.
◦ Les 25 et 26 octobre, le 36e RI relève le 74e RI dans les Quartier Bois Joli, Crête et Morvan sur la Butte de Montgirmont.
◦ Le 27 octobre, le 36e RI et le 129e RI se relèvent alternativement tous les 8 jours.

◦ Le 28 octobre de 15 à 17h, un très violent bombardement par 408 torpilles tombent dans les régions C et X, le Quartier Bois Joli provoquant de gros dégâts matériels, boyaux sont bouleversés mais les pertes humaines heureusement nulles. Le capitaine chargé des mines signale que pendant le bombardement, les écouteurs ont perçu nettement des bruits souterrains. Il en conclut que l'ennemi a cherché à gêner les écoutes dans cette région pour avancer son travail de minage, et agrandir les chambres pour fourneaux ; il faut s'attendre à une explosion dans la région du point C dans le Quartier Crête.
◦ Le 29 octobre est une journée assez calme. Une cinquantaine de torpilles tombent sur le Quartier Bois Joli, sans perte.
◦ Le 31 octobre de 16 à 19h, un très violent bombardement par torpilles fait des dégâts dans les régions C et X causant deux tués et six blessés. Dans la nuit, le 2e Btn Deligny du 36e RI du Quartier Morvan relève le 3e Btn Casterau au Quartier Bois Joli.
◦ Pertes du mois: 4 tués, 15 blessés et 5 disparus.

• 1916... mois de novembre et décembre …
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◦ Pendant les mois de novembre et décembre, Louis LABAT reste aux Éparges. Le 36e RI poursuit ses relèves avec le 129e RI. Il cantonne aux Trois Monts, Génicourt et Rupt et tient le front dans la zone des Éparges, aux Quartiers Bois Joli, Crête et Morvan.
▪ Le 19 novembre vers 17h50, une patrouille ennemie de quinze hommes tente de pénétrer aux abords du point C ; elle est repoussée à coups de fusil.
▪ Le 4 décembre, les Allemands tentent plusieurs opérations :
.......... entre 0h30 et 0h40, une patrouille ennemie est repoussée à deux reprises au Quartier Bois Joli.
.......... à 2h10, deux patrouilles ennemie de dix et six hommes tentent d'encercler le Petit Poste du Quartier Bois Joli, sans résultat.
.........une double tentative à 3h15 et une autre à 18h15 faite par une trentaine d'ennemis n'a pas plus de succès.
◦ Pertes de novembre et décembre : 5 tués et 7 blessés.

• 1917... mois de janvier et février …
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◦ Du 1er au 30 janvier, le 36e RI poursuit les relèves avec le 129e RI dans les mêmes secteurs.
◦ Le 16 janvier, les Allemands font exploser un fourneau de mine. Le lendemain ils bombardent l'entonnoir avec des obus et des torpilles causant un tué et cinq blessés.
◦ Le 31 janvier 1917, Louis LABAT change de régiment : il est dirigé sur le dépôt du 74e RI de la 9e Bde, dans la même 5e Div. Le 74e RI se trouve ce jour-là dans la zone de Mouilly, dans les Quartiers Venise, Namur et Turin.

◦ Les 9 et 10 février, le 1er Btn du 74e RI va cantonner à Ancemont et le 3e Btn à Sommedieue. Le 2e Btn embarque à la gare de Dugny, probablement avec Louis LABAT et débarque à Houdelaincourt où il sera rejoint par les 3e et 1er Btns le 12 février.
◦ Jusqu'à la fin du mois février, le 74e RI procède à des travaux de propreté et des manœuvres aux environs de Bonnet et dans le camp d'instruction de Gondrecourt.
◦ Le 26 février, le 1er Btn quitte Bonnet pour aller cantonner à Baudignécourt, et le 3e Btn pour aller à Houdelaincourt.
◦ Les 27 et 28 février, louis LABAT effectue les manœuvres du 74e RI avec la 9e Bde dans le camp de Gondrecourt.

• 1916... mois de mars ...
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◦ Le 2 mars, Louis LABAT participe aux manœuvres de la 5e Div dans le même camp.
◦ Les 3 et 4 mars sont consacrés aux travaux de propreté et au repos.
◦ Le 5 mars, les hommes effectuent une marche de la 5e Div, avec cantonnement à Bovée pour les 2e et 3e Btns et à Broussey-en-Blois pour le 1er Btn.
◦ Le 6 mars, de nouveau travaux de propreté et repos.
◦ Le 7 mars, retour du 74e RI pour effectuer des manœuvres de Division à Gondrecourt.

◦ Du 8 au 11, le Régiment s'adonne au nettoyage, propreté et exercices de détail ainsi qu'à des tirs de lancement de grenades.
◦ Le 12 mars à 7h45, le 74e RI se rend à Montbras et Taillancourt pour le 3e Btn, à Burey-la-Cote pour le 2e Btn et à Maxey-sur-Vairse pour le 1er Btn.
◦ Le 13 mars, il change de cantonnement : le 1er Btn à Jolivet, le 2e Btn, 5e Cie à Lunéville, 8e et 7e Cie à Croismare, le 3e Btn, 9e et 11e Cies, à Crion et la 10e Cie à Sionvillers.
◦ Le 14 mars, nettoyage des cantonnements, travaux de propreté, repos l'après-midi.
◦ Les 15 et 16 et 17 mars, les Cies des 1er, 2e et 3e Btns sont mises à la disposition du service téléphonique du Génie et de l'Artillerie pour des travaux à exécuter journellement.
◦ Les 18 et 19 mars, travaux de propreté, repos l'après-midi. La 9e Cie cantonnée à Crion est employée à la construction de positions de batteries de tir, puis il cantonne dans l'après-midi à Croismare.

◦ Les 20 au 23 mars, continuation des travaux. La 5e Cie cantonnée à Lunéville, est mise à disposition pour être employée à la construction de positions de batteries contre les tanks. En conséquence un peloton de la 5e Cie va cantonner à Domjevin et l'autre peloton au camp de Saint-Nicolas.
◦ Le 24 mars, le 74e RI part cantonner : le 1er Btn à Xermaménil, le 2e Btn à Rehainviller et le 3e Btn à Mont-sur-Meurthe.
◦ Les 25 et 26 mars, nettoyage des cantonnements.
◦ Le 27 mars, le 74e RI embarque à la gare de Blainville à partir de minuit.
◦ Le 29 mars, Louis LABAT arrive à la gare de Sézanne, et va cantonner à quelques kilomètres à l'ouest de Montmirail, au nord de Sézanne.

◦ Le 30 mars, Louis LABAT change de nouveau de régiment : il passe au 1er Régiment de Marche de Zouaves (RMZ) (8*) qui fait partie de la 48e Div. Depuis le mois de février 1917, le 1er RMZ occupe le secteur de la Moselle à la forêt de Facq. Du haut de Xon, il surveille les vallées de la Moselle et de la Seille et signale à Nancy les avions ennemis prenant leur vol sur la base aérienne allemande de Metz-Frescaty. Le 1er RMZ est en instruction et manœuvres dans les alentours de ses cantonnements. Le 1er RMZ est composé des trois bataillons : le 4e Btn, le 5e Btn et le 11e Btn.

• 1917... mois d'avril …
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◦ Le 8 avril, Louis LABAT est à Toul où le 1er RMZ cantonne. Le 4e Btn est à Fontenoy-sur-Moselle, le 5e Btn à Aingeray et le 11e Btn à Jaillon.
◦ Le 15 avril, le 1er RMZ apprend qu'il doit faire mouvement pour se mettre à la disposition de la 67e Div: il se porte alors dans la région de Saint-Jean à un kilomètre au nord de Martincourt, pour être employé à l'exécution des travaux de construction de batteries et de lignes téléphoniques enterrées.
.......... À10h, à un kilomètre au nord de Manoncourt a lieu la cérémonie de présentation du nouveau commandant, le Lnt-Col Poirel, devant les Unités du Régiment, par le Colonel Ducrot, commandant la 48e Div. Après cette prise d'armes, le Régiment défile en colonne par quatre sur la route de Manoncourt à Tremblecourt, devant le Colonel Ducrot, et va en bivouac à un km plus loin, pour faire une grande halte.
.......... À midi, par une pluie battante, le 1er RMZ quitte le bivouac pour rejoindre les cantonnements du hameau de Saint-Jean où il parvient à 15 heures.
◦ Le 16 avril, Louis LABAT est Saint-Jean où le 1er RMZ installe son cantonnement. Les hommes aménagent des baraques et des écuries par les chevaux.

◦ Le 27 avril 1917, Louis LABAT change de nouveau de régiment : il passe au 2e bis Régiment de Marche de Zouaves (2e bRMZ) . Il doit partir pour l'armée d'Orient affecté à l'administration du Régiment au sein de la Compagnie Hors Rang (9*).

◦ Débarqué au port de Salonique en Grèce, Louis LABAT est aussitôt dirigé dans le camp retranché de Zeitenlick situé à six kilomètres dans la banlieue nord de Salonique avant de rejoindre son Régiment qui y est depuis le 15 novembre 1915.
◦ Louis LABAT arrive en Grèce au moment où l'offensive des troupes Alliées (Français, Anglais, Russes, Italiens et Serbes) contre les troupes de l'Entente (Bulgares, Autrichiens, Allemands et Turcs) est stoppée. La raison en est que les troupes russes sont de plus en plus déstabilisées par les nouvelles qui parviennent de la révolution du mois de février en Russie. En France c'est le temps des mutineries sur le front occidental ; aussi le Ministre de la Guerre Paul Painlevé, « approuve les ordres donnés pour l'arrêt de l'offensive » en Grèce, d'autant plus que les attaques sont stériles et meurtrières, comme la bataille de la cote 1248, la Bataille de la Cerna et la Bataille du Vardar.
◦ Au mois d'avril 1917, une partie du 2e bRMZ se repose des combats dans le secteur de Négocani. Les hommes en profitent pour se défouler un peu ; aussi '' les Macédoniens, dans les villages au long de la route de Monastir, las d’être importunés par les soldats français, répliquent par cette phrase plus ou moins bilingue : «Néma gonzesse, Néma pinard, Néma rien du tout ! ».''
◦ Sur cette fin du mois d'avril 1917, Louis LABAT rejoint son régiment alors que le 2e bRMZ effectue des travaux sur la route Iven → Polok ; travaux qui se poursuivent jusqu'au 4 mai.

• 1917 … mois de mai ...
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◦ Le 5 mai, les travaux de route étant terminés les Cies du 2e bRMZ sont à l'instruction. Le Régiment est en réserve d'Armée, il est rattaché à la 122e Division d'Infanterie.
◦ Du 11 au 20 mai, les revues succèdent aux instructions et distribution de munitions.
◦ Le 20 mai, Louis LABAT se dirige avec le Régiment dans la région de Brod.
◦ Le 24 mai, il arrive à Eksissou, plus au sud. La Cie HR installe son bivouac à la lisière du village, alors que le PC du Colonel est établi sur la grand-place.
◦ Le 27 mai après Kajalar, Louis LABAT bivouaque à Kosani, où il occupe le terre-plein de l'hôpital français jusqu'au 30 mai.
◦ Le 31 mai, il arrive à Servia où il occupe le terre-plein près de la caserne turque.

• 1917 … mois de juin ...
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◦ Du 2 au 28 juin 1917, le 2e bRMZ est en Thessalie. L'attitude de la Grèce cause de nombreuses difficultés aux Alliés dans leur stratégie. Le pays est divisé entre un roi germanophile qui a du mal a respecté sa neutralité officielle, Constantin est le beau-frère de Guillaume II, empereur allemand. Cependant le premier ministre Venizélos s'est rallié aux Puissances de l'Entente dans l'espoir de conquêtes territoriales aux dépens de la Bulgarie et de l'Empire ottoman. Face à l'attitude du roi Constantin, le Général Sarrail préconise des mesures de force. Il envoie des troupes à la conquête de la Thessalie par le chemin de fer vers Larissa, Corinthe et Athènes.

◦ Le 2 juin, 2e bRMZ fait route vers Senon-Portes où l'instruction va se poursuivre jusqu'au 8 juin.
◦ Le 11 juin, Louis LABAT arrive avec son Régiment à Elassona pour ensuite parvenir à Larissa trois jours plus tard. '' Là, les zouaves, sortant des trains par escouades, occupent les centres nerveux, la préfecture, la poste, le télégraphe, les anciens postes de commandement de l'armée grecque. Le 2e bRMZ a pour mission d'occuper la région à l'est de la ville. La famille royale fuie en secret le palais d'Athènes. Les Alliés le remplacent par Alexandre, son deuxième fils. Ils n'auront dorénavant plus de menaces dans leur dos pendant qu'ils attaquent les points fortifiés de la Triple Alliance.
◦ Le 12 juin au matin, les zouaves reçoivent l'ordre de se rendre à la préfecture. Ils encerclent le bâtiment où les autorités grecques ne semblent pas prêtes à accepter les conditions de la reddition. Lorsque soudain '' devant la caserne, les Grecs ouvrent le feu sans sommation. Les zouaves sont face à un bataillon complet en uniforme et un groupe d'evzones enjuponnés, les gardes d'élites du palais royal, prêts à mourir pour Constantin. La mise en batterie d'un fusil-mitrailleur et le feu d'une auto-mitrailleuse balayent les evzones et mettent en fuite le reste de la troupe. La Thessalie est sous contrôle et les troupes du Général Sarrail sont maîtres des points stratégiques de la Grèce.

◦ Pendant ce mois de juin, les Cies du Régiment se déplacent dans les diverses agglomérations afin de faire connaître les troupes françaises aux populations locales et éviter leur hostilité.
◦ Le 25 juin, le Lieutenant-Colonel Lafitte est remplacé par le Lieutenant-Colonel Boré-Verrier au commandement du 2e bRMZ.
◦ Le 27 juin, alors que le 2e bRMZ se regroupe au nord-ouest de Larissa où il reçoit la visite du Général Gerôme, commandant la 122e Div et du Major Général Forestier-Walker, commandant la 27e Division Britannique. Le 2e bRMZ reçoit la mission de se porter à Eksissou via Elassona, Servia, Islami et Kajalar.

• 1917 … mois de juillet ...
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◦ Le 1er juillet, Louis LABAT arrive vers 3h au bivouac sur la rive droite de la Vistrica, près de Servia.
◦ Le 3 juillet, le roi Constantin de Grèce ayant abdiqué au profit de son deuxième fils Alexandre, le premier ministre Venizélos déclare aussitôt la guerre aux Puissances Centrales, apportant le concours d'une dizaine de divisions d'infanterie aux Alliés de l'Entente.
◦ Le Régiment poursuit sa route et parvient le 6 juillet à Eksissou où Louis LABAT s'installe avec la Cie HR à la sortie nord-ouest du village. Le régiment reste à Eksissou jusqu'au 31 juillet, afin de se reposer et de procéder à l'instruction.
◦ Le 14 juillet, le 2e bRMZ est passé en revue par le Lieutenant-Colonel Boré-Verrier qui fait remettre les décorations aux ayant-droits. Le reste de la journée est laissé libre aux hommes de troupe.

• 1917 … mois d'août ...
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◦ Le 1er août 1917, le 2e bRMZ fait mouvement vers Bohemica.
◦ Le 2 août, Louis LABAT embarque à 9h55 par le train N°2 et arrive à la gare de Kavakli. La Cie HR s'installe au bivouac à Topci.
◦ Le 4 août à 21h, les hommes sont embarqués en chemin de fer de Topci vers Bohemica, où ils arrivent le lendemain matin à 1h.
◦ Alors que le 8 août, le 2e bRMZ monte en ligne dans le secteur de Ljumnica, Louis LABAT très affecté par une crise de paludisme, doit être évacué du front en urgence en direction de la ville de Gümendzé.

◦ Le vendredi 10 août 1917, Louis LABAT décède à l'ambulance colonne mobile SP509 (Service Postal n°509), à 16h à Gümendzé-Ville. Il meurt des suites d'une affection contractée en service commandé, sur le champ de bataille - accès pernicieux palustre, crise de paludisme très violent dû à la piqûre d'un moustique, l'anophèle femelle, qui infectait la région très marécageuse à l'époque.

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• Il est inhumé au cimetière militaire de Zeitenlick, commune de Thessalonique, tombe 3569, parmi 8310 soldats français, 8000 Serbes, 500 Russes, 1750 Britanniques et 3500 Italiens.
• Le Capitaine Lecoura, chef du bureau spécial de Comptabilité du 2e Régiment de Zouaves à Oran-19e Corps d'Armée, Division d'Oran, Place d'Oran , notifie le 22 novembre1917, à Mr le Maire du Mesnil-Théribus le décès de Louis LABAT, en demandant de prévenir Mme LABAT, sa mère.
• Louis LABAT est déclaré « Mort pour la France ».
• Le 15 octobre 1920, l'acte de décès n° 24 est transcrit à la mairie du Mesnil-Théribus transcription de la déclaration du décès à la mairie du Mesnil-Théribus : '' la déclaration du décès est dressée et signée par Léon, Marie Le Guichoua, officier d'administration de deuxième classe, gestionnaire de l'ambulance de colonne mobile de la 122e Division, officier de l'état civil, sur la déclaration de Pierre Bordenave, 32 ans, médecin aide major de première classe de réserve et de Marins Trovéro, 24 ans, soldat infirmier la 15e section d'infanterie militaire, témoins qui conformément à la l'article 77 du code civil, se sont transportés auprès de la personne décédée et assurés de la réalité du décès. (…).

• nota (1*) : la fiche matricule de louis LABAT indique Quesnoy Est, alors que la ville de Quesnoy ne dépend pas du bureau de recrutement d'Avesnes ( Avesnes-sur-Helpe dans le département du Nord) : il doit probablement s'agir de Le Quesnoy, situé à 25 km au nord-ouest d'Avesnes.

• nota (2*) : il y avait six niveaux de degrés d'instruction :
.......... 0 : ne sait lire ni écrire
.......... 1 : sait lire seulement
.......... 2 : sait lire et écrire
.......... 3 : possède une instruction primaire plus développée
.......... 4 : a obtenu le brevet de l'enseignement primaire
.......... 5 : bachelier, licencié, etc. ( avec indication du diplôme)
.......... X: dont on n'a pas pu vérifier l'instruction

• nota (3*) : la photographie est ici reproduite grâce à l'amabilité de Simone LABAT, descendante de Renée LABAT, qui nous l'a communiquée le 2 juillet 2019.

• nota (4*) : depuis que la plaque militaire de Louis LABAT a été retrouvée par sa petite nièce Marie Thérèse LABAT (1) dans les archives familiales, il a été possible de reconstituer plus précisément le parcours de celui-ci pendant la guerre. La plaque militaire (une des deux plaques remise à la famille après le décès du soldat), indique que son bureau de recrutement dépendait de la subdivision d'Avesnes. À partir de là, les archives militaires du département du Nord, ont permis de retrouver la fiche matricule (ou états signalétiques et des services militaires) de Louis LABAT, qui curieusement est toujours absente du site officiel ''Mémoire des Hommes''. (1): Marie Thérèse LABAT nous a également aimablement autorisé à mettre la photo de Louis LABAT dans notre historique.
.......... Louis LABAT du 4 août 1914 au 10 août 1917, a été affecté successivement dans quatre régiments, le 36e RI, le 74e RI, le 1er Régiment de Marche de Zouaves (1er RMZ) et fin avril 1917, le 2e bis Régiment de Marche de Zouaves (2e bRMZ). Compte tenu que l'on ignore dans quel bataillon et dans quelle compagnie il était affecté, on ne peut le localiser qu'au niveau du Régiment. Dans le cas du 36e RI, on a pu en déduire qu'il appartenait soit au 1er Btn soit au 3e Btn.
.......... La fiche matricule de Louis LABAT indique qu'il a fait les campagnes suivantes contre l'Allemagne :
.................... campagne du 4 août au 29 mars 1917 :
.............................. au 36e RI du 3 août 1914 au 30 janvier 1917. Compte tenu des évènements du 14 au 17 septembre 1914, Louis LABAT ne pouvait pas faire partie du 2e Btn du 36e RI, puisque tout ce bataillon a été fait prisonnier au château de Brimont. Louis LABAT était donc intégré soit au 1er Btn, soit au 3e Btn du 36e RI.
............................. puis au 74e RI du 31 janvier au 29 mars 1917.
.................... campagne du 30 mars au 30 avril 1917 : au 1er RMZ du 30 mars jusqu'au 26 avril 1916.
.................... campagne du 1er mai au 7 août 1917 : au 2e bis RMZ du 27 avril 1917 au 10 août 1917 (en Grèce). Louis LABAT est donc probablement arrivé en Grèce le 1er mai 1917.

• nota (5*) : un obus schrapnel est un obus à fragmentation de balles disposées dans l'obus, inventé en 1784 par l'anglais Henri Schrapnel. Il a une plus grande portée que la boîte à mitrailles, 1100 mètres au lieu de 300 mètres. Cependant il n'est vraiment efficace que contre des troupes avançant en masse et à découvert.
.......... Un minenwerfer est un mortier de tranchée allemand dont les calibres vont de 76 mm jusqu'à plus de 200 mm et exécutent un tir en cloche. Ils sont la terreur des hommes car les obus tombent du ciel à la verticale; aussi des guetteurs scrutent le ciel en permanence, et donnent un coup de sifflet avertisseur dès qu'un projectile est aperçu.
.......... Le mortier Cellerier est la réplique française du minenwerfer. Il ré-utilise des douilles des obus de 75 mm qui ne servent plus à rien, ainsi que les obus allemands de 77 mm qui n'ont pas explosé.
.......... Le crapouillot est un mortier français de 58 mm, appelé ainsi par les poilus, en raison de sa forme évoquant celle d’un batracien.

• nota (6*) : ''l’allumeur par inertie de la grenade P1 était peu fiable et entraina de nombreux accidents à l’entraînement et à l’usage sur le front. La boue des tranchées ne permettait pas de déclencher le percuteur et par ailleurs son système était très sensible au choc. Les poilus préféraient s’en débarrasser avant de montée à l’assaut de peur qu’elles n’explosent prématurément.''

• nota (7*) : le bouclier roulant Walter est un pare-balles monté sur roues qui remplace la brouette blindée. Il a été créé par l'ingénieur Walter, un ingénieur capitaine de réserve du 21e Bataillon de Chasseurs.

• Nota (8*) : un Régiment de Marche est un régiment ''provisoire'' créé avec des unités de provenances diverses, et en particulier coloniales.

• nota (9*) : une Compagnie Hors Rang est une compagnie qui se trouve au niveau du régiment et regroupe tout ce qui touche le fonctionnement administratif, la logistique et le commandement du régiment. On y trouve le secrétariat du colonel et de son petit état-major, les cellules traitant de l’approvisionnement en matériel, habillement, nourriture, un peloton de pionniers pour les travaux de protection, la section de brancardiers qui est en même temps la musique du régiment. Pour assurer les liaisons vers les supérieurs et les subordonnés, elle a une équipe de téléphonistes. Ces soldats n'étaient pas au contact direct de l'ennemi, mais néanmoins parfois très près du front et des tirs de l'artillerie ennemie.

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