Gaston BERTRAND

Morts pour la France du Mesnil-Théribus :

BERTRAND Gaston (30/08/1886-13/05/1917).

• Gaston BERTRAND est né à 10h30 le 30 août 1886 au Mesnil-Théribus, au Haut-Mesnil.
• Son père Adrien, Rémond BERTRAND né à Fresneaux-Montchevreuil, est boutonnier sous-chef d'atelier chez Lemaire Vallé et sa mère Berthe Marie DELARUE née à Senots, est boutonnière-tourneuse-encarteuse à son compte. Ils sont domiciliés au Mesnil-Théribus. Les boutons de nacre donnaient du travail à beaucoup de personnes: des deux témoins de l'acte de naissance, l'un est marchand de boutons et l'autre est un tabletier.

• Gaston BERTRAND est domicilié au Mesnil-Théribus et travaille également comme boutonnier-tourneur-coupeur chez Lemaire Vallé.
• Matricule de recrutement n°127 au recensement du mois de janvier 1907, Gaston BERTRAND est inscrit sous le n°56 de la liste cantonale d'Auneuil. Il est classé dans la 5e partie de la liste par décision du Conseil de Révision, ce qui correspond à ''Ajourné faiblesse''.
• En 1908, le Conseil de Révision le classe dans la 2e partie de la liste et le déclare alors ''Bon pour le Service Auxiliaire, faiblesse''.
• Le 6 octobre 1908, il est incorporé au 51e Régiment d'Infanterie (RI) comme soldat 2e classe.
• Le 13 octobre 1909, il est classé dans le service armé par décision de la Commission Spéciale de Réforme de Beauvais.

• Le 24 septembre 1910, il est envoyé en congé en attendant son passage dans la réserve avec son Certificat de bonne conduite accordé.
• Le 1er octobre 1910, Gaston BERTRAND passe dans la Réserve de l'armée active, affecté au régiment stationné à Beauvais.
• Il fait sa période d’exercices dans le 51e RI du 28 août au 19 septembre 1912.
• Le 5 octobre 1912, Gaston BERTRAND épouse à Bachivilliers Augustine, Irène, Clémentine PIAT.
• Le 13 avril 1913, il est tabletier et résidant à Bachivillers.
• Le 13 mars 1914, Gaston BERTRAND passe du 51e RI au 128e RI par note de service n° 403 du 2e Corps d'Armée.

• 1914 … du mois d'août au mois de septembre...
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◦ Gaston BERTRAND est mobilisé le 1er août 1914 et arrive au corps du 128e RI à Abbeville le 4 août, 5e Brigade d'Infanterie (Bde), 3e Division d'Infanterie (Div), 2e Corps d'Armée (CA).
◦ Le 5 août, il quitte Abbeville pour aller à Dun-sur-Meuse. Là, jusqu'au 17 août , son Régiment organise la défense des Hauts-de-Meuse dans la région de Brandeville-Bréhéville. Puis il participe à la Campagne de Belgique jusqu'au 25 août, date à laquelle son Régiment reçoit l'ordre de se replier.

◦ Le 31 août à Fontenoy, le 128e RI défend avec acharnement les abords du village. Gaston BERTRAND laisse à Fontenoy son camarade de régiment Georges Boulanger tué dans les combats de la journée.
◦ Du 1er au 5 septembre, le repli se poursuit en passant par Saint-Mard-sur-le Mont et Heitz-le-Maurupt.
◦ Du 6 au 11 septembre, Gaston BERTRAND livre avec son Régiment des combats furieux dans la Bataille de la Marne. Il faut tenir coûte que coûte le passage sur le canal de la Marne au Rhin à Savigny-sur-Orge. Le feu de l'artillerie allemande détruit par les flammes les villages de Montceau-les-Mines et Montois, mais les Allemands n'avancent plus.

◦ Le samedi 12 septembre les Allemands reculent. Ils doivent battre en retraite à leur tour et leur poursuite est aussitôt organisée. Le 128!e RI remonte vers le nord et suit l'itinéraire Hertz le Rupteur, Villers le Sec et Charmont où il découvre de nombreux blessés qui ont été laissés là par les Allemands. Le contact avec l'ennemi est repris au nord de Sainte-Ménehould.
◦ Jusqu'au 23 septembre, le 128e RI livre des combats sanglants pour briser la résistance de l'ennemi qui s'est solidement retranché en Argonne. Mais Vienne-la-Ville et Vienne-le-Château sont pris d'assaut par les Français.. Cependant les Allemands sont bien ancrés à Servon et Binarville. C'est dans ces combats que Gaston BERTRAND perd un autre camarade mesnilois, Paul TISON du 51e RI.
◦ Fin septembre, les deux armées se cherchent prudemment, déclenchant quelques escarmouches de patrouille de reconnaissance, redoutant les infiltrations réciproques. Elles vont s'enfoncer dans la terre pour démarrer la guerre des tranchées qui sont creusées en hâte de part et d'autre. Gaston BERTRAND se retrouve dans le secteur de la Fontaine-aux-Charmes et Bagatelle Pavillon, où il est difficile d'évoluer, vu l'état des chemins, l'épaisseur des bois et la persistance des pluies. Des outils sont envoyés en masse pour creuser les tranchées ; le soldat se transforme en terrassier.

• 1914 … du mois d'octobre au mois de décembre...
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◦ Début octobre le front se stabilise, le système de relève s'organise entre les bataillons. Le 128e RI, après un court séjour dans le secteur du Four-de-Paris, occupe celui du bois de la Gruerie, quelques km un peu plus au nord. Les Allemands sont très agressifs, avec de puissants moyens en artillerie lourde et en surtout en mitrailleuses qu'ils possèdent en grand nombre. Les Français tiennent bon et les assauts de l'ennemi sont brisés par les furieuses contre-attaques françaises.
◦ Les 5 et 6 octobre, les attaques du 128e RI sur tout le front de La Harazée se heurtent aux tranchées allemandes fortement établies, recouvertes de planches et de rondins, précédées d'abattis et de larges réseaux de fil de fer. Sans l'artillerie ces retranchements sont inabordables ; malheureusement l'artillerie française ne peut compter principalement que sur le canon de 75, et le manque de précision fait échouer les attaques sur les tranchées allemandes.

◦ Après les relèves, Gaston BERTRAND va cantonner à La Noue et Naviaux. Pendant ces périodes de repos, les hommes sont envoyés pour exécuter les travaux de construction d'abris, de tranchées de 2e et 3e ligne et de boyaux de communication.
◦ Les 28, 29 et 30 octobre, les Allemands se ruent en masse à l'assaut de tranchées récemment réalisées et s'y installent. Trois contre-attaques françaises échouent avec de sérieuses pertes.

◦ Le 2 novembre malgré les combats, il faut aussi s'adonner aux travaux d'aménagement et de propreté. Gaston BERTRAND perd ce même jour un camarade mesnilois, Gustave ROUSSELET du 51e RI, tué à Vienne-le-Château.
◦ Du 7 au 18 novembre, le 128e RI se livre à de durs et meurtriers combats dans des bois inextricables sur la route de Binarville. Les attaques et les contre-attaques se succèdent tous les jours. C'est durant cette période que le 9 novembre Gaston BERTRAND perd au bois de la Gruerie un autre camarade mesnilois du 51e RI, Adolphe Doucet.
◦ Le 24 novembre, alors que le 128e RI retourne dans les tranchées de 1ère ligne à 6h30 du matin, un soldat de la 4e Cie du Régiment est condamné à mort pour abandon de poste en présence de l'ennemi.
◦ Début décembre Gaston BERTRAND participe à l'aménagement de plusieurs lignes de tranchées pour consolider sa position et avancer en sape vers l'ennemi.
◦ Le 11 décembre, après avoir relevé le 72e RI, un obus de 105 est tombé sur la 6e Cie formée en colonne à Vienne-le-Château, près du coteau de Saint-Thomas-en-Argonne, causant 19 tués et 44 blessés.
◦ Durant le mois de décembre, les hommes du 128e RI continuent les travaux de sape et de pompage de l'eau qui a envahi les tranchées et la plupart des abris. Le cantonnement se fait aux abris de Vienne-le-Château, Moiremont et La Neuville-au-Pont.

• 1915 … du mois de janvier au mois d'août ...
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◦ Gaston BERTRAND passe le mois de janvier dans les tranchées des bois de la forêt de l'Argonne, en particulier au Four-de-Paris. Enfin, son régiment après avoir perdu 24 officiers et 1604 hommes, est relevé le 15 janvier et mis au repos à Louppy-le-Petit et à Génicourt. Là, les unités se réorganisent: travaux de réparation aux effets d'habillement et d'équipement, marches, exercice de tirs à la cible, de combat et conférences. Gaston BERTRAND cantonne à Rapsecourt, Dampierre-le-Château et Felcourt et bivouaque à Somme-Tourbe, puis aux abris Guérin, au sud du Mesnil-les-Hurlus.

◦ Le 20 février le 128e RI part sur le front de Champagne. Le lendemain, il est dans les tranchées du bois Jaune et la partie sud des bois Jumeaux. Les deux jours suivants, lors de l'attaque sur le Bois Jaune-Brûlé et le bois en Trapèze, les mitrailleuses allemandes fauchent 1/3 des hommes des 5e et 7e Cie, . Gaston BERTRAND perd à quelques jours d'intervalle, deux camarades mesnilois du 51e RI, Charles Quillet tué au Mesnil-lès-Hurlus et Edmond Barbet à Saint-Jean-sur-Tourbe.

◦ Jusqu'au 12 mars, les combats se poursuivent à la ferme de Beauséjour, au ravin des Cuisines, au bois de la Truie et sur la cote 196, où l'attaque du 3e Btn se heurte au feu nourri des Allemands qui les empêchent d'atteindre leurs tranchées. Les hommes du 3e Btn creusent aussitôt des tranchées sur place, pour conserver les quelques mètres qu'ils ont conquis. L'inefficacité de l'artillerie française laissant intacts les nids de mitrailleuse allemandes, permettant à celles-ci de balayer les assauts français dès leur approche.
◦ Fin mars, Gaston BERTRAND peut prendre un peu de repos, dans les cantonnements de Felcourt, La Chapelle, puis Dommartin-sur-Yèvre, Varimont et ensuite Saint-Mard-sur-le-Mont et Rondchamp. Il perdra un autre Mesnilois tué au bois de la Gruerie, Amédée Lequeux du 155e RI.

◦ Le 1er avril, Gaston BERTRAND quitte la Champagne et part avec son Régiment en Woëvre, où il va combattre à Marchéville, aux Éparges et dans le chemin forestier de la Tranchée de Calonne.
◦ Du 6 au 10 avril, les bataillons attaquent les lignes ennemies établies entre Riaville et Marchéville. Cependant les défenses accessoires allemandes étant importantes sur ce front avec des réseaux de fil de fer allant jusqu'à 40 m de profondeur et l'artillerie insuffisante pour créer des brèches, toute progression vers les tranchées ennemies est impossible. Les pertes sont encore lourdes: 4 officiers et 317 hommes.

◦ Du 17 au 2 mai, le 128e RI tient le secteur des Éparges. Il repousse toutes les attaques et contre-attaques de l'ennemi qui veut reprendre la position des Éparges qu'il a récemment perdue. Le Carrefour de Calonne, le bois Carré et le ravin de Sonvaux sont particulièrement touchés par ces attaques.
◦ Après un repos à la caserne Marceau, Gaston BERTRAND se retrouve de nouveau le 9 mai aux Éparges où il est dans les tranchées tous les cinq jours jusqu'au début juin. Les combats sont rudes et quelques tranchées changent de camp plusieurs fois.

◦ Le 10 juin:
▪............ À 12h un bombardement détruit 80 m de tranchées sur le front du 1er Btn.
▪............ À 17h50 une mine explose à la tête de la sape 4. Un bombardement avec des obus de 77 et de 105 se produit simultanément sur toute la ligne. Des sapeurs au travail dans une sape ne peuvent être sortis assez tôt et meurent asphyxiés.
▪............Toute la nuit, ce n'est que fusillade et lancement de bombes.

◦ Jusqu'au 16 juin, les bombardements et sapes allemands sur la crête des Éparges, font d'assez importants dégâts dans les tranchées. La veille, Onésiphor Taboureur, un camarade Mesnilois du même régiment que Gaston BERTRAND, est grièvement blessé et évacué.
◦ Du 23 au 28 juin, le 128e RI attaque à l'est du chemin appelé la Tranchée de Calonne et s'empare de la première ligne ennemie. Il résiste à toutes les contre-attaques, malgré le corps à corps et le pétrole enflammé lancé dans les lignes par les Allemands. La 11e Cie est alors citée à l'ordre de l'armée.

◦ Du 3 au 10 juillet, le 128e RI part se reposer et reprendre des forces aux Trois Jurés et au camp de la Béholle.
◦ Le 11 juillet, il retourne au front dans le secteur de Calonne, avec un effectif réduit de 700 hommes depuis le 22 juin, mis hors combat, tués, blessés et disparus.

◦ Le 18 juillet, le 2e Btn doit attaquer le ravin nord de Sonvaux où se sont infiltrés les Allemands: ils viennent de bousculer les 87e RI et ont placé leurs mitrailleuses sur la crête de l'éperon. Le 1er Btn avec la 5e et la 8e Cie du 2e Btn lancent une contre-attaque sur un terrain détrempé. L'artillerie française ayant été cette fois-ci efficace, les hommes reprennent les tranchées baïonnettes en avant, tuant tous ceux qui ne se rendent pas. Après la reddition de deux cents Allemands, le Régiment est maître de la position.

◦ Le 19 juillet, la contre-attaque allemande est formidable et fait plier la 3e Cie; avec le secours de la 1ère Cie, les contre-attaques adverses se suivent sans interruption. La 8e Cie arrive à la rescousse. Les pertes en troupe et officiers commencent à se faire sentir; les hommes sont fatigués par cinq nuits d'insomnie et d'efforts, ils résistent avec peine; heureusement trois sections du 272e RI et la 11e Cie viennent en renfort. Mais le Régiment ne peut encore longtemps soutenir de nouveaux chocs. Un bataillon du 51e RI arrive en renfort à point nommé.

◦ Le 21 juillet le 128e RI va enfin au repos dans les abris de Sommedieue jusqu'au 2 août. Le Régiment est cité à l'ordre de la Division pour sa brillante conduite. Le 128e RI a eu depuis le 10 juillet 539 hommes mis hors combat..
◦ Pendant tout le mois d'août l'ennemi a renforcé ses positions. Le 10 du même mois, un homme devenu fou tire sur un de ses camarades et en blesse un autre.

• 1915 … du mois de septembre à décembre ...
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◦ En septembre, le 128e RI est au repos dans un secteur relativement calme dans la région de Vaux-lès-Palameix et le Bois Bouchot.
◦ Le 21 septembre, Gaston BERTRAND change de régiment et passe au 48e RI du Colonel Sousselier, sous le matricule au corps n° 01194bis, dans la 5e Cie, du 2e Btn commandé par le Chef de Bataillon De Soyer, de la 37e Bde du Général Largeau, de la 19e Div du Général Trouchaud, du 10e CA du général Defforges, de la Ve Armée du général Lanrezac. Le 48e RI a son casernement à Guingamp.

◦ Il arrive le 22 septembre sur le front avec un groupe de 192 hommes qui viennent en renfort auprès du 48e RI. Le 48e RI se trouve à ce moment-là à Moiremont, en Argonne.
◦ Du 23 au 27 septembre, en exécution de l'ordre particulier n°45, le 2e Btn forme avec deux bataillons du 70e RI, un régiment provisoire. Quatre cent six hommes arrivent en renfort.
◦ Du 29 septembre au 5 octobre, le 48e RI cantonne entre Moiremont et Florent.

◦ Le 6 octobre, le 2e Btn quitte Moiremont pour aller occuper les emplacements de la ligne basse de la Biesme et Ronchamp. Pendant tout le mois d'octobre, l'artillerie allemande vise particulièrement le ravin de la Houyette, le layon de Binarville, et le ravin de la Biesme, où les travaux de sape de l'ennemi provoquent l'explosion de nombreuses mines.
◦ Le 31 octobre, non loin de là, un autre Mesnilois, Louis Pinchon est tué à Tahure avec le 328e RI.

◦ Le 6 novembre à 14h30, le 48e RI est passé en revue sur le terrain de manœuvres de Sainte-Ménehould, par le Général Trouchaud commandant la 19e Division, et le Général Defforges commandant le 10e Corps d'Armée.
◦ Le 8 novembre, le 2e Btn en posté en réserve aux abris Guyard puis jusqu'au 1er décembre, il reste aux abris de la Houyette en réserve de secteur.
◦ Le 2 décembre, le 2e Btn quitte les abris de la Houyette et se met à la disposition de la 131e Div à Croix-Gentin.

• 1916 … mois de janvier à mars …
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◦ Le 21 janvier, le 2e Btn détaché provenant de la 131e Div revient dans son régiment et va cantonner à Verrières, au sud de Sainte-Ménehould.
◦ Le 1er février, le 2e Btn quitte Verrières et vient cantonner à Florent. Jusqu'au 9 février, il est employé aux travaux d'organisation de la deuxième position Florent -> Moiremont au sud de Vienne-la-Ville.
◦ Du 10 au 20 février, Gaston BERTRAND cantonne à Verrières.

◦ Le 20 février, les Allemands ''lancent sur Verdun la formidable attaque qu'ils croyaient invincible''. La 37e Bde se rend dans la région de Clermont-en-Argonne afin de renforcer le secteur Vauquois et Avocourt, et protéger la région ouest de Verdun.
◦ Du 21 février au 22 mars, Gaston BERTRAND va parcourir tout le secteur compris entre les Islettes, le Bois Bachin à l'ouest, Rarécourt au sud, Récicourt, Verrières-en-Hesse à l'est et Avocourt au nord.

◦ Le 23 mars l'ennemi attaque sur le bois d'Avocourt, et jusqu'au 25 mars, le 2e Btn travaille au prolongement du boyau d'Avocourt le long de la Buanthe.
◦ Le 26 mars, alors que Gaston BERTRAND bivouaque au bois des Marres, le général Largeau, commandant la 37e Bde, est mortellement blessé à la tête par un éclat d'obus dans la clairière près du nord-ouest du Bois des Marres, au sud d'Avocourt. Il est remplacé le 30 mars par le Colonel Sausselier chef du 48e RI.

• 1916 … mois d'avril à juin …
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◦ Le 1er avril, les avions ennemis sont particulièrement actifs: ils lancent quelques bombes meurtrières sur Récicourt. Le village d'Avocourt est bombardé par des obus de 105 et de 150.
◦ Courant avril et mai, Gaston BERTRAND sillonne le secteur Passavant et Brizeaux. Pendant cette période il perd trois autres camarades du Mesnil : Marcel Nové 51e RI est tué le 8 avril à Boureuilles, au sud de Varennes-en-Argonne, là où fut arrêté Louis XVI, Georges Tuquet du 51e RI est grièvement blessé le 2 mai dans le secteur de Calonne ( il décèdera le lendemain) et Albert Menant du 251e RI est tué le 21 mai à Cumières, au nord-ouest de Verdun.

◦ Le 29 mai à 8h, Gaston BERTRAND part pour défendre Verdun. Il est embarqué avec son régiment à Passavant par convoi automobile et transporté à Blercourt, pour renforcer le secteur de Rampont, sur la rive gauche de la Meuse au nord-ouest de Verdun.

◦ Début juin, l'artillerie lourde allemande s'acharne sur les lignes où se trouve le 48e RI, du Mort-Homme à la Meuse, entre Chattancourt et Cumières. Les Allemands viennent de lancer une nouvelle attaque en direction de Verdun et ont pris aux français le bois des Corbeaux et le village de Cumières. Le premier jour la 37e Bde attaque l'ennemi à 20h mais la progression est difficile et les pertes élevées. Gaston BERTRAND est en deuxième ligne avec le 2e Btn. Les tranchées détruites par les bombardements sont aussitôt reconstruites. Les Allemands ne peuvent plus avancer dans leur marche vers Verdun. Cependant ''les hommes ne quittent le fusil et la grenade que pour prendre la pioche et le fil de fer des réseaux''.
◦ Pendant ce mois de juin, les deux artilleries se déchainent. Cinq déserteurs alsaciens se réfugient côté français et le 26 juin un allemand qui rampait vers les lignes françaises est fait prisonnier. Lors des relèves, Gaston BERTRAND cantonne à Jouy-en-Argonne, à Fromeréville et à Saint-André, près d'Ippécourt.

• 1916 … mois de juillet à août …
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◦ Le 2 juillet, alors que le 2e Btn se trouve au Mort-Homme, la 11e Cie du 3e Btn se lance à l'assaut d'un ouvrage fortifié: elle parvient avec trois blessés seulement, à neutraliser deux mitrailleuses ennemies et à mettre hors de combat une quarantaine d'Allemands. Cet exploit est récompensé par une citation à l'Ordre de l'Armée.
◦ Du 13 au 16 juillet, Gaston BERTRAND cantonne au camp des Clairs-Chênes, puis il retourne au Bois Bouchet remplacer le 1er Btn.
◦ Le 27 juillet, le 48e RI est embarqué en camion automobile sur la route de Blercourt, pour aller se recomposer au sud de Saint-Dizier.
◦ Après un cantonnement aux Trois-Fontaines-la-Ville (10km au sud de Saint-Dizier), le 2e Btn est de nouveau embarqué en automobiles le 8 août à 6h, à l'entrée de Prez-sur-Marne (8km au sud-est de Saint-Dizier) et transporté à Nixéville. À 22h il arrive à Verdun où il cantonne à la caserne d'Anthouard (quartier sud de Verdun au bord de la Meuse).

◦ Cette fois-ci la 19e Div remonte en ligne sur la rive droite de la Meuse. L'ennemi concentre ses attaques sur Fleury et l'ouvrage de Thiaumont, au sud de Douaumont.
◦ Le 11 août, alors que les 1er et 3e Btns attaquent l'ouvrage de Thiaumont aux mains des Allemands, la 2e et la 3e compagnie où se trouve Gaston BERTRAND plus un peloton de la 1ère compagnie de mitrailleuses, progressent à la gauche du secteur d'une centaine de mètres, malgré les fortes pertes en hommes et en officiers (4/5 mis hors de combat). Le 3e Btn perd ce jour-là plus de 200 hommes. Le terrain si chèrement payé est conservé.
◦ Le 18 août, c'est au tour du 2e Btn d'attaquer l'ennemi. À midi, l'artillerie prépare le terrain, et à 15h l'assaut est déclenché sur l'abri 118 causant la perte de 19 tués et 69 blessés.
◦ Après un repos du 19 au 26 août à 22h, le 2e Btn monte en ligne le 27 août, afin de préparer l'attaque sur la poche au sud de l'ouvrage de Thiaumont. Après la préparation du terrain par l'artillerie à laquelle a répondu celle de l'ennemi, l'attaque a lieu à 18h : le 2e Btn progresse de 50 m et le 3e Btn a atteint la partie Nord de la Tétine, faisant 26 prisonniers dont 2 sous-officiers. La progression se poursuit à la grenade toute la nuit. La 5e et 6e Cie comptent 34 tués et blessés.

◦ Le mois d'août se termine sur un champ de bataille âpre et bouleversé, où les deux artilleries n'arrêtent pas de déverser des tonnes de projectiles et où les agents de liaison ne retrouvent plus le soir la piste du matin que le bombardement a effacée.
◦ Le 29 août, les hommes du 48e RI sont embarqués en autobus ou en train navette et dirigés sur la zone de reconstitution des unités, au cantonnement de Pargny, Étrepy et Heitz-le-Maurupt, pour un repos bien mérité.

• 1916 … mois de septembre 1916 à janvier 1917 …
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◦ Gaston BERTRAND part pour la Champagne.
◦ Le 1er septembre à 22h, le 2e Btn embarque en chemin de fer à Baleycourt pour retrouver les champs de bataille de Champagne.
◦ Le 10 septembre à 7h, Gaston BERTRAND se trouve au camp Berthelot près de Mourmelon-le Grand, pour aller relever vers 19h des éléments du 68e RI dans le secteur de Saint-Hilaire-le-Grand.

◦ Il va rester jusqu'en décembre dans le secteur d'Aubérive -> St Hilaire -> Les Grandes-Loges. Le 2e Btn et le 3e Btn se relayent successivement. Les échanges d'artillerie sont quotidiens, avec grenades, torpilles aériennes, bombes à ailettes. On essaye de réparer peu à peu les pertes de l'été ; les hommes du 48e RI suivent une instruction intensive, avec tir et entraînement à la grenade qui se pratiquent jusqu'aux tranchées !

◦ Les deux aviations rivalisent de prouesses au dessus des combattants fantassins. Le 23 septembre, un combat entre un bimoteur français et un appareil allemand se déroule au dessus du front : cette fois-ci c'est l'avion allemand qui tombe en flamme.
◦ Le 9 novembre à 11h, un avion ennemi atteint par un obus du 48e RI, est contraint d'atterrir dans les lignes françaises à 1,2 km au nord-est de St Hilaire le Grand ; les deux aviateurs sont faits prisonniers. Par ailleurs les Allemands commencent à utiliser l'aviation pour régler le tir de leur artillerie.
◦ Le 16 novembre, la 2e Cie fait un coup de main rapide sur le saillant des Abatis. Il est énergiquement mené mais prudent, l'ennemi se retire. Ce saillant est ensuite harcelé par l'artillerie allemande jusqu'à la fin novembre.

◦ Le 4 janvier le 2e Btn va cantonner au Quartier National, à Mourmelon-le-Grand
◦ Jusqu'au 18 janvier, il participe aux travaux de deuxième position dans la région de Baconnes.
◦ Du 18 janvier à la fin du mois, Gaston BERTRAND séjourne au camp de Mailly. Le 48e RI exécute différentes manœuvres au niveau de la Compagnie, du Bataillon, du Régiment et de la Brigade. Il se prépare à affronter les nouveaux défis de l'année 1917.

• 1917 …. mois de février ….
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◦ Le 1er février, les manoeuvres de la Division se déroulent devant une mission italienne en présence de Philippe Pétain et le 5 février devant une mission russe.
◦ Le 14 février, le 2e Btn embarque à Mailly pour se diriger vers la Somme où de longues marches quotidiennes vont amener Gaston BERTRAND à passer non loin du Mesnil-Théribus.
◦ Du 15 au 22 février il va successivement traverser les localités suivantes : après un bivouac à Andrezel, il passe par Pontault-Combault, Chelles, Écouen, Persan, Méru, Hodenc-l'Évêque, Auteuil, Notre-Dame-du-Thil, Verderel.

• 1917 …. mois de mars….
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◦ Du 1er au 12 mars, le 48e RI continue sa marche vers le Nord. Le 2e Btn passe par St André, Coullemelle, et Faverolles.
◦ Il va falloir attaquer à l'est de Roye, mais le 17 mars l'ennemi préfère se replier vers Saint-Quentin. Il est aussitôt pourchassé. Vigoureusement poursuivi, l'ennemi saccage le pays en partant: ponts détruits, routes coupées par la mine, maisons brûlées, arbres fruitiers sciés en plein champ, il détruit même des instruments agricoles...

◦ Le 18 mars:
▪............ À 14h, le 2e Btn rentre dans Moyencourt où il trouve 1200 réfugiés civils qui ont été parqués par les Allemands.
▪.............À 17h il traverse Louverchy pour se diriger ensuite vers Hombleux.
▪.............À18h, le 2e Btn passe difficilement le pont de Buverchy, bombardé et détruit par les Allemands; il place ses avant-postes à cheval sur la route de Buverchy-Hombleux.

◦ Le 19 mars, le 1er Btn du 48e RI entre dans Ham, où l'accueil par la population est le plus vif; c'est la première troupe française que voient les habitants depuis les trente mois de l'occupation ennemie. À 14h le 2e Btn détache une Compagnie sur la rive nord du canal et se porte au faubourg Saint-Sulpice. À 23h il marche sur Villers-Saint-Christophe et s'établit vers la sortie Nord.
◦ Pendant ce temps au Mesnil-Théribus, le 19 février 1917, le Conseil Municipal «  vote une somme de 100 F pour la Croix Rouge destinées aux blessés de guerre. » puis «  une subvention de 50 F est votée pour le Comité départemental d'assistance aux Militaires réformés pour tuberculose. »
◦ Le 20 mars, le 10e Corps d'Armée est relevé et ramené vers le Sud. Les longues marches quotidiennes recommencent en sens inverse.
◦ Du 23 au 31 mars le 48e RI reprend la route et se dirige vers Clermont. Gaston BERTRAND traverse les localités: Le Plessier-Rozainvillers, Paillart, Wavignies, Argenlieu, Erquery.

• 1917 …. mois d'avril….
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◦ Au mois d'avril, parallèlement à l'offensive Nivelle du chemin des Dames, les Français lancent une nouvelle offensive de grande envergure pour tenter de reconquérir le massif de Moronvillers ou monts de Champagne. Ce sont des émergences de calcaire à l'est de Reims, occupés et puissamment fortifiés par les Allemands depuis septembre 1914. Les Allemands ont bétonné leurs postes de mitrailleurs et construit plusieurs kilomètres de blockhaus avec des tunnels bien aménagés jusqu'au sommet de ces monts.

◦ Du 1er au 14 avril, le 48e RI poursuit sa marche vers les monts de Champagne. Le 2e Ben traverse les localités de Fitz James, Clermont, Cauvigny, Fontaine-Chaalis, Meaux, La Ferté-sous-Jouarre, Replonges, Fèrebrianges, Le Mesnil-sur-Oger.
◦ Le 15 avril 1917, alors que commence une grande bataille sur Craonne au nord-ouest de Reims, le 48e RI est dirigé vers le massif de Moronvillers, afin de participer à la reconquête des sept monts qui le composent: le Mont Cornillet 206m, le Mont Blond 211m, le Mont Haut 256m, le Mont Perhois 232m, le Casque 245m, le Téton 237m, le Mont Sans-Nom 209m. Il faut à tout prix enlever à l’ennemi ces observatoires qui dominent la plaine de Châlons-en-Champagne.
◦ Le 16 avril, alors que la IVe Armée se prépare à lancer l'offensive sur les monts de Champagne, Gaston BERTRAND parvient à Chouilly.
◦ Le 17 avril à 4h45, les troupes françaises se lancent à l’assaut de la première ligne allemande sur un front d’un peu moins de vingt kilomètres.

◦ Le 20 avril, Gaston BERTRAND se rapproche et arrive à Dampierre-au-Temple. Le lendemain les troupes françaises occupent la plupart des sept Monts, mais au Mont Cornillet seule la tranchée sud est prise. Le sommet et les pentes nord du Mont Cornillet restent aux Allemands qui utilisent des tunnels de sortie pour contre-attaquer, avec une réserve de trois bataillons dans trois galeries, soit près de 3000 hommes! Après la perte des six autres monts, les Allemands malgré tout finissent par accuser de lourdes pertes dont près de 5000 prisonniers, 50 canons, 103 mitrailleuses et 42 minenwerfer. Mais ils ne se résignent pas si aisément à la défaite, et les gains français vont demeurer précaires, jusqu’à ce qu'après le flux et le reflux des contre-attaques, la nouvelle ligne de front se stabilise au nord des sept monts.

◦ Le 24 avril, Gaston BERTRAND n'est plus très loin du front et atteint Mourmelon-le-Petit à 19h. Le lendemain, alors que le 3e Btn entre dans les tranchées à l'ouest du Mont Cornillet, Gaston BERTRAND parvient avec le 2e Btn au Bois des Bouleaux, avant d'aller bivouaquer le surlendemain près de la Pyramide de Baconnes située au sud-ouest de Baconnes.
◦ Du 27 au 29 avril, le 2e Btn est mis à la disposition du Génie; Gaston BERTRAND est au Bivouac 3 et avec ses camarades du Bataillon, il est alors employé pour travailler à la construction de boyaux. On entend la canonnade des deux artilleries qui se déchainent sur les lignes du front.
◦ Le 30 avril , le Général PETAIN est nommé chef d’Etat-Major Général.

• 1917 …. mois de mai….
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◦ Au début du mois de mai, le 48e RI est composé de 59 officiers, 2437 hommes de troupes et 318 chevaux.
◦ Le 2 mai à 23h, le 2e Btn quitte le réduit d'Auvergne et va occuper les tranchées du Mont Cornillet.
◦ Le 3 mai, la 19e Div envoie l'ordre général n°56, qui demande aux 70e RI et au 48e RI commandé alors par le Lieutenant-Colonel Huet du Rotois, d'attaquer et de s'emparer du Réduit du Cornillet.

◦ Le 4 mai, c'est au tour du 1er et du 2e Btn avec Gaston BERTRAND, de partir à l'assaut du Mont Cornillet et rejoindre le 3e Btn qui y est depuis le 25 avril.
▪............Toute la matinée l'Artillerie française pilonne le Mont Cornillet, avec des tirs de destruction en vue de l'attaque qui doit avoir lieu en fin d'après midi. L'intention du colonel est d'attaquer par les pentes est et ouest et atteindre le sommet du Mont Cornillet avant de poursuivre sa progression sur la pente nord.
▪............Le 1er Btn se trouve au sud-ouest du mont et le 2e Btn au sud-est dans les tranchées du Bois 25 et le long de la voie étroite jusqu'au boyau du Cornilletn point e liaison avec le 70e RI. Le 3e Btn reste en soutien. Le 2e Btn a mis la 5e et la 6e Cie en première ligne dans les tranchées du bois 25; la 7e Cie est en réserve.
▪............À 18h30, les 1er et 2e Btns montent à l'assaut. Dans la 5e Cie commandée par le Capitaine Levionnois, Gaston BERTRAND et ses camarades progressent relativement facilement; la gauche de la Compagnie couronne assez vite la crête du Réduit du Mont Cornillet, mais sa droite ne tarde pas à être arrêté par un violent feu de mitrailleuses parti des pentes est du Mont Cornillet. Les Allemands semblent utiliser un grand nombre de Fusil-Mitrailleurs qui les rendent très mobiles.
▪............La 6e Cie située à la droite de la 5e Cie, atteint le bois 52 et s'approche du bois 20, lorsqu'une contre-attaque ennemie semblant surgir des entrailles du mont, oblige la 5e Cie et la 6e Cie à se replier. Elles sont rejetées sur leur ligne de départ. La contre-attaque ennemie se heurte alors au feu de la 7e Cie qui aidée par la section de mitrailleuses du groupe de liaison avec le 70e RI prenant en flanc l'ennemie, parvient à arrêter les Allemands qui repassent la crête après avoir éprouvé de très fortes pertes.
▪............À 18h55, le Général Trouchaud commandant la 19e Division, donne l'ordre au Colonel Roux du 48e RI de faire engager le 3e Btn Hemery pour contre-attaquer le plus tôt possible, soutenu toutefois par un Bataillon du 270e RI. La 9e Cie du 3e Btn réussit à s'emparer de la partie sud d'un ouvrage fortifié allemand situé sur les pentes ouest du Mont Cornillet: 160 allemands sont faits prisonniers, dont 6 officiers. Elle va s'y maintenir jusqu'au 13 mai, brisant pendant huit jours toutes les attaques furieuses de l'ennemi, pourtant équipé d'un grand nombre de mitrailleuses légères.
▪............En fin d'après-midi ers 19h30, le 2e Btn se retrouve à son point de départ, avec des pertes assez sérieuses. Il se maintient sur ses positions.
▪............L'échec de l'attaque française est dû à la forte consolidation des abris allemands, au peu d'efficacité de l'artillerie qui n'arrive pas à trouver les points d'entrée des abris. Les blockhaus allemands en béton armé sont restés intacts sur les pentes du Mont Cornillet.
▪............Le 48e RI a beaucoup souffert de cette journée et se réorganise dans ses tranchées de départ. Les pertes sont sévères, 719 hommes et 14 officiers dont le Commandant Champel, Chef du 1er Btn disparu dès le début de l'assaut.
▪............Face à tous ces échecs, PETAIN, nouveau chef d’Etat-Major Général, envisage de stopper l’offensive du général NIVELLE. Mais on ne peut mettre un terme à ces combats aussi longtemps que les troupes restent accrochées aux pentes sud, dans une position précaire, dangereusement exposées aux retours offensifs allemands.

◦ Les 5, 6, 7 et 8 mai, l'ennemi réagit par des tirs de tous calibres, réglés par de nombreux avions qui survolent les lignes françaises, pendant que les hommes du 48e RI travaillent à l'approfondissement et la consolidation des tranchées
◦ Le 10 mai des patrouilles du 48e RI explorent les pentes sud du Cornillet, alors que la 19e Div est relevée, exsangue et épuisée, laissant « le mont, ses pentes, la plaine au sud bien au-delà de la tranchée d'Erfürt, présentant l'aspect d'un désert avec une terre crayeuse d'un blanc grisâtre ou brûlée par les explosions ou noircie par la fumée, piochée, bouleversée par les éventrements, creusée de milliers de trous d'obus, vingt fois comblés, puis labourés de nouveau. Partout des débris de réseaux de barbelés.
Des boqueteaux de sapins réduits à quelques troncs broyés. Partout aussi des restes d'équipements, des pansements tachés de sang. Et, hélas, des cadavres en bleu horizon, des chevaux éventrés, quelques véhicules démolis ».

◦ Le 11 mai, le 48e RI resté sur place poursuit les travaux d'approfondissement et de réfection de la tranchée de première ligne, de création d'emplacements pour mitrailleuses et fusils-mitrailleurs, de boyaux de liaison entre la première ligne et la tranchée de doublement.
◦ Le 12 mai, alors que les 1er et 3e Btn vont cantonner à Cuperly. Le 2e Btn De Soyer restant en première ligne, Gaston BERTRAND est toujours dans les tranchées du Mont Cornillet. Après une très grande activité de l'artillerie allemande pendant la nuit, qui cause l'explosion d'un dépôt de munition entrainant la perte de 20 tués et 20 blessés, la journée est relativement calme.
◦ Le dimanche 13 mai, l'ennemi attaque sans résultat sur le Bois de la Grille situé à 2 km au sud-ouest du Mont Cornillet. La relève du 2e Btn est prévue dans la nuit du 13 au 14 mai. Il déplore 7 blessés et 2 tués dont le soldat Gaston BERTRAND, tué à l'ennemi sur le champ de bataille, au Mont Cornillet, à 4h du matin.

◦ Deux jours plus tard, le Général Nivelle est remplacé par le Général Pétain à la tête des Armées Françaises. le Général Foch est nommé chef d'état-major général auprès du ministre, en remplacement du Général Joffre. La guerre continue.

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• L'acte de décès de Gaston BERTRAND est dressé à Cuperly (Marne) le 17 mai 1917 à 11h du matin, par Jules Alfred BLAVIER, sous-lieutenant au 48e RI, officier de l'état civil, sur la déclaration de Martial TOUSSAINT, caporal et de Henri Auguste BLANC, caporal, tous deux au 48e RI, qui déclarent entre autres '' En raison des circonstances du combat , il nous a été impossible de nous assurer de la réalité du décès''.
• l'Avis ministériel E.P. 3248 bis du 6 juin 1917, officialise le décès. Gaston BERTRAND est déclaré « Mort pour la France ».
• Son acte de décès est transcrit le 23 juillet 1917 au Mesnil-Théribus, acte n°12.
• Il est inhumé au cimetière militaire de Sepharels, PLEMS, Marne, section 2 et 4, tombe 40, rangée 10.
• Le 17 février1922, à la demande de la famille, son corps est transféré au Mesnil-Théribus. La concession n° plan 119 / SF, avait été obtenue par sa mère Mme Veuve BERTRAND Adrien le 18 février 1915, suite au décès de son mari le 9 février 1915: l'emplacement est situé dans la partie supérieure du mur sud.
• Gaston BERTRAND reçoit à titre posthume, la Croix de Guerre et la Médaille Militaire, preuve de sa bravoure.
◦ Instituée par la loi du 8 avril 1915, ''La Croix de Guerre 1914-1918 est une décoration militaire attribuée pour récompenser l'octroi d'une citation par le commandement militaire pour une conduite exceptionnelle.''
◦ La Médaille Militaire, créée en 1852, était à l'époque la deuxième décoration française dans l'ordre de préséance après la Légion d'Honneur. Elle était attribuée aux soldats qui avaient été cités à l'ordre de l'Armée ou du Corps d'Armée (une palme sur la Croix de Guerre) à titre individuel, ou à ceux qui avaient reçu la Croix de Guerre avec au moins deux citations (deux étoiles sur la Croix de Guerre).
◦ Gaston BERTRAND a donc reçu, à titre posthume les deux plus hautes distinctions militaires de la guerre 14-18, probablement méritées par plusieurs citations reçues sur le front, après les différents combats.
Fin