Alfred PAVIS

Morts pour la France du Mesnil-Théribus :

PAVIS Alfred Clodomir (09/05/1871-19/05/1916).
• Alfred Pavis est né le 9 mai 1871 au Mesnil-Théribus à 17h.
• Son père Laurent, Firmin PAVIS et sa mère Marie, Augustine, Félicie, Claire ODENT, sont tabletiers.
• Le 5 décembre 1891 il épouse Alice, Alphonsine GROUX, tabletière à Fresneaux-Montchevreuil, mais née à Chaumont-en-Vexin. Deux enfants naitront de ce mariage, Juliette en 1898 et Marcel en 1901.
• Alfred PAVIS est marchand de vin, épicier débitant, résidant au Mesnil-Théribus, au n°1 de l'actuelle rue Marchand.

• Au mois de janvier 1892, le recensement des jeunes hommes du Mesnil-Théribus, lui attribue le matricule de recrutement n° 292. Puis au tirage au sort du canton d'Auneuil, il tire le n°18, assurément un mauvais numéro.
• Au Conseil de Révision qui a lieu quelques semaines plus tard, le jury évalue son degré d'instruction générale à 3, et le classe dans la 1ère partie de la liste du recrutement cantonal, Bon pour le service militaire. Il est bon pour trois ans de service armé.
• le 15 novembre 1892, Alfred PAVIS est incorporé à la 6e Cie du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied (BtnCP), matricule au corps n°1454. Le 8e BtnCP est basé à Amiens depuis 1878. Un bataillon de chasseur à pied est composé d' hommes généralement de petite taille, très vifs et excellents tireurs. Un chasseur à pied, pourrait être comparé aujourd'hui à un tireur d'élite qui s'embusque à l'avant des troupes, pour freiner les ardeurs de l'ennemi. Avec ses 163 cm mesurés sous la toise du Conseil de Révisions, Alfred PAVIS est juste en dessous de la moyenne des soldats de l'époque, qui est de 164 cm.
• Le 9 août 1893, Alfred PAVIS est promu chasseur 1er échelon.
• Il est en congé le 26 juillet 1895 en attendant de passer dans la réserve de l'armée active le 1er novembre de la même année avec son certificat de bonne conduite qui lui est accordé.

• Naissance en 1898 de son premier enfant, Juliette. Alfred PAVIS effectue sa première période d'exercices du 3 au 30 octobre 1898.
• Naissance en 1901 du second enfant, Marcel.
• Alfred PAVI s'acquitte de sa seconde période du 24 février au 23 mars 1902, sous les ordres du capitaine-major du 8e BtnCP, un certain Pétain.
• Le 4 novembre 1905, il passe dans l'Armée Territoriale.
• Il effectue sa période d'exercice comme réserviste au 8e BtnCP, du 24 septembre au 7 octobre 1906, au 11e Régiment d'Infanterie Territorial (RIT).

• 1914 … mois d'août …
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◦ Le 1er août 1914, c'est la Mobilisation Générale . Alfred PAVIS est rappelé à 43 ans à l'activité, avec la mention « réquisition des chevaux ».
◦ Comme tous les réservistes nés entre 1868 et 1874, Alfred PAVIS est versé dans un Régiment d'Infanterie Territoriale (RIT). Ils sont chargés d’assurer la défense des points sensibles du territoire comme les gares, les nœuds ferroviaires, les ponts, les entrepôts, les forts, etc.
◦ Alfred PAVIS est affecté avec le n° au corps 11109, à la 8e Compagnie (Cie) commandée par le Capitaine Devillers, du 2e Bataillon (Btn) commandé par le Capitaine Renoult, du 11e Régiment d'Infanterie Territoriale (RIT) commandé par le Lieutenant-Colonel (LtCol) Amiot.
▪............ Le 11e RIT appartient à la 161e Brigade Territoriale (BdeT), commandée par le Général Gygès.
▪............ La 161e BdeT fait partie de la 81e Division Territoriale de Campagne (DivTC) commandée par le Général Marcot qui relève de la IIe Région Militaire d'Amiens.
▪............ Les Divisions Territoriales de Campagne sont destinées à manœuvrer, d'où leur appellation de « divisions territoriales de campagne ». La 81e et la 82e DivTC avec leur QG à Hazebrouck et Arras, sont destinées à intervenir en cas de débarquement naval allemand.
▪............ Les DivTC sont sous le commandement du Général Joseph Brugère.

◦ La mobilisation des effectifs de la 161e BdeT s'effectue entre le 2 et le 5 août 1914. Le dernier jour, le Général de Gyvès, commandant la 161e BdeT, s'adresse aux 3 000 hommes et 32 officiers sur l'Esplanade de Beauvais en ces termes : «Vous êtes un régiment de marche; dans 48 heures vous pouvez être en contact avec l'ennemi; je compte que chacun fera son devoir».
◦ Le 11e RIT commandé par le Lieutenant-Colonel Amiot, inclue des parisiens et pour les deux-tiers « des hommes des braves populations de l'Oise ». Après avoir présenté son drapeau aux Beauvaisiens, le 11e RIT embarque à Beauvais dans la nuit du 5 au 6 août pour Hazebrouck. C'est là que le 7 août Alfred PAVIS rejoint son régiment.
◦ Du 7 au 14 août, le 11e RIT cantonne à Hazebrouck. Il effectue une mise en mains des unités et s'organise sur le plan administratif, et fait réaliser des exercices par Compagnie.
▪............ Le régiment a pour mission d'établir des barrages afin de mettre toutes les communications ferrées et fluviales à l'abri des coureurs et détachements ennemis, dans un secteur délimité entre Warneton (sur la Lys), Saint-Venant, Saint-Omer et Cassel.
◦ Le 15 août, c'est repos de 9h à 14h, et exercices par Compagnie l'après-midi. Vingt neuf hommes sont évacués sur l'Hôpital d'Amiens. Parmi eux probablement Alfred PAVIS. Le lendemain, Alfred PAVIS est renvoyé dans ses foyers.

◦ Cependant l'avance rapide des Armées allemandes entraine le repli des Français. Le 11e RIT est envoyé à Amiens afin de procéder à des travaux de défense. Puis le 31 août, face à l'avancée des Allemands, il reçoit l'ordre de se replier de nouveau pour couvrir Rouen.

• 1914 … mois de septembre …
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◦ Le 3 septembre, l'ennemi infléchit sa marche et se dirige vers le sud-est, couvert sur sa droite par des forces de cavalerie se maintenant à l'est de la ligne Breteuil -> Poix.
◦ Alors que le 5 septembre la région Aumale -> Poix est entièrement libre d'ennemis, Alfred PAVIS est rappelé et envoyé en renfort au 11e RIT. Il rejoint la 8e Compagnie au dépôt du régiment, dans le secteur de Vascoeuil, à l'ouest de Rouen. Alfred Pavis arrive au moment où le Régiment se tient sur la rive droite de l'Andelle, une rivière qui passe à Vascoeuil. Alfred PAVIS effectue son premier cantonnement à Auzouville-le Thyl.

◦ Le 6 septembre, aucune troupe allemande n'ayant été signalée depuis deux jours à l'ouest du front Aumale / Gournay / Gisors, l'ordre est donné de couvrir Rouen avec trois Divisions, dont la 81e DivTC en position sur Martainville. La 81e DivTC a pour mission de barrer à l'ennemi les routes venant de l'est, soit au nord de Vascoeuil par le chemin Boissay -> Blainville-Crevon -> Salmonville. Le 11e RIT lui, a pour objectif plus spécifique d'organiser la deuxième ligne de résistance Martainville -> le Frenay. Alfred PAVIS va cantonner avec son Bataillon à Le Fresnay.
◦ Du 7 au 10 septembre, le 11e RIT procède a des travaux de campagne, réalisation de tranchées et exercices d'utilisation de ces tranchées. Il participe aux manœuvres de la Division. Le 2e Btn occupe l'emplacement au bois des Brulins. Alfred PAVIS cantonne aux Hogues.

◦ L'ennemi n'étant plus visible sur la ligne Ally-sur-Noye -> Moreuil -> Breteuil -> Crèvecoeur-le-Grand, le 11 septembre à 4h le 2e Btn se dirige vers Bosc-Hyons, au sud-ouest de Gournay-en-Bray où il cantonne à 13h.
◦ Les 12 et 13 septembre, le repli des Allemands étant général, le 11e RIT prend la route de Gournay-en-Bray vers Marseille-en-Beauvaisis. Le Régiment reçoit un renfort de 500 hommes arrivant du dépôt de Brest. Deux bataillons du Régiment s'installent à la Chapelle-Gerberoy, huit kilomètres avant Marseille-en-Beauvaisis.
◦ Les 14, 15 et 16 septembre, le 2e Btn poursuit sa route vers le nord et se dirige vers Conty. Le Commandant Constant arrive et prend le commandement du 2e Btn; le Capitaine Renoult est affecté à la 5e Cie. La cavalerie allemande est en vue à Péronne et Albert. Alfred PAVIS cantonne à Loeuilly au nord de Conty.

◦ Le 17 septembre, le 11e RIT se dirige vers Albert et Bapaume; le 2e Btn stationne à Rainneville. Le lendemain il est à Toutencourtain, le Commandant Constant est évacué comme malade; le 2e Btn est de nouveau commandé par le Capitaine Renoult
◦ Le 19 septembre, Alfred PAVIS cantonne à Pierregot, avant d'aller assurer la défense en avant de Hérissart les deux jours suivants.

◦ Le 22 septembre dès 6h du matin, la 81e DivTC exécute des manœuvres en faisant mouvement vers Beauval-Gezaincourt. Le Lieutenant-Colonel du 11e RIT reçoit l'ordre de se mettre en marche le plus rapidement possible sur Terramesnil, avec le 2e et 3e Btn, car les patrouilles de cavalerie allemande montrent une très grande activité à Cambrai, Bapaume et Arras.
◦ Le 23 septembre est employée aux travaux de propreté, et au nettoyage des armes. Alfred PAVIS va cantonner à Ivergny.
◦ Le 25 septembre, une patrouille de reconnaissance allemande est accrochée à Achiet-le-Grand, et perd 7 hommes et 3 voitures. La 161e BdeT change de direction et oblique vers l'est en se portant jusque Boisleux-au-Mont. À 17h, le 2e Btn prend une position d'attente au sud de Boyelles, où il cantonne à 20h.

◦ Le 26 septembre à 9h, le 11e RIT débouche de Saint-Léger et se porte en ligne par quatre, vers les cote 99 et 111. La 6e Cie est envoyée en avant, pour éclairer la marche du régiment vers la cote 111. Alfred PAVIS va participer aux combats de Vraucourt.
▪............À 11h30, le Régiment reçoit l'ordre de se porter vers la croupe 113 à l'est de Vaulx-Vraucourt et le village lui-même qu'il débordera vers le nord ; il détachera la 6e Cie marchant par Moreuil, sur Lagnicourt et couvrant le mouvement au nord.
▪............ À 12h, le 2e Btn reçoit l'ordre d'attaquer le Bois de Vaulx en avant de la cote 113. La 7e Cie et la 8e Cie du capitaine Devillers appuyées par le 1er Btn, reçoivent l'ordre de passer par le village de Vaulx-Vraucourt.
▪............Quand à 13h, le 11e RIT débouche à la cote 113 en ligne de section par quatre, il est accueilli par un violent feu d'artillerie venant de la direction de Morchies.
▪............À 13h30 le 2e Btn se porte en ligne déployée vers le centre du village de Morchies.
▪............À 19h le 11e RIT progresse ainsi, par bonds successifs, sous un feu de plus en plus violent d'artillerie et de mousqueterie. La nuit tombant, le 11e RIT est obligé d'arrêter son mouvement à cinq cents mètres des batteries allemandes.
▪............À 20h 30, le Régiment se replie en bon ordre sur le village de Vaulx-Vraucourt où il cantonne. Cette première journée de combat a coûté 11 tués et 81 blessés et 18 disparus.

◦ Le 27 septembre à 4h30, le Régiment se porte à Bucquoy où il cantonne à 19h, et y organise les tranchées.
◦ Le 28 septembre, le Commandant Constant revient et reprend le commandement du 2e Btn, alors que le Capitaine Renoult est évacué à son tour.
▪............À 5h le 2e Btn est en réserve à la disposition du Général de Brigade et se porte à son emplacement à Bucquoy.
▪............À 9h15 l'artillerie ennemie canonne les positions françaises. Trois quarts d'heure plus tard, les hommes reçoivent toutes les cartouches du train de combat. Le 2e Btn change sa position et se porte dans le vallonnement nord-est de Bucquoy tout en restant à la disposition du Général de la Brigade. Le 11e RIT continue ses travaux d'abris et d'amélioration des tranchées sous le feu continuel de l'artillerie ennemi.
▪............À 19h le 11e RIT cantonne à Bucquoy, encerclant et surveillant très sérieusement les issues. Les pertes de la journée sont de 11 blessés.

◦ Le 29 septembre à 5h, le 11e RIT a mission de surveiller et protéger le mouvement de repli de la 82e DivTC sur Puiseux.
▪............À 9h40, Achiet-le-Petit est tenu par le 12e RIT.
▪............À 9h50, Alfred PAVIS doit se porter avec le 2e Btn, dans la direction d'Achiet-le-Grand.. L'artillerie ennemie pilonne les positions françaises.
▪............À 16h30, les Français reprennent Puiseux-au-Mont et la ferme Beauregard; de ce fait le 11e RIT peut se consacrer à son secteur de Achiet-le-Petit et Irles. L'ennemi est maintenu sur tout le front de la Division et il est même repoussé vers l'est d'Achiet-le-Grand.
▪............À 18h, le 11e RIT rentre à son cantonnement de Bucquoy, le 2e Btn étant en Avant-Postes. Les pertes de la journée sont de un tué et 13 blessés.
◦ Le 30 septembre est une journée sans perte. Le 2e Btn reste en réserve. Alfred PAVIS peut souffler un peu.

• 1914 … mois d'octobre …
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◦ Le 1er octobre, le feu de l'artillerie ennemie s'espace et le 11e RIT lance des patrouilles et surveille plus étroitement que jamais ses cantonnements.
◦ Le 2 octobre, l'ennemi bombarde les positions françaises toute la journée. La 161e BdeT doit tenir coûte que coûte ses positions de manière à soutenir l'attaque du 10e Corps d'Armée dans la direction d'Ervillers -> Saint-Léger.

◦ Le 3 octobre, un violent bombardement s'abat sur Achiet-le-Grand.
▪............À 15h10, l'infanterie ennemie débouche d'Achiet-le-Petit et cherche à contourner par la droite. La première ligne dans les tranchées tenue par le 1er Btn, est mise en difficulté.
▪............À 16h20, le 2e Btn se déploie dans les tranchées à gauche de la 11e Cie face à Achiet-le-Grand et le bois Logeast.
▪............À 18h, l'ennemi a vivement attaqué la Division et s'est emparé de ses positions avancées. Pertes de la journée, un tué et 7 blessés.

◦ Le 4 octobre, des patrouilles circulent toute la nuit, surveillant les mouvements de l'ennemi. Alfred PAVIS va connaître les combats de Bucquoy.
▪............À minuit 20, Ablainzevelle est occupé par l'ennemi, qui s'avance alors par le vallon Bucquoy -> Puiseux. Puiseux est alors évacué.
▪............À 10h10, le 2e Btn se replie. La situation devient critique, les tranchées du Régiment sont sous le feu des mitrailleuses ennemies.
▪............À 10h35, le Lieutenant-Colonel, devant la menace de voir son Régiment cerné et pris d'enfilade par le feu ennemi, donne l'ordre de battre en retraite. Une grêle d'obus et de balles s'abat alors sur le Régiment qui subit de fortes pertes.
▪............ À 11h, le Lieutenant-Colonel s'efforce de rassembler les fractions de son Régiment vers les Essarts-les-Bucquois.
▪............À 13h, le Général Marcot, commandant la Division, est tué par un obus alors qu’il traversait les Essarts.
▪............À 13h30, le Lieutenant-Colonel rencontre le Général de Brigade à qui il rend compte de son mouvement. Le Général lui dit qu'il lui a fait porter l'ordre de repli à 10h05. Cet ordre est remis à l'instant même au Lieutenant-Colonel par le cycliste Desbrosses, qui n'avait pu le porter à destination à cause de la pluie de mitraille balayant le terrain.
▪............À 14h35, suite à l'échec de la tentative de reprise de Bucquoy, le 11e RIT se replie par Gommecourt, Fonquevillers et Hannescamps.
▪............À 19h, le 2e Btn peut aller cantonner à Souastre, où il arrive à 22h10. La ligne des Avant-Postes passe par la ferme de La Brayelle, les Essarts et la croupe 151. Perte de la journée, 27 tués et 149 blessés, 382 disparus. Le commandant Cazier du 1er Btn est tué à Achiet-le-Petit, le Capitaine Halluin, les Lieutenants Rieffel et Lemarinier sont tués dans les tranchées.

◦ Le 5 octobre à 5h, le 2e Btn se porte en avant de Souastre. Il reçoit l'ordre d'aller à l'est de Fonquevillers et d'établir la liaison avec la 162e BdeT qui occupe la cote 164, et d'y faire des tranchées. Alfred PAVIS va se lancer dans les longs combats de Fonquevillers et Bienvillers.
▪............À 8h20, le 2e Btn, avant d'être en place, reçoit l'ordre du Général commandant la 161e BdeT, de se reporter en arrière, et de défendre les crêtes en avant de Souastre face à l'est.
▪.............À 9h10, le village de Fonquevillers est fortement canonné par l'ennemi.
▪............À 18h, le Lieutenant-Colonel reçoit l'ordre de stationnement pour la nuit : le 2e Btn restera à Souastre. Perte de la journée, 5 blessés.

◦ Le 6 octobre 13h25, le 2e Btn doit aller mettre en état de défense le ravin de Couin.
▪.............À 14h10, il doit aller se porter en réserve dans la cuvette en avant de Souastre, face à l'est.
▪............ À 19h, il reçoit l'ordre d'aller stationner à Saint-Amand.
▪............À 20h l'ennemi a été maintenu sur le front Grande Ferme du Bois du Quesnoy -> les Essarts-lès-Bucquoy -> Ferme de La Hayette -> Gommecourt, qu'il tient encore ce soir. Perte de la journée, un tué et 5 blessés

◦ Le 7 octobre à 4h, le 2e Btn fortifie les crêtes en deuxième ligne et en avant de Souastre. Un renfort de 265 hommes arrive de Brest.
▪............À 12h20 le 2e Btn reçoit l'ordre de se porter avec la voiture d'outils vers la cote 164, pour y établir des tranchées, afin de se relier à gauche avec la 162e BdeT, et à droite avec le 12e RIT qui se trouve dans les tranchées en avant de Fonquevillers. Très vivement canonné, le 2e Btn ne peut remplir sa mission qu'à la nuit tombée. Il tient ses Avant-Postes dans les tranchées de Fonquevillers. Pas de perte dans la journée.

◦ Le 8 octobre dès 4h, le 11e RIT reste toute la journée à améliorer ses tranchées. Le Lieutenant-Colonel reçoit du Général commandant la 161e BdeT, l'ordre suivant ; « les tranchées doivent être occupées par la moitié de l'effectif. L'autre moitié doit être abritée dans des tranchées-abris, parfaites comme sûreté, et reliées aux premières par des cheminements défilés (ou boyaux) » .
▪............À 18h30, l'ennemi étant toujours contenu sur le front de la ferme Le Quesnoy -> Les Essarts-lès-Bucquois, le 2e Btn stationne à Fonquevillers. Perte de la journée, un blessé.

◦ Le 9 octobre 15h30, une attaque allemande est signalée sur la partie nord de Fonquevillers où il faut aller appuyer la défense.
▪............À 16h, deux compagnies du 2e Btn sont envoyés au Moulin de Souastre, face à Bienvillers, afin de protéger le cas échéant, la retraite de la 161e BdeT.
▪............À 19h30 l'attaque allemande sur Hannescamps a échouée. Monchy-au-Bois reste aux Français. Le 11e RIT cantonne à St Amand. Perte de la journée, un disparu.

◦ Le 10 octobre, un bataillon est envoyé pour défendre Bienvillers-au-Bois, sous le feu de l'artillerie ennemie. Les tranchées de Souastre et la crête du Moulin de Souastre sont occupées par deux bataillons.
▪............À 19h30 Bienvillers-au-Bois et Hannescamps sont malgré tout occupés par l'ennemi. Le 11e RIT occupe les tranchées construites sur la croupe du Moulin de Souastre. Les unités aux Avant-Postes doivent barrer toutes les routes contre le passage des auto-mitrailleuses allemandes. Perte de la journée, 4 tués, 6 blessés et 8 disparus.

◦ Le 11 octobre, Fonquevillers, Bienvillers-au-Bois sont tenus par le Régiment; Hannescamps perdu la veille, est ré-attaqué au point du jour.
▪............À 19h, aucun renseignement sur l'ennemi. Le 11e RIT cantonne à Souastre en assurant un cerclage très sérieux.

◦ Le 12 octobre 5h30, l'ennemi paraît de plus en plus remonter ses forces vers le nord. La 81e DivTC doit occuper la position La Cauchie-Bailleulmont. En fin d'après-midi, le 11e RIT se porte sur Bailleulmont où il assure un cerclage rigoureux. Le Lieutenant-Colonel donne l'ordre de ne faire aucun bruit dans le cantonnement de Bailleulmont et de séjourner à l'intérieur des habitations, aucun feu ne devant être allumé à l'extérieur. L'ennemi semble contenu sur ses lignes.

◦ Le 13 octobre à 1h du matin, une violente fusillade accompagnée de coups de canon semble venir de la direction de Berles-au-Bois, au sud de Bailleulmont.
▪............Les Avant-Postes prennent leurs dispositions en vue d'une attaque, mais à 3h30, la fusillade ayant cessée, chacun reprend son poste primitif.
▪............À12h10, le 11e RIT reçoit l'ordre de mettre en état de défense le village de Saulty face au nord-est.
▪............Ce même jour, les Allemands entrent dans Lille et attaquent dans les Flandres belges pour accéder à la mer.

◦ Du 14 au 20 octobre, le 11e RIT se livre alternativement à des travaux de nettoyage des armes et des effets et aux soins de propreté et d'hygiène.
◦ Le 21 octobre 6h30, départ du Régiment de Saulty pour aller dans la région de Beauquesne. Il arrive le lendemain à Corbie, où il cantonne à 14h.
◦ Le 23 octobre est consacré aux travaux de propreté et aux revues des bataillons devant le Lieutenant-Colonel du Régiment.
◦ Du 25 au 29 octobre, le 11e RIT s'adonne aux travaux de défense en avant de Blangy-Tronville. Un détachement de 200 hommes arrive en renfort de Brest.
◦ Le 30 octobre, l'ordre est reçu de remonter vers le nord. Le 11e RIT passe successivement par Rubempré, Terramesnil, Doullens, Saint-Pol, Pernes, Aumerval.

• 1914 … mois de novembre et décembre …
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◦ Le 3 novembre, le 11e RIT embarque à la gare de Lillers et arrive le 4 novembre à Furnes en Belgique où il cantonne.
◦ Le 5 novembre, arrive l'ordre de se porter dans la matinée sur Nieuport avec mission de reprendre l'offensive sur la rive droite de l'Yser. Alfred PAVIS part pour les combats de Nieuport du mois de novembre.
◦ Le 6 novembre, pendant que le 3e Btn est à Furnes le 1er Btn cantonne à Oostduinkerke, le 2e Btn est à Nieuport au repos, nettoyage des armes et effets, et revue de bataillon.

◦ Le 7 novembre le Général Bidon, commandant les troupes françaises à Furnes, doit entreprendre de déboucher au nord de Nieuport, sur Lombartzyde-Westende-St Georges, en vue de s'établir sur la rive droite de l'Yser, en direction de Saint-Georges. La 81e DivTC doit remplacer la 2e Armée Belge qui occupe Nieuport.
▪............À 8h30, alors que le 1er Btn reçoit l'ordre d'attaquer Lombartzyde par les dunes, le 2e Btn doit se porter vers Saint-Georges, le 3e Btn attaquant de son côté Lombartzyde par le Sud.
▪............Entre 11h et midi, six Compagnies passent l'Yser sur les ponts et vont remplacer dans les tranchées les fantassins Belges.
▪............À 13h l'artillerie ennemie ouvre le feu et la fusillade commence à 14h20.
▪............À 18h30, le 2e Btn occupe les tranchées sur la rive gauche de l'Yser.
▪............Perte de la journée, trois blessés.

◦ Le 8 novembre, le 2e Btn s'infiltre par les ponts le long du canal de l'Yser pour gagner jusqu'à la mer et attaquer le village de Lombartzyde par l'ouest. La 10e Cie doit attaquer par le sud pendant que les 9e, 11e et 12e Cies fixeront l'ennemi face à la ferme Bamburg.
▪............À 13h10, le 2e Btn s'avance lentement, précédés de quelques éclaireurs de combat. Il parvient à 16h aux premières maisons de Lombartzyde et pénètre dans ce village à la tombée de la nuit. Au moment où il encercle le village il est soudainement assailli de tous côtés par l'ennemi qui dirige une fusillade intense: le 2e Btn est obligé de se replier. Le 1er Btn qui avait suivi le mouvement du 2e Btn se replie également. Le 3e Btn qui est établi dans des tranchées à Lombartzyde, est également attaqué violemment par des feux de mousqueterie venant du village et des bois situés à l'est. Ce bataillon avait essayé de progresser et de s'installer dans des tranchées évacuées par les Allemands. Pris en enfilade par des feux venant de la direction de la ferme Bamburg, le 3e Btn doit abandonnées ces tranchées et revenir sur ses positons primitives, situées à 200 ou 300m de celles des Allemands. Un peloton de la 3e Cie est placé pour garder l'entrée des ponts rive droite, l'autre peloton barre le petit Pont de Pierre.
▪............À 22h30, la fusillade ennemie cessant enfin, les bataillons bivouaquent sur place. Perte de la journée, 3 tués, 64 blessés et 17 disparus.

◦ Le 9 novembre, une attaque violente se produit sur tout le front du 3e Btn, l'ennemi débouche des bois à l'est de Lombartzyde et de la ferme Bamburg, et semble vouloir contourner les Français par la droite. La fusillade diminue d'intensité vers 1h ; quelques coups de feu se font cependant entendre dans la nuit.
▪............À 4h50, la fusillade recommence. Un bataillon du 12e RIT vient remplacer le 3e Btn dans les tranchées, ce qui provoque des feux de mousqueterie de la part de l'ennemi.
▪............ À 7h20, le 2e Btn doit se rassembler dans le Bois Triangulaire, le 1er Btn reprend sa place dans le Redan.
▪............ À 8h, l'attaque sur Lombartzyde est reprise ; le 12e RIT se charge de l'attaque pendant que le 11e RIT est chargé de l'occupation de la défense de la grande tête de pont de l'Yser.
▪............ À 10h, le 12e RIT réussit à s'emparer des lisières de Lombartzyde. Perte de la journée, 2 tués et 2 blessés.

◦ Le 10 novembre, une attaque a lieu à 7h venant de St Georges. Elle est repoussée par le 1er Btn.
▪............À 11h35, l'artillerie ennemie tente de couper les ponts, avec un feu violent. Un duel d'artillerie se prolonge toute la journée.
▪............À 16h, le 12e RIT réussit à prendre enfin Lombartzyde et s'y retranche.
▪............À 17h deux batteries françaises de 75 passent l'Yser pour soutenir la défense des bataillons; une prend place face à Lombartzyde, à 200m des tranchées du 3e Btn.
▪............À 23h le 12e RIT étant à court de cartouches, deux Compagnies du 11e RIT viennent le ravitailler sous une pluie de projectiles ennemis.
▪............ À 23h30, l'attaque française fléchit, mais les troupes restent sur leurs emplacements. Perte de la journée, trois blessés.

◦ Le 11 novembre à minuit, l'attaque ennemie recommence sur tout le front du 3e Btn. L'infanterie française répond appuyée par l'artillerie.
▪............À 2h, l'attaque ayant échouée, l'ennemi semble se retirer; jusqu'au petit jour, des coups de feu se font entendre.
▪............À 6h30, l'artillerie allemande bombarde le village de Lombartzyde, la ville de Nieuport, les tranchées du 11e et du 12e RIT.
▪............À 10h, l'artillerie française répond en canonnant les tranchées allemandes au sud de Westende, sans cependant faire taire l'artillerie ennemie qui bombarde de plus en plus.
▪............À 14h, l'infanterie allemande s'avance sur Lombartzyde.
▪............À 15h50, une partie du 12e RIT se replie sur les tranchées du 11e RIT, ce qui provoque un violent feu d'artillerie ennemie. Les mitrailleuses ennemies poursuivent le 12e RIT, bayant toute la zone comprise entre le village et les ponts. Les tranchées du 3e Btn résistent victorieusement à l'attaque ennemie et arrêtent le mouvement de recul du 12e RIT.
▪............À 16h20, un des cinq ponts est détruit par les obus ennemis.
▪............À 17h30, la fusillade se poursuit. Le poste de commandement du Colonel reçoit un grand nombre de blessés du 11e et 12e RIT.
▪............À 18h30, la canonnade se termine à la tombée de la nuit. La fusillade faiblit sans cesser totalement.
▪............À 23h, le ravitaillement en cartouche parvient au Régiment qui en avait bien besoin. Le pont de bateau est réparé pour permettre le passage homme par homme. Perte de la journée du 11e RIT, 4 tués et 12 blessés.

◦ Le 12 novembre 6h20, l'attaque ennemie reprend sur tout le front du 3e Btn. Ce dernier est relevé par un bataillon du 8e RIT et va bivouaquer au Bois Triangulaire. Perte de la journée, 3 tués et 4 blessés .
◦ Le 13 novembre 4h30, des sections du 1er Btn ayant ses tranchées inondées, sont obligées de se replier.

◦ Le 14 novembre dès l'aube, Nieuport est vivement bombardé. L'artillerie française répond et le duel dure toute la journée. En fin d'après-midi, Alfred PAVIS va cantonner à Oostduinkerke. Perte de la journée, trois blessés.
◦ Le 15 novembre, le 11e RIT cantonné à Oostuinkerke, consacre sa journée au nettoyage des armes et aux soins de propreté. À 4h50 des obus tombent sur Oostuinkerke. À 21h15 un autre bombardement dure près de 3 heures.

◦ Le 16 novembre, c'est repos pour le 11e RIT. À 16h, le 3e Btn part occuper les tranchées sur la rive gauche de l'Yser, le 1er et 2e Btn restant à Oostuinkerke.
◦ Le 17 novembre, Nieuport et les tranchées sont bombardés par l'ennemi, sans perte pour le 3e Btn.
◦ Le 18 novembre, le 1er Btn retourne dans les tranchées sur la rive gauche de l'Yser sous un violent bombardement qui touche également Nieuport. Perte de la journée, un tué et un blessé.
◦ Le 19 novembre, Oostuinkerke est bombardé dès 11h. Le 2e et 3e Btn reprennent leurs tranchées de part et d'autre de l'Yser. Toute la journée, le temps est mauvais avec des bourrasques de neige; la nuit est extrêmement froide. Perte de la journée, deux blessés.
◦ Le 20 novembre, Nieuport est bombardé à 8h, suivi par un duel d'artillerie. Le 2e Btn est sur la rive gauche du secteur ouest et le 1er Btn sur la rive gauche secteur est, jusqu'au pont du Pélican. Le temps est froid, mais beau.

◦ Le 21 novembre, nouveau bombardement de Nieuport et des tranchées à 8h.
▪............À 17h, le 3e Btn est relevé par le 2e Btn dans son secteur est de la Grande tête de pont, direction Saint-Georges. Le 1er Btn prend le secteur ouest de la Grande tête de pont, rive droite de l'Yser. Le 3e Btn va cantonner à Oostuinkerke où il arrive à 21h. Le temps est froid et sec, la nuit est calme.
▪............Ce même jour 21 novembre, alors même qu'il est aux Armées, « Alfred PAVIS est nommé par le Conseil municipal du Mesnil-Théribus, suppléant répartiteur pour 1915. La répartition entre les contribuables est faite par le maire, son adjoint et cinq propriétaires répartiteurs désignés en vertu de l'arrêté du 9 mai 1800. À partir de ses informations, la Direction du Département renseigne les tableaux des contributions et les communique au sous-préfet  ».
◦ Le 22 novembre, à 8h une violente canonnade ennemie s'abat toute la ville de Nieuport jusqu'à la nuit. Le 1er Btn est relevé par un bataillon du 12e RIT, et va cantonner à Goxyde où il arrive à 20h.
◦ Le 23 novembre, le 3e Btn part dès 4h pour aller aux tranchées de Nieuport, rive gauche de l'Yser. À 17h, le 2e Btn est relevé par un bataillon du 12e RIT, Alfred PAVIS va cantonner à Oostuinkerke. Le temps est sec et froid.
◦ Le 25 novembre, le 2e Btn relève le 3e Btn rive gauche de l'Yser, et assure la Garde de Police.
◦ Le 27 novembre, l'ennemi canonne violemment les tranchées et la ville de Nieuport. Alfred PAVIS tombe malade et doit être renvoyé dans ses foyers, au Mesnil-Théribus.
◦ Le 7 décembre, Alfred PAVIS est alors classé dans le Service Auxiliaire par la Commission de Réforme de Beauvais pour congestion cérébrale, par décision du Général commandant la Subdivision de Beauvais.

• 1915 … mois de janvier à décembre …
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◦ Alferd PAVIS passe l'année 1915 au Mesnil-Théribus.
◦ Le 3 juillet, Alfred PAVIS est maintenu au Service Auxiliaire par trois médecins de Beauvais.
◦ « En novembre, le Conseil municipal du Mesnil-Théribus le désigne de nouveau comme suppléant répartiteur pour 1916 ».

• 1916 … mois de janvier …
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◦ Le 3 janvier, Alfred PAVIS est convoqué à Beauvais. Suivant la note de Mr le Général Commandant la région du Nord N° 3219T du 10 octobre 1915 et télégraphié du 14 octobre 1915, il va intégrer le Service des Gardes des Voies de Communication (G.V.C).
▪............« Dès la mobilisation, l’armée a conscience de l'importance stratégique des voies de communication telles que les chemins de fer. En effet, durant toute la Grande Guerre, le train joue un rôle capital, dans le transport des troupes (dont les troupes alliées) vers le front, le transport des munitions et des approvisionnements, le transport des blessés, des prisonniers, et des permissionnaires vers l’arrière. Mais également pour la circulation, vers l’arrière, des matières premières et des marchandises nécessaires à l'économie du pays et à l'industrie de guerre.
▪............Dans ce contexte le réseau ferré constitue un axe vital dont il faut impérativement protéger l'intégrité. Ce qui explique la création du service de la Garde des Voies de Communication (ou GVC), qui a pour rôle de surveiller les voies de chemins de fer, les lignes télégraphiques et bien d'autres infrastructures stratégiques.
▪............Dès l'entrée en guerre de la France en août 1914, plus de 200 000 hommes ont été mobilisés pour ce service et ont rejoint leurs postes de garde répartis dans toute la France ».
◦ Alfred PAVIS arrive au corps le 3 janvier. Il est mobilisé comme Gardes des Voies de Communication sur la ligne Beauvais-Gisors, au poste d'Auneuil, subdivision de Beauvais rattaché au 11e Régiment Territorial d'Infanterie.

• 1916 … mois de février au mois de mai …
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◦ Le 17 mai, Alfred PAVIS est atteint de congestion pulmonaire dans la commune de la Houssoye, étant en corvée de ravitaillement pour le poste du Vauroux. Il est transporté à son domicile au Mesnil-Théribus,
◦ Le vendredi 19 mai 1916, Alfred PAVIS décède à son domicile.
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• Sa fiche matricule précise : ''maladie non contractée en service , mention non mort pour la France''.
◦ Il aura pourtant fait campagne contre l'Allemagne en trois périodes officiellement reconnues :
▪ 7 août 1914 au 16 août 1914
▪ 5 sept 1914 au 27 nov 1914
▪ 3 janvier 1916 au 19 mai 1916
• Alfred PAVIS est inhumé au Mesnil-Théribus, en présence du Commandant CANTELAN, capitaine au RIT ; concession n°60-61, n° plan 171-172 / SF ; la tombe est la deuxième à gauche en entrant dans le cimetière.
• L'acte de décès n° 9 est transcrit au Mesnil-Théribus le 20 mai 1916.

Fin