Albert MENANT

Morts pour la France du Mesnil-Théribus :

MENANT Albert Désiré Théophile (23/02/1880-21/05/1916)
• Albert DÉSIRÉ est né le 23 février 1880 à 10 heures du soir, à Villotran.
• Son père Théophile Désiré MENANT est ouvrier boutonnier et sa mère d'Adélaïde Sophie BOUCHÉ est de même profession; ils sont domiciliés à Villotran.
• Recensé en janvier 1901, sous le n° 854, au tirage au sort du canton d'Auneuil, il sort le n°57 ; il sait qu'il est probablement dans la tranche des mauvais numéros. Le Conseil de Révision estime son degré d'instruction générale au niveau 3, et décide après l'examen des aptitudes physiques et psychologiques, de le déclarer Bon.
• Au mois d'août 1901, un mois avant son appel, Alfred MENANT est informé qu'il fait partie de la première partie de la liste du recrutement cantonal. Il fera trois ans de service.
• Alfred MENANT est appelé et incorporé à compter du 15 novembre 1901. Alors que sa grande taille pour l'époque 1,73 mètre ne le prédisposant pas à priori, il est affecté comme Chasseur de 2e classe à la 12e Compagnie (Cie), du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied (BtnCP) à Amiens. Le Conseil de Révision a probablement dû lui reconnaitre les qualités d'un bon tireur.
• Alfred MENANT rejoint sa caserne le 15 novembre 1901, sous le matricule au corps n° 1342,
• Il est envoyé en disponibilité le 29 septembre 1904, avec le Certificat de bonne conduite accordé.
• Le 1er novembre 1904 il passe dans la Réserve.
• Ouvrier-boutonnier-coupeur chez Lemaire Vallé, Albert MENANT réside au Mesnil-Théribus dès le 5 mai 1907.
• Alors qu'il réside au Mesnil-Théribus, Alfred MENANT accomplit ses deux périodes d'exercices dans le 8e BtnCP du 26 août au 22 septembre 1907, puis du 16 mai au 1er juin 1911.
• Le 12 janvier 1912, par note de service du 2e Corps d'Armée, Albert MENANT passe au 251e Régiment d'Infanterie de Réserve (RIR), le régiment subdivisionnaire de Beauvais; c'est le régiment de réserve mis sur pied par le Centre Mobilisateur de Beauvais, une des 8 subdivisions de la IIe Région Militaire d'Amiens.

• 1914 … mois d'août …
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◦ « Dans la soirée du 1er août 1914, les Français découvrent sur la porte des mairies l’affiche portant "ordre de mobilisation générale", chacun sait ce qui est attendu de lui. La guerre n’est pas encore effective, l’Allemagne ne la déclarant à la France que le 3 août, mais la crise née en Bosnie a atteint un point critique. L’immense majorité des Français toutefois, n’avait pas réellement mesuré toute l’ampleur de la gravité de la situation. C’est donc avec une certaine stupéfaction qu’est lu le décret signé par le président de la République Raymond Poincaré, qui enjoint les trois millions de réservistes et de territoriaux à rejoindre dès le 2 août, les 800 000 soldats déjà en service actif ; au total, 8,5 millions de Français seront mobilisés entre 1914 et 1918.»
◦ Pour les soldats et leurs familles dans l’angoisse de la séparation, l’heure n’est ni à l’exaltation guerrière, ni à l’expression de la haine de l’adversaire, ni à l’exigence de la « Revanche » et de la reconquête de l’Alsace-Lorraine (*).

◦ Albert MENANT arrive au corps à Beauvais le 4 août 1914, dans son Régiment de Réserve (matricule au corps n°011386) à la 23e Compagnie (Cie), du 251e Régiment d'Infanterie de Réserve (RIR) commandé par le Lieutenant-Colonel Delagrange, 6e Bataillon d'Infanterie (Btn) commandé par le chef de bataillon Guérin, 138e Brigade d'Infanterie (Bde) du Général Neraud, 69e Division d'Infanterie (Div) du Général Le Gros, 3e Région Militaire, IVe Groupe de Réserve.
◦ Le IVe Groupe de Réserve est une armée territoriale destinée aux hommes qui ont plus de 34 ans. Il reçoit sa feuille de route ou fascicule de mobilisation qui est composée de quatre pages, avec son identité , les avis très importants, l'ordre de route pour le cas de mobilisation et les dispositions pénales.

◦ À la caserne, tout le monde touche son livret et sa plaque d’identité, ainsi qu'un révolver et dix-huit cartouches. « Les hommes en sont fiers : on s’en servira ! » Chaque soldat touche la masse, une solde de 105 francs en billets ; certains voient un billet de cinq francs pour la première fois.
◦ Passé les premiers jours d'août, l’euphorie d’une victoire rapide sur les « Boches » a fait long feu. Le 10 août 1914, les premiers trains de blessés s’arrêtent en gare de Mantes pour transporter les plus graves à l’Hôpital.

◦ Le 13 août, les réservistes du 251e RIR sont embarqués à Beauvais et acheminés vers la Belgique. Albert MENANT est affecté à la zone de l'Intérieur. La zone de l'Intérieur est une zone située au delà des 50 km du front.
◦ Le 29 août, l'ordre général de retraite ramène le 251e RIR de la frontière belge vers la région de Provins. L'ennemi attaque en nombre avec une puissante artillerie. Pendant les combats acharnés, le Lieutenant-Colonel Delagrange est tué à la tête de son régiment dans une charge à la baïonnette. Le régiment décimé, se reforme sous le commandement du Chef du Bataillon Guérin.

• 1914 … du mois de septembre au mois de décembre…
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◦ Le 5 septembre, après l'ordre de Joffre ''on ne recule plus'', la contre-offensive française est lancée et la bataille de la Marne commence.
◦ Le 13 septembre, le 251e RIR est engagé à la ferme Sainte-Marie-le-Godat et jusqu'au 17 septembre, il résiste aux assauts de l'ennemi à La Neuville malgré de nombreuses pertes.
◦ Le 20 septembre 1914, Albert MENANT est appelé en renfort à la 23e Cie du 251e RIR.

◦ Le 21 septembre, Albert MENANT arrive à Le Godat où son Régiment se bat, et où se trouve déjà Georges Tuquet, autre Mesnillois. Le Godat est une ferme aujourd'hui disparue, située sur le versant nord du canal de l’Aisne à la Marne, près de l’écluse du même nom. Après les derniers combats acharnés de la Bataille de la Marne, la ligne de combat passe par cette ferme, située côté français. Le secteur étant l'enjeu du contrôle des ponts sur le canal, est en proie à de nombreuses attaques jusqu'à la fin du mois d'octobre. Les Français consolident alors leur position en établissant un bastion de première ligne à Le Godat.
◦ Le 23 septembre, au cours de l'attaque du Bois de la cote 100, au sud du chemin La Neuville -> Aguilcourt, à 16h30, le 251e RIR subit un violent bombardement sur les tranchées. Il y aura 6 tués et 31 blessés dont Albert MENANT. Son nom est inscrit par l'officier de service sur la liste des blessés du Journal de Marche du Régiment.

◦ Le 24 septembre, Albert MENANT est ramené à l'Intérieur pour se faire soigner, au delà des 50 km du front. Il va y rester jusqu'au 22 décembre.
◦ Le 23 décembre, il retourne aux armées où il est envoyé en renfort auprès de son Régiment. Le 251e RIR se trouve alors à l'est de Soissons, dans le secteur de Chavonnes et Soupir. Il réintègre le 6e Btn qui tient le secteur de la Ferme de Mont-sapin où fusillades et bombardements sont quotidiennement échangés de part et d'autre.

• 1915 … mois de janvier …
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◦ Le 1er janvier, le 6e Btn est relevé depuis la veille et jusqu'au 6 janvier, Albert MENANT peut se reposer durant ces quelques jours d'un calme relatif. L'ennemi vient d'installer un projecteur de forte puissance sur les hauteurs au nord de Chavonnes et doit préparer un coup .
◦ En effet le 8 janvier pendant la nuit, les Allemands parviennent à se rapprocher des lignes françaises et coupent les fils de fer protégeant les tranchées. Les tranchées sont aussitôt envahies par une troupe de 80 Allemands ; une contre-attaque française est déclenchée immédiatement et finit par les en chasser.
◦ Du 9 au 16 janvier, les journées sont à peu près calmes.
◦ Le 18 janvier, alors que les bombardements reprennent, Albert MENANT est de nouveau évacué vers l'Intérieur.

• 1915 … mois de février à mai …
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◦ Depuis le 18 février 1915, les unités de réservistes n'existent plus, les effectifs des différentes classes sont mélangés. Le 251e RIR devient le 251e Régiment d'Infanterie (RI).
◦ Le 25 mars 1915, alors qu'il est toujours à l'Intérieur, Albert MENANT retourne au Mesnil-Théribus où il épouse Emilia Estelle BÉNARD.
◦ Il reste à l'Intérieur jusqu'au 22 avril. Le lendemain Albert MENANT passe au dépôt, où il demeure jusqu'au 16 juin. Le dépôt est '' le détachement du corps stationné dans la garnison où se trouvent les approvisionnements de réserve destinés au corps'', lorsque celui-ci se trouve en dehors de la caserne du régiment. Le dépôt est situé dans la zone de l'Intérieur, mais plus près du front.

• 1915 … mois de juin, juillet et août …
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◦ Le 17 juin, alors que le 6e Btn est en première ligne dans le secteur de Mont Sapin -> Soupir, Albert MENANT retrouve ses camarades de combat au même endroit où il les avait laissés le 17 janvier 1915.
◦ Jusqu’au 19 juin, les deux artilleries se livrent à un échange d'obus, visant les ouvrages de fortification.
◦ Le 22 juin, le 6e Btn part se reposer à Soupir.

◦ Le 29 juin à 10h, les trois compagnies du 6e Btn sont rassemblés dans une allée du Parc de Soupir. Elles sont passées en revue par le Général Taufflieb, commandant la 69e Div. Ce dernier remet la Croix de Guerre
au général Cadoux, commandant la 138e Bde et au Lieutenant-Colonel Guérin, commandant le 251e RI. Celui-ci remet à son tour, la Croix de Guerre, au Lieutenant Garbet, un officier chargé du groupe téléphonique.

◦ Le 30 juin, Albert MENANT est de retour en première ligne à Mont Sapin.
◦ Jusqu'au 18 juillet, il va alterner les relèves avec le 5e Btn.
◦ Le 19 juillet, le 6e Btn passe en réserve au Mur du Parc de Soupir, près à intervenir en cas d'attaque ennemie.
◦ Le 23 juillet, à 8h30 devant le 6e Btn rassemblé dans le Parc Soupir, le Lieutenant-Colonel Guérin remet des Croix de Guerre à des officiers, sous-officiers et soldats des trois compagnies du bataillon.
◦ Le 24 juillet, retour du 6e Btn en première ligne jusqu'au 30 juillet où il passe en deuxième ligne.
◦ Pendant tout le mois d'août, Albert MENANT va alterner le passage de la première ligne en deuxième ligne ou en réserve, alors que les artilleries adverses s'affrontent : tout tir de l'une est aussitôt suivi par la riposte proportionnée de l'adversaire.

• 1915 … mois de septembre à décembre …
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◦ En septembre, les tirs de l'artillerie allemande visent principalement le secteur de Mont Sapin.
◦ Du 2 au 21 septembre, le 6e Btn alterne première ligne, réserve et deuxième ligne.
◦ Le 22 septembre, Albert MENANT est en première ligne, lorsqu’il voit passer au dessus des lignes, un dirigeable français allant vers le nord. Le lendemain à 17h, il est survolé par une escadrille d'une dizaine d'avions français se dirigeant également vers le nord.

◦ Le 7 octobre, le 6e Btn est en réserve sur la route Chavonnes -> Soupir ; il est sous le feu continu de l'artillerie ennemi.
◦ Du 12 octobre au 12 novembre, Albert MENANT va passer alternativement de la première ligne à la deuxième ligne tous les six jours.
◦ Le 14 novembre, les 5e et 6e Btn sont relevés par deux bataillons du 332e RI. Ils vont à Vauxtin où Albert MENANT va pouvoir souffler un peu.
◦ Le 18 novembre, le Lieutenant-Colonel Guérin présente le drapeau du 251e RI à tout son régiment rassemblé au sud de la route de Fismes à hauteur de la Ferme du Poteau.

◦ Le 21 nov, c'est au tour du Général Franchet d'Esperey de passer en revue le Régiment rassemblé au même endroit.
◦ Le 29 novembre, le 6e Btn quitte Vauxtin pour relever au Mur du Parc de Soupir, un bataillon du 332e RI.
◦ Tout le mois de décembre, Albert MENANT alterne première ligne et deuxième ligne tous les 5 jours.
◦ Le 14 décembre, le commandant du 6e Btn prend provisoirement le commandement du Régiment, en l'absence du Lieutenant-Colonel Guérin en permission de quatre jours.

• 1916 … mois de janvier à février ...
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◦ Le mois de janvier voit la poursuite des va-et-vient entre la première ligne et la réserve, au cours de journées assez calmes.
◦ Le 1er février à 15h20, le Génie fait jouer un camouflet à la mine n°9, suivi par un duel d'artillerie.
◦ Le 11 février aurait dû commencer la Bataille de Verdun. Le commandant en chef de l'Armée allemande Eric von Falkenhayn, craignant une grande offensive franco-britannique en 1916, a voulu prendre les devants et décide d’attaquer les Français sur le saillant de Verdun, « Nous allons prendre Verdun, la plus grande forteresse des Français; après, ce sera la paix ». Cependant le mauvais temps repousse la grande attaque allemande au 21 février, retard qui a sans doute éviter la déroute française.

◦ '' Le dimanche 20 février avait été une journée de soleil radieux ;et c'est par un beau froid sec que, le 21 au matin, à 7h15, se déclenche le «trommelfeuer» ''. L'ouragan d'acier qui s'abat sur les lignes françaises au nord de Verdun est le prélude à une lutte sans merci qui fera 700 000 morts, disparus ou blessés, dont autant de Français que d'Allemands.
◦ Le fort de Douaumont, la cote 304 et le Mort-Homme figurent parmi les premiers objectifs de la 40e Division allemande.
◦ Le 23 février à 15h, le 251e Régiment d'Infanterie (RI) embarque à Jonchery ; le train démarre à 16h56, direction l'Argonne.
◦ Le 24 février à 5h30, Albert MENANT débarque à Saint-Hilaire-au-Temple.

• 1916 … mois de mars à avril ...
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◦ Le 3 mars, Albert MENANT reçoit l'ordre de mouvement pour aller au Camp 4/5 en passant par Vadenay et Cuperly; la soupe et le café sont préparés sur les cuisines roulantes en cours de route. La gare de ravitaillement est à Suippes.
◦ Du 5 au 25 mars, le 6e Btn reste dans le secteur de la Ferme Navarin et du Camp 3/5, passant successivement de la 1ère à la 2e ligne.
◦ Le 31 mars, le 6e Btn part pour Vadenay, qu'il quitte le 4 avril à 14h pour se rendre à St Hilaire où il est embarqué à 17h45. Il débarque à 23h à Sivry Ante.

◦ Le 5 avril, pendant que le 251e RI cantonne à La Neuville au Bois, la position du Mort-Homme est perdue et les Allemands réussissent à prendre pied sur la cote 265, située entre le Mort-Homme et Cumières. Cependant une contre-attaque du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied (BtnCP), « sauve la situation, en délogeant l'ennemi des points qu'il a réussi a occuper sur cette crête. Les lignes sont rétablies à cela près que les boches conservent les crêtes dominantes, c'est-a-dire l'observatoire et, en fait, le Mort-Homme, qu'ils vont garder jusqu'en septembre 1917 ».
◦ Depuis le mois de février les lignes françaises fléchissent sous l'assaut des Allemands et perdent du terrain, mais « elles défendent cruellement l'accès sur Verdun ».

◦ Le 9 avril, le 6e Btn cantonne à Souhesme-la-Grande, alors que la 69e Div est mise à la disposition du général Nivelle, pour participer avec les troupes du 3e CA , la défense du front nord-est de Verdun
◦ Le 10 avril, Albert MENANT atteint Germonville avec son Régiment. De là ce dernier est amené en toute hâte à Chattancourt avec mission de se porter au nord du bois des Caurettes, au nord du Mort-Homme. Il atteint Chattancourt à 21h. Il est trop tard pour porter secours au 8e et 16e Bataillons de Chasseurs à Pied qui ont été attaqués au lance-flammes. Le 6e Btn commandé par le Chef de Bataillon Théron, se porte par le boyau 3, avec mission d'occuper le secteur Ouest. Albert MENANT y est avec la 23e Cie commandée par le Lieutenant Parmentier.

◦ Du 12 au 20 avril, le 251e RI défend Cumières et il parvient à constituer une ligne défensive que l'ennemi ne peut franchir, entre le bois de Caurettes et le long du chemin Cumières -> Esnes. Il prend ses cantonnements au Bois Saint-Clairs-Chênes sur la route d'Ippécourt.
◦ Du 23 au 26 avril, changement dans les commandements: le 6e Btn est commandé par le Capitaine Lamotte et le 251e RI par le Lieutenant-Colonel Momenteau.
◦ Le 27 avril à 15h, le nouveau Lieutenant-Colonel Momenteau passe en revue le Régiment et présente le drapeau. Il procède à la remise de Croix de Guerre.
◦ Le 28 avril départ d'Ippécourt pour Germonville. L'approvisionnement en munition des hommes est porté à deux cents cartouches.
◦ Dans la nuit du 28 au 29 avril, le 6e Btn est en 1ère ligne dans les tranchées au nord-nord-ouest du bois de Caurettes.

◦ Le 29 avril à 18h30, la 23e Cie appuie l'attaque du 154e RI entre la tranchée Guilborat (près de la tranchée Corse) et le Chapeau-Chinois. Là, il s'organise et tient les tranchées conquises, à côté de la 22e Cie.
◦ Le 30 avril au nord de Cumières, Albert MENANT est avec la 23e Cie, lorsque celle-ci repousse trois attaques allemandes à 4h30, à 11h et 18h30. À 19h30, une compagnie contre-attaque et parvient à reprendre la tranchée Servagnat et le saillant du Verger, dans lesquels l'ennemi avait réussi à prendre pied le matin. La 22e compagnie du 251e RI a pour ordre de reprendre le sommet du Mort-Homme.
Après de sévères combats à la grenade, elle parvient à se fortifier au sommet. Les 22e et 23e Cie sont fortement éprouvées : 49 tués, 28 disparus et 91 blessés dont le Lieutenant Parmentier,
◦ Fin avril, 10 000 Français tombent pour garder la cote 304 où les allemands sont accrochés sur les pentes.

• 1916 … mois de mai ...
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◦ Le 1er mai, Joffre nomme Pétain chef du groupe d'Armées Centre et le Général Nivelle à Verdun, afin de dynamiser l'offensive.
◦ Les effectifs français dans ce secteur passent de 150 000 hommes à 525 000 hommes, ce qui va permettre d’arrêter les Allemands. Verdun est ravitaillé en homme, munition et nourriture par la « Voie sacrée » où circulent plus de 3 000 camions, un toutes les quinze secondes, entre Bar-le-Duc et Verdun. 13 000 hommes et 7 000 tonnes de munitions sont transportés chaque jour. L'arrivée de Pétain remonte le moral de la troupe qui sent en lui un véritable chef qui la soutient dans l'effort et la souffrance, ce qui n'est pas le cas de Nivelle.

◦ Le 2 mai, le 6e Btn occupe et organise défensivement les positions conquises.
◦ Le 3 mai 1916, alors que s'intensifie le bombardement allemand sur la cote 304, le 251e RI prend position dans le village de Cumières. '' Dans l'après-midi, un bombardement d'une violence peu connue dans le secteur s'abat sur la cote 304. Plus de 600 pièces d'artilleries allemandes de gros calibre transforment la colline en un véritable enfer de feu, de fer et d'acier. De grosses colonnes de fumée, hautes de 800 m, forment un brouillard opaque qui empêche de voir devant soi. Ce terrible pilonnage se prolonge toute la nuit avec la même intensité.""

◦ Du 4 au 7 mai, le 6e Btn est relevé et part en deuxième position au PC Buisson et fournit des travailleurs pour la réfection du Boyau 2 et du Boyau Genty, vers la première ligne.
◦ Du 8 au 14 mai, il est au bivouac en troisième position au Bois Bouchet. Des hommes du Régiment sont fournis toutes les nuits pour organiser la deuxième position et pour travailler sur la première ligne.
◦ Dans la nuit du 14 au 15 mai, le 251e RI est relevé par le 306e RI; il quitte le Bois Bouchet pour se rendre au cantonnement de ½ repos à Julvécourt. .
◦ Les 15 et 16 mai, des renforts importants arrivent au 251e RI. Près de la cote 304, les Français empêchent les Allemands d’installer leurs batteries d’artillerie et des postes d’observation sur le Mort-Homme. Leurs positions sont pilonnées jour et nuit. Il tombera en moyenne 6 obus par m². La cote 304, dont le nom vient de son altitude de 304 mètres, perdra sept mètres et le Mort-Homme en perdra dix.
◦ Du 17 au 19 mai, le Régiment est au repos et en profite pour être réorganisé.

◦ Le 20 mai 1916 sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands reprennent leurs attaques commencées la veille, pendant que les éléments de la 69e Division incluant le 251e RI, sont disposés de part et d'autre du Mort-Homme et en avant des bois des Caurettes et de Cumières. Partout les attaques ennemies sont contenues, sauf sur le front du 287e RI qui vers 14 h, est contraint à reculer sur la Hayette. Ce retrait permet à l'ennemi d'ouvrir une brèche vers le Mort-Homme et d'occuper le sommet des 2 collines du Mort-Homme. Un formidable tir de barrage vient ensuite interdire toutes ripostes françaises.
▪............Un soldat français décrit l’horreur de ces bombardements : « Quand on entend au loin le sifflement des obus, le corps tout entier se crispe préventivement, se préparant à l’énorme explosion qui va arriver. Chaque nouvelle explosion est une nouvelle attaque, une nouvelle fatigue, une nouvelle affliction. Même avec des nerfs d’acier il est impossible de gérer cette pression. Le moment vient où le sang pulse à la tête, la fièvre envahit le corps tout entier, les membres sont engourdis, les nerfs sans réaction sont incapables de faire quoi que ce soit… »
▪............À midi le Régiment quitte Julvécourt pour gagner Germonville en vue d'aller occuper le secteur de Cumières.
▪............Dans la soirée le Chef de Bataillon Théron prend le commandement du 251e RI. Il est remplacé par le Capitaine Britsch. La 23e Cie est commandée par le Lieutenant Ed. Derousson.
▪............À 21h15, le Régiment est au pont de Germonville et de là gagne ses positions. Le 6e Btn est en deuxième position et il est mis à la disposition de la Brigade.

◦ Le 21 mai, pour dégager les hauteurs du Mort-Homme perdues la veille, les contre-attaques françaises ne rencontrent pas le succès escompté car les Allemands ont eu le temps de renforcer leurs nouvelles positions. À défaut de reconquérir le Mort-Homme, la nouvelle ligne française est renforcée. Elle passe maintenant par la tranchée Sonnois, la ligne 1 bis, contourne le sommet sud du Mort-Homme, passe par la tranchée des Zouaves et rejoint la tranchée dite "du Chapeau-Chinois ". Les hommes du 6e Btn font des tentatives de progression dans les têtes de tranchées et les boyaux occupés.
◦ Malgré une accalmie relative de l'artillerie allemande, Albert MENANT est atteint par un obus à 13h, dans les tranchées du Bois des Caurettes, entre le Mort-Homme et Cumières.
◦ Ce dimanche 21 mai 1916, Albert MENANT figure parmi les 22 hommes tués.

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• L'acte de décès est dressé à Ippécourt (Meuse) par Gaston Marcel Plet, lieutenant Officier des Détails du 251e Régiment d'Infanterie, faisant fonction d'officier de l'état civil, sur la déclaration d'Alfred SAVREUX et Gaston JOUBERT, tous deux soldat 2e classe à la 23e Cie du 251e Régiment d'Infanterie. Gaston Plet n'a pas pu se transporter auprès de la personne décédée et s'assurer de la réalité du décès, en raison des circonstances du combat.
• Il sera officiellement déclaré « tué à l'ennemi » par avis ministériel du 14 juin 1916, avec la mention « Mort pour la France ».
• Son acte de décès est transcrit au Mesnil-Théribus le 28 mai 1916, acte n°12 .
• Il est inhumé à Villotran, où il figure également sur le Monuments Aux Morts.
• Nota (*) : « Les historiens ont remis en cause le mythe d’un départ « la fleur au fusil ». Les attroupements autour des trains de conscrits quittant les gares sous les vivats furent en réalité peu nombreux. Le sens du devoir, la volonté d’assurer la protection de leurs familles, la résignation et l’espoir d’une guerre courte, achevée dans l’année, furent bien les sentiments dominants des mobilisés au moment de rejoindre leur régiment. »

Fin